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quaient à moitié chemin de Vendôme et le lendemain 13 elles occupaient les positions qui lenv étaient assignées autour de cette ville.
Les Allemands dès le 14 tâtaient les Français sur le Loir et à Fréteval, et le lendemain ils les attaquaient en force en avant de Vendôme. Les Français se maintinrent sur tous les points sauf sur un seul, mais des plus importants, à Bel-Essort, près du ruisseau de la Houzée. Les Allemands commandaient de Bel-Essort le passage du Loir, la défense de Vendôme devenait donc difficile. La 2« armée de la Loire manifestait d'ailleurs des signes d'épuisement qui donnaient à craindre qu'elle ne pût longtemps continuer à soutenir le choc. L^ennemi maintenant maître des rives de la Loire et de Blois, s'avançait par Montoire pour couper la ligne de retraite sur le Mans. Il fallait donc se replier encore une fois. Le 16 l'armée commençait son mouvement de retraite sur le Mans et la Sarthe. Avec des cadres imparfaits, des soldats n'ayant qu'une instruction rudimentaire, épuisés par les luttes soutenues et les souffrances d'une campagne d'hiver, la retraite nouvelle à effectuer était des plus périlleuses. Une partie de l'armée tomba en décomposition. On avait déjà perdu de la Loire à Vendôme un certain nombre d'hommes vaincus par la fatigue ou démoralisés, qui se laissaient prendre par l'ennemi; on en perdit de nouveau 6t en plus grand nombre, on perdit aussi quelques canons et du matériel. Mais le Mans était l'objectif de Tarmée, c'était une ville importante où l'on entrevoyait le repos et le ravitaillement, tous les hommes déban-
l'armée de la LOIRE. 423
dés se mirent donc à s'y précipiter. L* armée d'abord serrée de près par l'ennemi, opéra la dernière partie du trajet sans difficultés. Les Allemands abandonnaient la poursuite et renonçaient à s'avancer dans Touesl jusqu'au Mans. La 2* armée de la Loire enfin libre de ses mouvements, arrivait au Mans le 20 décembre, et s'établissait autour de la ville.
La prise de Metz qui, en rendant aux Allemands la disponibilité des troupes d'investissement, leur avait permis de frapper sur la Loire des coups décisifs, leur procurait encore le moyen d'étendre au nord et à l'ouest de Paris, leur rayon d'occupation. Le G** de Manteuffel était parti de Metz avec deux corps d'armée, le I" et le VHP se dirigeant vers l'ouest. Il marcha 'd'abord sur Amiens. M. Testelin avait été nommé commissaire général des départements de l'Aisne, du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais. La défense de cette région s'était organisée sous son impulsion. Avec les officiers et les soldats échappés de Sedan et de Metz (i) , les hommes pris dans les dépôts, les gardes mobiles, le matériel trouvé dans les places fortes, on avait formé un corps d'armée, le 22«, placé sous les ordres du G** Bourbaki. Le général auquel on reprochait sa sortie de Metz, et sa mission auprès de Tlmpératrice, s'était vu en butte à des manifestations hostiles dans les villes du nord, et la délégation de Tours Tavait transféré à l'armée de la Loire. Le commandement par intérim du 22® corps
U) G*» Faidherbe, Campagne de V armée du Nord, p. 8.
était donc exercé par le G'^ Faire, lorsque les Prussiens arrivèrent sux* Amiens. Le G*^ Farre se plaça à Villers-Bretonnaux en avant d'Amiens pour barrer le chemin au G'* de Manteuffel. Il fut attaqué sur toute sa ligne, le 27 novembre; ses troupes n'étaient encore que très-imparfaitement organisées, elles firent cependant, avant de plier, ime résistance énergique, elles combattirent jusqu'à la nuit et le lendemain purent se retirer vers Arras sans être poursuivies. A la suite de cette bataille, la ville d'Amiens et sa citadelle étaient occupées par le G** de Manteuffel.
D'Amiens, les Allemands se dirigèrent sur Rouen. Les abords de la Normandie avaient été défendus jusqu'alors par des corps de mobiles et de francs-tireurs qui avaient eu des engagements partiels avec des colonnes ennemies détachées de l'armée d'investissement de Paris (1). On avait cherché à grouper à Rouen les forces de la région. On n'avait encore obtenu que de faibles résultats, lorsqu'on apprend que d'Amiens les Allemands se portaient sur Rouen à marches forcées. Cette agression imprévue jeta le plus grand désarroi parmi les autorités et la population (2). On essaya d'arrêter l'ennemi en avant de Rouen. Les troupes, conduites dans le plus grand désordre, ne purent être concentrées à temps sur le point choisi à Bucy, et d'ailleurs elles étaient, par leur manque d'instruction, incapables d'opposer une résistance sérieuse aux soldats aguerris du G** de Manteuffel.
(I) L. RoUn, La guerre dans l'Ouest
(3) Oessolins, Les Prussiens en Normandie.
Après un petit combat que soutinrent presque seuls les éclaireurs Mocquard, Rouen évacué vit entrer l'ennemi le 5 décembre. Les Allemands s'étendirent, vers la mer, jusqu'à Dieppe, et, sur la rive gauche de la Seine, jusqu'au Calvados. Les troupes sorties de Rouen, sous les ordres du G'* Briand se réfugièrent au Havre qu'on avait fortifié et dont l'ennemi renonça à entreprendre le siège .
Dans l'est, depuis que les Allemands s'étaient emparé de Dijon, les Français tenaient une ligne passant par Besançon, Dole, Nuits et Autun. Les troupes qui avaient formé la première armée des Vosges repliée sous Besançon, avaient ensuite composé le 20® corps envoyé à l'armée de la Loire. Le G'^ Garibaldi avait groupé à Dole les éléments d'une nouvelle armée des Vosges ;. on lui avait donné un certain nombre, de bataillons de gardes mobiles, auxquels s'ajoutèrent des corps de francs-tireurs français et étrangers, principalement italiens. De Dole, Garibaldi s'était transporté à Autun, pendant que le G*^ Cremer avec une forte division se postait à Nuits; ils couvraient ainsi Ghagay et la route de Lyon. Une brigade de Tarmée des Vosges commandée par Ricciotti Garibaldi avait fait une pointe au delà de Dijon, surpris et en partie enlevé à Châtillon- sur-Seine (1) une garnison prussienne. L'armée des Vosges livrait, le 26 novembre, à Prénois et Lantenay un combat heureux, à la suite duquel le G** Garibaldi avait tenté sut Dijon une
(1) Edmond Thiébault, Ricciotti Garibaldi et la 4* bngade, p. 21.
surprise de nuit. Il avait échoué et s'était replié en désordre sur Autun. Suivi et attaqué à Autun, le l" décembre, il avait repoussé Tattaque et les Prussiens étaient revenus à leur tour sur Dijon.
Le G** Cremer était de son côté attaqué à Nuits le 18 décembre par le G'^ de Werder. Le combat, par rapport au nombre d'hommes engagé, fut un des plus sanglants de la guerre. Les mobiles du Rhône, sous les ordres du colonel Geller qui fut tué, et les mobiles de la Gironde, sous ceux du colonel de Carayon- Latour, s'étaient particulièrement distingués. Les Frauçais abandonnaient le soir le champ de bataille et se retiraient sur Beaune, pendant que les Prussiens se repliaient eux-mêmes dès le lendemain sur Dijon. A la suite de ces affaires de détail, les belligérants conservaient donc dans l'est leurs positions respectives.