L'ÉLECTEUR FRÉDÉRIC III
Durant le règ^ne de Frédéric Guillaume, auquel l'importance de son œuvre a valu le surnom de Grand Électeur, l'État brandebourgeois-prussien avait fait des progrès incroyables. 11 avait agrandi ses possessions, resserré les liens qui les unissaient, accru ses revenus et ses troupes ; déjà il brillait au premier rang, après l'Autriche, dans l'Empire germanique; il avait même conquis, par les armes et la diplomatie, sa place, plus loin que la sphère allemande, dans le concert européen.
Ces résultats magnifiques ne doivent pas faire illusion. En regard des grandes puissances, c'était encore un bien petit État (112 000 kilomètres carrés, avec un million et demi d'habitants). Au dedans, l'organisation administrative, malgré d'heureux perfectionnements, n'était qu'ébauchée, et aux ressources militaires, relativement considérables, manquait le support nécessaire de riches budgets ; l'œuvre accomplie au prix de quarante-huit ans d'efforts était grandiose, elle était loin d'être définitive. Pour la compléter, que de persévérance et de capacité devrait déployer le nouvel électeur ! Au dehors, la dispersion des territoires semblait fâcheuse, et si leur ligne s'allongeait, presque ininterrompue, depuis le II. 1