LE MOUVEMENT INTELLECTUEL
la seconde capitale intellectuelle de ses États, une élite de penseurs, de savants et d'artistes. Le Brandebourg pratiqua pour la première fois, sur son sol déshérité, le culte des Muses et des Grâces. La Prusse prit momentanément la direction du mouvement intellectuel en Allemagne.
L'impulsion vint du gouvernement, et quelques hommes d'État, à l'exemple de leur maitre, se montrèrent désireux de jouer le rôle de Mécènes. Danckelman et Fuchs dans la première partie du règne, Printzen dans la seconde, se signalèrent particulièrement à ce point de vue. Wartenberg luimême, sans être bien actif, prétendit rivaliser avec eux et revendiqua le titre de protecteur de plusieurs fondations. Grâce à cette émulation que stimulaient des idées généreuses ou, à leur défaut, des sentiments de vanité, moins inféconds que d'ordinaire, la période présenta d'un bout à l'autre des traits analogues. Durant ces vingt-cinq ans, il y eut certainement des moments de développement plus intense et plus brillant, notamment aux alentours du couronnement de Kœnigsberg et avant la disparition de Sophie Charlotte, de 1700 à 1705, mais l'œuvre de culture avait commencé dès 1688, et elle dura jusqu'à la mort du roi.