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LES BEAUX-ARTS

minées et quelques salles aménagées au dedans, mais le souci de l'économie fit réduire ces travaux au strict nécessaire. Des édifices publics furent construits, en assez grand nombre, notamment des églises, « aussi magnifiques que peuvent l'être des églises protestantes « ; mais l'art n'eut rien à y voir. Les matériaux même (bois, plâtre et briques) furent d'ordinaire si défectueux que tours et murs s'écroulèrent plus d'une fois, par exemple à l'église Saint-Pierre de Berlin, qu'il fallut relever à trois reprises. Les architectes Bœhme, Gerlach et Grael, chargés de ces bâtisses, ne furent que de mauvais maçons, et le seul architecte de talent de l'époque, Georges Wenceslas, baron de Knobelsdorf f 1699- 1753), ne travailla guère alors que pour le kronprinz, dont il arrangea le petit château à Rheinsberg.

Un publiciste de la fin du dix-huitième siècle, Nicolai, a donné dans sa Description de Berlin, en 1786, des listes imposantes d'artistes; on y trouve une quinzaine d'architectes et autant de peintres pour le règne qui nous occupe. Ces énumérations ne doivent pas faire illusion. Si un nom unique mérite d'être retenu pour l'architecture, aucun ne s'impose pour la sculpture; quant à la peinture, elle fut à peu près exclusivement cultivée par des étrangers, le Suédois Harper, le Hongrois Menyoki, surtout le Français Antoine Pesne. Ce dernier avait été appelé à Berlin par Frédéric I". Portraitiste consciencieux et distingué, il a été peut-être le seul artiste vraiment apprécié par Frédéric Guillaume, qu'il a peint non sans talent à tous les âges, ainsi que ses enfants. Les traits du roi ont été aussi reproduits habilement par les graveurs Schenk et Schmidt, et par le médailleur Wermuth.

J'ai indiqué plus haut comment Frédéric Guillaume comprenait la musique. Il fit installer dans les clochers de plusieurs églises des carillons semblables à ceux qu'il avait entendus en Hollande, mais il préférait aux harmonies délicates des petits concerts qu'aimaient Sophie Dorothée, Wilhelmine et Fritz, les sonneries bruyantes de ses Hautboïstes. Quand Auguste le Fort amena avec lui en 1728 le célèbre

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