NOIES
mas retiré à Sarzaiie, s excusa sur son grand âge qui i 'empêchait de se livrer au travail autant qu'il l'eut désiré. Il se contenta de désigner son neveu Pierre ou Petrino de Frégoze comme propre à cette djgnité, et il fut élu h Vimaniniité. On ignore Tannée de la mort do Thomas de Frégoze dont la sœur Poticeline épousa Jeaii de Grimaldi Monaco*, leur fille fut mariée à Pierre do Frégoze. (*)
La maisoii de Frégoze ou Campi Fulgyze^ était originaire de la Campanie, et s établit à Gènes au XI* siê* cle; son nom signifiait temble ou brillant.
Les armes de cette famille étaient: d'argent, crénelle de sable, avec la croix de Gênes en chef. Dominique Frégoze avait pour cri de guerre: Libertas.
Tliomas de Frégoze reçut en souveraineté la ville de Sarzane où il se retira^ en 1421^ après avoir abdiqué* Ce fut de cette retraite qu'il chercha toutes les occasions de recouvrer Vindépendance de Gènes.
(5) Cette famille (qui comptait et qui vient dé perdre un des plus illustres princes do 1 église dans la per&onne de l'historien de llossuet et de Fénélon),conserve ^core des lettres patentes de René, en date du 17 Décembre Ï4r7, en faveur de Jean P", et de Jean II de Bausset son fils. H leur donne le greffe de la sénéchaussée de Toulon en récompense des services signalée qu'ils laî ont rendus 1 u!i et l'autre.
La famille de iJausset possède aussi, en date du 1*4 Janvier 1142, un passeport de René accordé à noUe Jean II qui l'avait accompagné à Naples à la tète de quarante cinq arbalétriers qu'il sou^oyaiU et avec les'
{^) Hist. (les révolutions de Gènes, tome I. , p. aSg. 267. Art ('e vérifier les dates, fol. 87^, 8;6. —Le père Anaeloie^ tooM II, fol. 898.
quels il lui fut d un gi'and secours contre ses ennemis.
(6) Alphonse V, dit le sage et le magnanime, succéda, en I4It}, à son père, Ferdinand dit le Jus te, roi d'Aragon.
Ce prince, Tun des plus beaux hommes de TEurope, réunissait à tous les avantages extérieurs, un génie vastci entreprenant, une activité sans égale, ainsi qu'une instruction profonde et variée et une rare éloquence. Ses manières étaient affables et généreuses sans cesser d'être nobles; mais ces rares qualités furent ternies par un penchant désordonné pour les femmes. Marie, son épouse^ ayant fait étrangler par jalousie Marguerite de Hisar qu'il aimait éperduement, Alphonse au désespoir s'éloigna d'Espagne, et se fixa à Naples ou de nouvelles galanteries ne tardèrent pas à le consoler. Vers la fin de sa vie il était encore épris des charmes de Lucrèce d'Alagno.
Les savants, les historiens, et les portes favorisés par Alphonse ont prouvé leur reconnailssance, en lui prodiguant à Tenvi les éloges les plus flatteurs , et les divers trait» qu'ils ça rapportent justilient assez leur enthousiasme. Un jour dit-on, ce prince s élança seul dans une chaloupe pour aller secourir une galère chargée de matelots, en s'écria nt; J'aime mieux être le (( compagnon que le spectateur de leur mort. »
Un de ses trésoriers étant venu lui apporter vingt mille ducats, et les comptant devant lui. — « Que n'ai- « je cette somme et je serais heureux! dit tout bas un officier qui se trouvait présent. — a Sois le, mon ami, <c s'écria Alphonse en la lui donnant sur le champ. »
On lui représentait le danger de se trouver seul dans les rues de Naples. « Un père qui se promène au milieu « de ses enfants, répondit ce prince, a-t-il jamais quel* « que chose à craindre? »
Le Pogge, Philelphe, (ou Filelfe) Antoine de Palerme
( dit le Pauormitaiu ), le cardinal Bessarion, Enéas SUvius, Georges de Trébisonde, Laurent Valla 3<u*lhélemy Fario, (qui a écrit sa vie) Barcelius (qui a laissé l'histoire de ses campagnes, etc. etc., furent tour à tour honorés de la protection ou comblés des bienfaits d'Alphonse qui savait par cœur pres(|ue tous les orateurs ou poètes anciens. Il aimait beaucoup Cicéron, et fei- »anl le siège de Gaëte , il préféra se passer des matériaux dont il avait besoin , plutôt que de permettre la démolition d'une campagne qui avait appartenu à ce célèbre romain. Son auteur favori était cependant Tite^ Live et il pria les Vénitiens de lui donner un bras de cet historien. Dans ses voyages, il portait toujours ses œuvTes, ainsi que les commentaires de César.
En 1455, le Pogge voulant vendre le Tite-Live qu'il possédait pour acheter une métairie du prix de cent-, vingt écus , consulta le roi d'Aragon sur ce marché, ainsi que sur Vaction d'Antoine Becrati qui vendait tout son bien pour posséder le Tite-Live. On doit croire que le monarque blâma plutôt le Pogge que Becrati.
Ce prince avait engagé Georges de Trébisonde à tra-. duire Thistoire des animaux d'Aristote. Ce fut égaleinent pour lui que le Pogge traduisit la Ciropédie de Xénophon. Philelphe qui lui avait dédié ses satires, en obtint Tordre de la chevalerie et la couronne poétique, Antoine de Palermc (qui a écrit les dictis etfactisdAU phonsi, d'après lesquels l'abbé Méri a composé le génie d'Alphonse, ) apporta à ce prince alors malade à Capoue, un volume de Qqinte-Curce dont la lecture Iqi lit tant de plaisir qu'elle le guérit. Les soldats réservaient pour lui tous les livres et les manuscrits dpnt ils 5'emparaient. Alphonse se piquait d'çlre aussi fort eu théologie, philosophie et littérature, qu'aucun docteur de son royaume.
Ou lui attribue une traduetiou espagnole des épiti*es lie Sénèiiue,
Ce prince regardait la danse comme une folie et prétendait « qu un danseur ne diffère d'un fou, que parce tt que la folie du premier est plus courte.)) Il disait aussi ; (( pour faire un bon ménage, la femme doit être aveu- (( gle et le mari sourd, »
Alphonse mourut le 27 Juin 1458, âgé de soixante trois ans et 27 jours ; son corps fut d'abord déposé dans J'église de St. Pierre de Naples, et transporté ensuite au monastère de Notre Dame de Poblet en Aragon.
Le duc de Bourgogne l'avait déCorç de l'ordre de la toison d'or.
Fernand, ( Ferrand ou Ferdinand J." fils naturel qu'il avait eu de Marguerite de Hisar) légitimé par Eugène IV, succéda au trône de Naples.
Ce prince détesté de ses sujets mourut le 23 Janvier 1494, d'une attaque d'apoplexie, et du chagrin qu'il ressentit de ce que Charles VllI, refusa l'offired'un tri, but annuel de cinquante mille écus et de se reconnaître son vassal, pour ne pas continuer la conquête de Naples*
(7) Cet extrait est tiré d'un manuscrit du XV* siècle, de la bibliothèque de St. Dié, intitulé: Marci Tullii Ciceronisj de officiis et paradoxis. 11 parait avoir été donné au chapitre de cette ville, par Jean Manget, précepteur du duc de Calabre, et nous en devons la dé^
(*) Moréri^tome I.er,fol. 107. Ibid III, fol. 3o. — Biographie universelle, tome f.«% p. 624. Ibid. tome XIV, p. 338. — Le père Nicéron, tome VIII, tome X,p. 169, tome XI, p. 23o.— Voyageur français, tome XVII. Gianone, hist. du royaume de Naples , tome III , livre XXVI , p. 485. — Art de vérifier les dates, fol. 818 , 904. — Dictionnaire historique, tome I.*'^.p. 137. — Burigny, tome II p. 344. — Hist. littéraire dUtalie. — Giugueoé , tome III, p. «66. «^ Annales d'Italie, par -4nt. Muratori tome IX*
44'i NOTES.
couvcrlc au savant et modcslc M. Gravier, qui ae livnî
avec un zèle infali^aUe à la recherclie des antî^Bitcs
du déparleinent des Vosges.
A la suite de la relation de la fête du 31 Décembre
lUI, sont quelques lettres latines de Ciprien de Her»
9LVL seigneur de Montferrat. Mais ainsi que les réponses
de ce dernier, elles n'offrent point d'intérêt pour This-
foire de Ileiié.
On Ut en tèté de ce discours latin.
ft AnnoDomini I41I, die ultime Decenibrifi, facti
K fucruut ludi, cpram serenissimo rege Renafo, in ci-
ft vitate Neapolis, in Castro novo ipsius civitafis.
tt luter quos ludos, fuit celebratum spectacolam re.
« presentans Scipionem Africanum, Alexandrem et
(( Annibalem çoram Minoë, dîsceptantes Presiden-
« tiœ, etc. etc. »
(Nous avons cru devoir rapporter en son entier cette
longue harangue, bien plus pour donner une idée du
genre d éloquence oratoire au XV^ siècle, que oomme
tiue preuve de Taffection des Napûlifains envers René.
Ce discours devait cependant être en quelque sorterex-
pression de lopinion générale. On n'eut point osé sans
doute prodiguer publiquement de pareils éloges, s'ils
n eussent été mérités au moins en partie ).
« Séréuissime roi, on aura peut-être lieu d'être sur- « pris, en voyant trois grands hommes auxqnds jua- « qu a ce jour, la nature n'a point donné d'égaux, plaa ces ainsi dans des fêtes et des jeux, où il est ordi- (( naire de remai^quer plus d'enjouement et de légèreté f « que de sagesse et de raison.
^^ Cette surprise doit nécessairement s'augmenter K encore , en pensant que l'un de ces héros est ce célè- (( bre Scipion l'africain qui passa pour Végal des dieux a cl qu'on saocorde à reconnaître depuis des siècles^
« comme le seul mortel doué de toutes les vertus, or- (i né de tous les biens, et dont le souvenir doit être u entoure du plus religieux respect.
« Sous ce point de vue, sire, nos jeux pourraient ({ paraître blâmables., mais si votre majesté veut réflé- « cliir sur les leçons qu'ils renferment, elle ne pourra « plus y voir que des intentions prudentes et dignes « d éloges. J entreprends donc aujourd'hui de les exi< pliquer, afin que votre sérénité et les illustres per- « sonnages qui ont assisté à ç<bs jeux, puissent en con- « naître le véritable sens.
(( Je ferai remarquer 4*abord comme une loi pi'es- (( que immuable en ce vaste univers, que la fortune (( se plaît à abaisser les hommes généreux qui, suivant (( toujours le chemin dillicile de la vertu, s'efforcent « d'atteindre à de hautes actions; tandis qu elle cherce che pour ainsi dire à élever les méchants jusqu'au a ciel.. 0 fortune! déessÉf injuste et jalouse des grands (( hommes!... pourquoi refuser au vrai mérite les ré- « compenses qui lui sont dues?..,
« Celte méprise apparente du destin, qui ne fait (( toutefois qu'augmenter les efforts des philosophes, (( inquiète cependant l'esprit des faibles mortels, lés « alarme , et leur donné en quelqite sorte lieu d'accu- « ser la nature qui, sage directrice dés lois admira.^ « blés qui régisent notre globe, semblé néanmoins (( s'être trompée dans le partage de ses faveurs. Le vuU (( gaire en conclut alors que la fortune dirige tout au « hasard et qu'elle semé aveuglément les biens qui se (( présentent dans la carrière de la vie.
« Mais ces plaintes dans lesquelles le même vul- « gaire exhale sa surprise ou son mécontentement , on « ne les entend jamais sortir de la bouche du sage. H (( doit 0tre trop convaincu par les lumières de sa rai-.
« sou^ qu'il n'est point au pouvoir du destin d'attein-» a Are Thomuie vraiment grand et vertueux*
Le ciel nous a départi l'esprit et rintelligenoe> préu sent divin ^ qui nous séparant des vils animaux, nous u laisse discerner le bien du mal, et nous vaut nontt seulement le glorieux titre d^liomme» mais encore <( celui d'homme supérieur. Or la fortune n*est-eUe pas <c impuissante contre ces nobles fs^cultés? n'est-il donc a pas facile d'échapper à sa main cruelle? . . Oui, si nous « voyons des mortels succomber à ses atteintes» osons (( assurer qu'ils ne méritent pas le nom d'homme» puis- (( qu'ils sont dépourvus de cette force d'âme qui seule « peut leur faire acquérir ce titre si honorable! Ceux <( au contraire qui savent opposer leur propre courage (( au malheur qui les menace, le destin n'ose les atta- « quer. Ils le foulent lui-même aux pieds comme un (( abject néant. La prospérité ne les émeut pas plus que « l'adversité ne les ébranle... Us restent immobiles» ou
« s'opposant avec intrépidité et persévérance à la vio- <( lence des flots en fureur, on les voit arriver paisible^ (( ment au terme de leurs généreux desseins.
« Nous n'avions nul besoin de justifier notre asser- (( tion par les écrits des anciens philosophes, ni par le& <( nombreux exemples fournis par les plus grands hom* (( mes de l'antiquité. Nous serions d'ailleurs embarrasci ses de les choisir. «. Toutefois, il nous est p^mis d'exa- (( miner les exemples que nous avons sous nos yeux» (( et vous en donnez un bien éclatant» sérénissime roi» (( dans la guerre que vous soutenez contre votre enne- (( mi, et qui vient de mettre dans tout son jour ce que (( nous venons de dire sur Vinjustice de la fortune. u Mais n'en doutons pas. .. avec l'appui d'un Dieu juste u et tout-puissant, l'issue de celte guerre ne peut ctre
INOTES. 445
<c incertaine. .. elle répondra à ce que mérite votre rare (( justice, et la cniauté d'un rival si détesté.
(( Ce n^est donc point sans motifs sire^ que le speca tacle qui vient de finir, a paru aujourd'hui sous les (c yeux de votre majesté. C'est une même guerre dans a le même pays: on y voit les mêmes actions 9 on y rea trouve les mêmes chefs qu'autrefois, et Ton se croi- (( rait volontiers transporté en réalité dans ces temps re- (c eulés. Vous comprendrez alors, grand roi, la véritable (( sijjnification de nos jeux ^ puisque les tableaux retracés (( à rhommepar le secours des sens, produisent toujours <( plus d'effet sur son imagination... Aussi, nos ancêtres « ont-ils voulu que des images fussent placées dans les <( temples, afin que leur vue enflammât^ pour ainsi « dire, les hommes par l'imitation.
« Ce n'est pas que je veuille prétendre, grand roi, <( que ces jeux aient été célébrés dans Tintention d'ex- <i citer votre courage, et puissent laisser planer le plus (( léger doute sur vos héroïques qualités.. . On sait assez « que vous tirez tout de vous-même ; qu aucun suffrage (c étranger ne vous est nécessaire, et que rien de ce (( que peut tenter un homme ne se trouve au-dessus « de vos propres forces. Mais notre objet en exécutant (( ces jeux a été de récréer votre imagination en même <( temps que nous égayerions votre esprit au milieu K des pénibles circonstances où nous nous trouvons. On (( ne saurait disconvenir que ces amusements sont de « nature à distraire des maux passés, comme à donner a la résignation nécessaire pour supporter ceux qui <c peuvent menacer encore. D'ailleurs ces mêmes re- (( présentations n'existaient-elles pas chez les Romains? a Yalère Maxime nous apprend que dans leurs pompeux (( festins, ils ordonnaient qu'on chantât au son desins-
/i46 NOTES.
« truments les exploits de leurs ancêtres , s^n que les (( jeunes gens frappés de la splendeur de la vertu, de- <( vinssent tellement pénétrés d'admiration pour elle, f( et épris de la gloire, qu'ils les proférassent à tout. « Tel est, sire, le but que nous avons prctenda attein- (K dre par nos jeux. ......
n Vous êtes engagé à regarder aussi la vertu oom- « me le premier îe tous les biens à Fexemple de ces (( trois grands hommes dont Texistencè s'est perpétuée <( de siècle en siècle^ par le souvenir de leurs actions... <c Par celui de Scipion surtout, dont vous nous ofrez K le modèle vivant sur la terre. La raison vous le oon- « seille.. La justice vous l'ordonne. . . Contiaitez donc « sire^ à vous conduire en homme, coipme tous l'avez
H toujours fait. . . t»
(8) « Si les hommes, dit Thomas de Frégœe, pre- .c( naient la justice pour règle de leurs aetions^ tons les n peuples du royaume se seraient spumis avcte respect H à votre empire... Mais comme on est toujours aveua glé sur ses propres intérêts^ comme on se laisse trop « souvent emporter par ses passions, on préfère quela quefois le joug d'un usurpateur à Fautorité légitime <( du souverain. »
(( Nulle part vous n'avez éprouvé de vos sujets, sire, a ni un soulèvement général, ni une soumission en* (( tière... Dans le feu des discordes civiles^ il se Inmve r< des méchants qui osent s'élever contre vous^ mais ce K qui doit vous consoler, c'est qu'aveuglés par la pré- (( vention, ils croient combattre un tyran^ dans celui <( qu*ils adoreraient comme un roi s'ils le coiinais- « saient »
« Voyez au contraire, avec quelle joie^ quel cm- <( pressemcnt vous avez été reçu par tout ce qu'il y a « d« gens vertueux!... il se disputeni à lenvi, à qui
ce vous portera sur le trône... Usn'est rienjqa'ib ne bra» <( vent pour l'amour de vous.. Ravages, inceoilies, aie- « ges, blessures^ famine... tont, et la ^ort m^e!. . . . fc Quand on p^ise à vos efforts généreux ^ je troave K qu il n tôt rien de plus propre à soutenir ce eourage <( dont vous avez donné tant de preuves, dans la bonne K et la mauvaise fortune, cpiele aèle avec le^elj lors « même que vous étiez absent, vos fidèles sujets ont Ai maintenu Naples et plusienn^ autref viUes^du royau- « me, sous votre obéissance. Je les félicite 4e,ee qu'il» « ne vont recevoir de vous que des traitements propôr- K tiennes à leur conduite, et dignes d'un aussi grand « prince que vous 1 êtes. L'amour de la gloire, ce senti- H ment si naturel aux grandes âmes, vous y iiitite... sur « le trôné où voi^ été» élesré. Vous loulea aux pieds les u amusements frivoles et les pbûûrs de votre* âgç. La M gloire est la seule passion <ptelrûlisiie vous so^es point H interdite... Maj^ ^tous le «avittk..^lleiie s^4UM{aiertque^ M par cette fermeté inébranli^le qu'on Qic^ti^ dans les (( grandes entreprises et les périls....
« La fortune tous a àoaaé de» ricfaesses^ un grand « pouvoir, des états considérables., elle vous a mis de^ K pair par la naissanoe» Avec tout ce «{u'il y a dl) plus <( élevé sur la t^rre, 0t «ijpoiia voulons ealeuler tous le» « avantages dont die vous a oon^dé , non» venswft n qu'il ne lui reste que très peu de obose ii-. jouter à « Téelat qui vous environne,et ^[pe c'est de votre propre <c fonds que vous devea tirer uii nouveaaliijstre. = . i
<i Ainsi , ne vous affligez point, si eUechmigede fice -, « regardez ses rigueurs oamme des i^ccaMons ^u e)|e <( vous prépare de faire briller voire vertu.. C'est à « iravers les obstsieles et ks hasards^ . if^aSbredle , 4i Àmiîbad, Fabius.^MaùmiB,^llar0eUMs, eipfaMiaars de « vos ancêtres seiMit Méki l'immcHrtttlité.. Si JjSgMs
(( vous avez comme eux des revers à souffrir , dies pé* « rils à braver, bénissez votre sort; estimez vous heua reux, de ce qu'avec de la naissance > un grand pou- (( voir, de vastes états, vous aurez occasion d'ajouter <( à ces avantages, l'éclat qui vient de la vertu.. Tant « que vous combattrez pour la juitice, vous pouvez (( compter sur l'assistance de celui qui se fait appeler <( le dieu des combats; sur la constance et la fidélité de (( vos sujets, sur mon zèle, et sur celui de la république « dont le gouvernement m'est confié. » (*)
(9) On se trouve souvent embarrassé pour concilier des historiens qui, d'accord sur les faits^ les assignent à des époques différentes.
Ainsi, Rufli et Gaufridi prétendent que René trouva sa mère à Marseille, (( atteinte d'une si griève maladie « qu elle en mourut peu après son arrivée^ dont il fut M grandement afiligé.. » Louvet assure aussi que ce prince vit sa mère mourante. Bourdigné place sa mort à Saumur l'an IllI, d'autres le II Décemt»^ 1112* Les heures manuscrites de René lèvent toute incertitude à cet égard. On y trouve cette note écrite de sa propre main.
tt Le II Décembre de l'an 1113, trespassa au château « de Saumur, madame Yolande fille du roy d'Aragon, (( et depuis mère du roy René. »
Elle fut ensevelie dans l'église de St. Maurice. (**)
(10) Parmi les malheurs qui signalèrent l'absence de René^ nous devons citer l'événement suivant:
L'évèque de Metz Conrad Bayer^ l'un des membres
de la régence dans lequel René avait le plus de oon-
(*) Traduction de Papou, tome III , p. 35 1.
C^*) Gaufridi, livre VIII, fol. 3i3. — Ruffi, hist. desoomtatde Provence. Bourdignc, fol. 147 • — Chronique de Charles VII, pw 48. -- Louvet, abrégé de Thist. de Proyence,p. a4**
SOTES. ^ 44g
fiance, était accusé de s'èlre livre aux plus 0(lir>u\ cx~ ces, «l'avoir dépassé toutes les bornes dii l'aulorité, de s'être eiifiu rendu coupable des vexations les plus étn'uges à I égard de divers paiiiculiers. La dénonciation i|ui rentermaitcesdél.lSjSijrnéGparplusiears barons lorrains et barroîs, fat aussilt)! envoyée à Naples. Iteoo, en In i-ecevant, la traita d'aboi'd de calomnie; it R^ait en effet trop d'obligalion à Conrad, et \e earactèie de ce prfOat lui elait trop connu, pour iiu'il ajoutât foi à de pareilles plaintes... mais elles se renonvelèreut eucoro. L'inéqiie fut accusé Dommément d'avoir augmenté la taQle. Un prêtre nommé Wabin Bazart (aoraen snerétabï de liené ), lit même exprès le voyage dllaiie ponr déposer centre Courad... René se laissa enfin prévenir, s'irrita de Cet abus de confiance, retira tous ses pouvoirs à son minisire, et le fit traduire devant le conseil de régence auquel il envoya l'nrdi'e dr le punir de sa prévarication par une réclusion dont le terme elait indéfini.
Chargés eux-mêmes de l'exécution de la sentence, les ftccasatcurs du prélat l'appellenl alovK à Amance près de Nancy, sous un préte\le spécieux. 11 s'y rend sans défiance ; mais à peine paraît-il , que sa chambre est investie, qu'il en est arraché à minuit, en chemise et sans souliers, et malgré la rigueur du froid, conduit à cheval jusqu'à Condésur-Most'lle , où on l'enferme dans un misérable apparteneiil-
Le courageux prélat plaignant 1 erreur dans laquelle on avait entraîné son maître, loin de chercher à ^e venger d'un tel ontia^^ , se contenta d'en informer Louis d'Anjou, en date du 15 Janvier 1110, en rappelant à ce prince , ( qui arrivait de Na. pies avec le titre de lieuteuanl-gruéral en Lorraine), u qu'il s'esloil trouvé a la doulourrut^e besui[;ne de Bn)- TOME I. 29
45o NOTES.
(( g^néville... il demandait ensuite justice du âesplaisir « et vilainie qu on yenoit de lui faire. »
Peu de temps après^ René instruit de la Yéritë^ proclama hautement Tinnocence de l'ëvêque de Bletz.Û ne voulut pas même qu'on attendît son retour en Lorraine pour faire un exemple de ses délateurs. Leur supplice fat mesuré sur Tindignation qu'excitait leur crime^ et les deux chevaliers qui avaient ourdi cette perfide accusation, périrent sur Téchafaud.
(II) L'événement rapporté dans la note précédente n'était qu un léger épisode des malheurs de la Lorraine pendant Tabseuce de René.. On se souvient du mécontentement qu'avait éprouvé Antoine de Vandémont à son départ. Craignant peut-être qu'Yolande d'Anjou loi fût ravie, ou plutôt aigri des propos de la régence, ce prince leva des troupes ^ favorisa les vagabonds, en retint un grand nombre à sa solde, et vint mettre le siège devant Haraucourt.
t)e son «lôté, Jean d'Haussonville nommé chef de Tarmée lorraine, jugea à propos d'investir la place de Vandémont. Mais ne pouvant s'en rendre maître, il ravagea les environs, ce qui rappela en toute hâte le comte Antoine, alors â Commercy.
Ce prince ayant réuni sous ses bannières les troo^ pes du Damoisel, rencontra pendant la nuit les aoldab lorrains entre Ormes et Charmes, les tailla en pSèoes, et s'empara même du grand étendai*d du duché qnll fit déposer en triomphe dans l'église de Veseliae^ pois, après avoir incendié ou livré au pillage les domaines de Jean d'Haussonville et ceux de Ferry de Sarigny, maréchal de l'armée^ le comte de Vandémont rasiem;^ bla plusieurs détach^nents de Bourguignons, de Picards et d'Allemands, et se prépara à marcher avec eux sur Nancy.
Cette circonstance était trop favorable à Fambition du Damoisel de Commercy, pour qu'il ne cbercliàt pas à en profiter afin de se rendre indépendant. Aussi, le \it-on suivre l'exemple du comte de Vaudémont, armer des hordes entières de brigands, et ramener dans la malheureuse Lorraine toutes les horreurs de la {jiierre civile, pendant que la régence cherchait à investir les forteresses d'Antoine, ou à repousser ses soldats. Ne se croyant pas en mesure de faire cesser un tel état de choses, le conseil de Lorraine, qui avait déjà eu une fois recours à Charles Vil, implora de nouveaux renforts, et ce monarque lui envoya un corps de troupes commandé parle brave La Hire, et Poton de Xaintrailles. Le comte de Vaudémont n'attendit pas leur arrivée , pour déposer les armes : lui-même fit les premières ouvertures d'accomodement , demandant seulement qu on l'indemnisât des frais auxquels il avait été entraîné. La régence ayant souscrit à cette condition, ce prince choisit pour arbitre Gérard de Paffenhawen, et le conseil, Charles d'Haraucourt et Ferry de Ladres. Mais ne pouvant parvenir à s'entendre sur les dédommagements que réclamait le comte Antoine> les hostilités recommencèrent si vivement, que Charles Vil, envoya sommer les parties de comparaître en Champagne où il se trouvait avec Charles d'Anjou. Ce fut à Bar- sur- Aube qu'il reçut le comte de Vaudémont j ainsi que Jacques d'Haraucourt, Warry de Fiéville, Philibert de Lenoncourt, Jehan de Poissy, membres de la régence. Le roi de France les entendit chacun à leur tour, les réunit ensuite, leur retraça le tableau des maux incalculables d'une guerre civile, s'offrit comme leur médiateur dans les différends qui l'avaient allumée, mais annonça en même temps sa ferme résolution d'y mettre un terme.
45a NOTES.
Il les engagea ensuite à conclure un traité dont il donna les bases, en exigeant un dédit de cinquante mille écus d'or dans le cas où une des parties intéressées ne consentirait pas à en remplir les articles: le Damoisel de Commercy fut compris dans ce traité, et r.>n se sépara fort satisfait en apparence du jujgement rendu par Charles VII , le 27 Mars 1442. Toute la noblesse qui avait pris parti pour la régence ou pour le comte Antoine, se lia aussi par un serment
Mais il pamitrait que les c(mditions auxquelles on s'était soumis ne furent pas fidèlement exécutées, puisque une nouvelle guerre éclata très peu de temps après , Mit qu'elle eut été provoquée par le comte de Vaudémont, soit que les Lorrains eussent commencé l'agres. sion. Quoiqu'il en puisse être, on vit bientôt Antoine investir la ville de Bar où se trouvait Louis d^Anjou , marquis de Pont-à-Mousson^ lieutenant-général-enrabsence de René. Le comte de Vaudémont se flattait sans doute d'intimider facilement un prince âgé à peine de douze ans, et surtout les capitaines qui répondaient de sa personne. Mais contre son attente^ le jeune Louis se mit lui-même à la tête des assiégés, vola à la rencontre de son oncle, culbuta ses soldats et le força à s'éloigner. Plein de prudence comme de courage, il n'accepta point une bataille générale que lui o£Brait Antoine revenu sous les murs de Bar avec un corps de troupes bourguignones, et lui fil répondre que ce n'était point à lui à assigner le lieu et le moment d'un combat décisif. Les Uourguiguons se dispersèrent alors, et furieux du peu de succès de leur entreprise, ils ravagèrent sans pitié le malheureux duché de Bar.
Charles VU put seul terminer ces déplorables divî.. sions (*).
(12) Après vint le roi de Sicile. Secours au roy pour requérir, Et réduire de Metz la ville, Et lui ayder la conquérir.
Le feu roy si luy octroya Sa re(jueste par humbles lei*mes.
dit Martial d'Auvergne Ç^).
a En ce temps là, rapporte Monstrelet , le dauphin <( assiégeoit Montbelliard, et le roi Charles VII le clias^ « teau d'Arlay défendu par le bastard de Vergy qui le « tenait engagé pour aulcun argent qu il disoit aveoir « laissé aux affaires du roy de Sicile; lequel chasteau « estoit très fort, ei bien avitaillé et réparé. »
« D'Espinal, le roy s'en alla en la ville de Nancy, ce « dont le supplia le roy de Sicile, qui luy plust donner (( secours aide et confort, et couquerre la ville de Metz (( et aulcunes aultres prochaines villes du dit estât, les- (( quelles lui estoient rebelles, combien* qu elles soyenf (( de son propre domaine.
(( C'est pourquoi, le roy^ en faveur du roy de Sicile, « à tout grand armée envoya sommer la ville de se ren- (( dreC^"^). »
Voici la singulière explication que donne de cette guerre, un écrivam peu connu nommé Bournon, et dont les mémoires sont restés manuscrits., a Et comme K le susdit roi René n' estoit en soubciance de rien, et « n'a voit en la ville de Nancy que vie oyseuse, que
(*) Chronique de Provence , fol. 617. — Anselme, tome II, fol 118, 1329. — Bexon,hist. de Lorraine, p. 126, 128. — Baleicourt, p. 1 17. — Dom Calmet II, fol. 8îi5. — • Notices sur la Lorraine, foi. 392,858. —Chronique! de Bcrry. Héraut dWmeft, pw 4^3. — Archives de Lorraine.
(**)VigilesdeCharics VII, ï.tr,p. ai5. — Monstrefet II,foL 170.
(( passoit à faire dixaines de chapelets que passoit en « rubans 9 ou en oîseaulx que plumoist à ceste fin « qu'eust couleurs de paumes que vouloit peindre, luy « prist fantaisie de g^uerroyer et vint attaquer les Hes- (( sins qui n en pouvoient... dont tira grosse somme dar- « gent et n'avoit droit. »
(I3) Quoique plusieurs historiens anglais , français et même lorrains, aient prétendu que le mariage de Marguerite d'Anjou fut célébré à Tours, il est certain qu'il eut lieu à Nancy, ainsi que les fêtes qu'il oçca-. siona.
Quant à la date du 17 Septembre que lui assigne Lignéville ( histoire deTorraine ), elle est évidenfun^t inexacte. On approchera davantage de la vérité en la plaçant au commencement du printemps de Tannée.
L abbé Prévost donne à cette alliance et aux prélimiiiaires qui Tamenèrent une teinte trop romanesque pour qu'on puisse ajouter une foi entière à son récit. Nous n'avons donc pas cru devoir le répéter ici.
Martial d'Auvergne rapporte en ces termes les divertissements de Nancy:
Durant la feste eust joustes belles.
Si y jousta le feu bon roy, (Charles Vil)
Armé gentiment à merveille.
En très bel et plaisant arroy.
Aussi fist le roy de Cécile;
Monseigneur le comte du Maine,
De Foix et aultres si joustèrent,
Kn signe de joye et liesse. . .
Et très vaillamment s'acquittèrent.
En tout honneur, loz et noblesse.
|.çs combattants du tournoi se trouvent désignféft
dans un manuscrit du temps qui fait partie de la curieuse collection de M^ Noël, notaire royal à Nancy.
(( Ceulx de dedans:
« M. de Calabre, de St. Pol*, lesénéchal d'Anjou*, le sei- (( gneur de Beauvau; le seigneur de Mizon*, Jehan de (( Cessa*, Thiery de Lenoncourt; Jean Crespinj Philippe « de Lenoncourt, le jeune Charny de Charnoix, Jean de (( Nancy.
<c Les Forains à couverte:
(( Le roy de Cécile; le comte de Yualdange*, le seigneur <( de Fénestrange*, le sire de Bassompierre*, le seigneur" <( de Flavigny^, messire Wary ie Fléville; le seigneur (( Jacques de Haraucourt; Jacquot Rouart*, Geoffroy de « St. Belin; Jehan de Toulon*, François de Chambley; « Louis de Wisse; Godefroi de Namur*, Philibert de la (( Jaille*, Claude de Neufchâtel.. ( Vhostel du roy super « abondant ).
« Chascun des dicts dévoient, suivant les statuts, faire « huit coups de joustes, et le mieulx joustant aveoir (( ung diamant au-dcssoubs de mille escus, chanffrain « à pincer Tescu, et le tymbre armoyé de ses armes.
a Et quiconque vuidçra la selle, il en est quitte pour (( dire aux dames: Je n'en peulx mais... Et quiconque (( seraittrouvé lyé, ou qu'il joustât de lances dispareil- (( léeSj il n'aurait aussi point de prix pour iceluy jour.. (( Et commenceront les susdictes joustes, le dimanche « jour des., et dureront trois jours en suivants.
(( M. de la Tour ( continue un autre manuscrit ), vint <t sur les rangs après M. de Loheac, fils de M. de Laval, « (André de Laval, maréchal de France )j et devant (( Prégent de Coëtivi, et Poton de Saintrailles... et y (c vint monté sur ung bel et puissant coursier, et uric a houssurc de beau drap d'or, chargée de petites cam-
H paunettes d'or^ et une manteliDe de mesitte^ et arvoH M dix gentilshommes^ atournddés de satin blanc.
« Il fist douze courses sçavoirr trois contre M. de Su a Pol^ six contre messire de Lalain, et trois contï^ « messire de Brezé et rompit six lances.
Gilles de Mailly et Gaston V, comte deFoix, se présentèrent tour à tour à la joute ainsi que Ferry de Lorrai ne ; miaîs au témoignage d'Olivier de la Marche, celui des étrangers qui brilla le plus aux tournois de NancVj parait avoir été (( messire Loys de Luxembourg, jeune « seigneur, moult saige et bien adressé, bon corps et « droict , et nourry en la maison de Bourgogne... H se k trouva en fort bel arroy, qui aulcune fois à la fin de (( iceUes joustes, avoit le plus de renommée et de ré.» (( putation, et euiportoit le prix des dames pour le K mieulx joustaiît »
(( Jacques de Lalain C^) se tira aussi en la cour du « roi René, pour veoir et soy monslrer.é et se gouverna « si bien en tous estats qu'il emporta bon bruyct de M ceste assemblée, ainsi que Pierre de Beaufremont K seigneur de Cliarny, qui se monstra honorable.nent*) « et au regard de la seigneurie et noblesse de France, <( c'estoit chose noble à veoir (**). »
( 1 1) it étoit fils de Renaudd' Aubussou , d'une très ancienne famille d'Auvergne, et de Marguerite de Camboru*
Présenté de bonne heure à la cour de Charles VII > sa bonne mine, son air noble, et sa conduite vertueuse le firent tellement distinguer que le roi disait souvent
(*) La vie de Jacques de Lalain, chevalier de la toison d'or et tué en 1453, a été écrite par (JuilIanmeChâtelain^
(**) Olivier de la Marche, p. 240. — Mai-uscrità de l'ordre du Ooissant. Moréri , tome L=' , fol. 528. — Hist. de Marguerite d'Anjou, tomeI.er,p. 36. — DomCabiet II,foI. 807. — Rapiu d* Thoyï'as , toiuc I V , p. 3()5.
en parlant de lui: « Il est bien rare devoir ensemble <( tant de feu et de sagesse. »
Ce fut pendant les noces de Marguerite d'Anjou, que d'Aubusson entendit raconter leâ horribles cruaulés dont les infidèles s'étaient rendus coupables sur la personne de Wladislas, roi de Pologne et du cardinal Césarini, légat du pape, qu'ils avaient écorché vif après la bataille de Varnes. La profonde indignation qu'en ressentit le jeune gentilhomme lui fit prendre la résolution d'aller combattre les Musulmans, et il fut alors se faire recevoir chevalier à Rhodes où se trouvait son oncle Louis.
On connaît le reste de sa glorieuse carrière. Le trésor de Tordre ayant été épuisé durant le mémorable siège soutenu contre les Qttomans, Pierre d'Aubusson ordonna qu'on prît en la sacristie deux cents marcs de vieille argenterie et un calice du poids de six marcs, le tout aux armes du grand maîti^e Hélion de Villeneuve.
Pierre d'Aubusson, qui fut nommé cardinal diacre de St. Adrien, mourut le 3 Juillet 1503, âgé de quatrevingts ans. 11 a laissé une traduction des statuts du chapitre général de 1489, imprimé in 4**, (*)
(15) On ajoute que le roi René <t ayant eu ainsi sa « fille ravie, lui vivant etbeuvant à plainhanapsa di;s- « grace^ fut obligé de consentir à cette union...
(( Simphorin Chanipier rapporte aussi qu'Yolande « donna de grands chagrins à son père par son amour « pour Ferry, prince bien faicl de forme de corps et « beau de visaige, tant qu'il estoit entre les hommes (( regardé comme Hélène entre les femmes, etpluspar»
(*) Hist de Pierre d^Aubusson( Bouliours, iïi-4*'.^) p. 9, l'j, i5 — \icde Georges Castriot,dit Scanderberg II, p. 434- ^îoréri, tome L^T^iol. 5^8. — Naberat, p. 29. -^Vauprivas, 101.980.
(( fait en mœurs^ couraige, force^ et prudence aux <( armes. »
<( On trouva ; dit C. Nost^damus^ dans un yieil ma- « nuscrit de Louis de Grasse^ seigneur d^ llas^ ces pâte rôles en grosses lettres et ramage, provençal:
n Ferry de Yaudémont fils d'Anthony ^ ayent per « forsa près per rapt, madame Yolande ^ fille de Mons- (( su lou rey René, et tengudp (tenue) long-temps à « son poder ( pouvoir ) per cobrir ( couvrir ) tel rapt, <( fut counvengu ( convçnu ) à accordât m^lement (tant « bien que mal ) que Moussu Ion rey la baillarié en (( mariage au dict Moussu Ferry, et que la principale (( eosa de lodi ( l'antipathie ) qu'era ^tre aquestous a (ces deux) seigneurs, prodecessia (provenait) del (( tal rapt, antecipet(il anticipa) leis jours a^ paure « ( pauvre ) rey, plus que tout altra causât é engendret « nous, proun (beaucoup) de mal en Prouvença. »
M. Chèvrier s'exprime ainsi au sujet de ce mariage:
(c René mettait dçs intervalles § ses majj^ijes. 11 unit a Yolande et Ferry et céda, en 1141, Pont-à-Mousson à « Jean d'Anjou, son fils, pour en jouir, disait-ilj avec (( Marie de Bourbon, nostre t^ès çhière bcue et sa ^^ « bonne femme. » (*)
(16) Le texte de cett^ abolition porte « que la feste des (( folz est dérisoire, et d'un très grant vitupère et « diffame de tout Testât ecclésiastique... et la dicte feste « dampnable, et cQndamnée comme superstitieuse et « paganique. »
C'était en effet une véritable saturnale>^ où les clercs et même les prêtres se permettaient les plus, iqdécçntes impiétés.
(*) Chronique de Provence, fol. 60 1. — Gaufridi, fol* 307. -?- Bouche II, fol. 54^. —Manuscrit provençal, (février, tome III>
Après avoir créé un pape et un évéque, ils entraient dans réglise^ masqués en bouffons et en femmes^ dan* saDt d'une manière licencieuse^ et chantant des chansons obscènes^ ensuite ils mangeaient de la viande de porc sur l'autel même où l'on disait la messe ^ y jouaient aux dés^ et fidsaient. brûler dans l'encensoir im morceaux de çpmes oifir de vieux cuirs.
Ces abominations emrent lien dans l'église de ^t. Trophime.^ à Arles, en Juin 1355, au couronnement de l'empereur Charles lY^ et en prestance du duc de Bourbon, d'Amédée VI de Savoie, etc.> etc.
L'empereur fut si scandalisé q[a'il donna lui-même Tordre de faire cesser spr W champ cette fête impie (^).
(17) Un témoin oculaire rapporte ainsi l'entrevue de ces princesses: a de là, madame la duchesse (de Bour- (i gogne) après avoir salué la royne de France et la (c d^uphina, alla saluer la royne de Sicile, laquelle es- (( toit à trois pieds de ni^dame la dauphine ] et à celle « là , madama^ ne fist point plus d'honneur que l'anU (( tre luy en faisoit, il n'y eut nulle d'elle d'eux, qui « rompist des aiguÇlettes à force de ^'agenouiller. »
« Puis ayant baisé toutes les femmes de la royne et <( de la dauphine, Madame ne voulut baiser de celles de « la royne de Sicile non plus qu'elle fist des 8iènnef.M ' « et ne voulust madame la duchesse, pour rien aller (( derrière 1§l royne de Sicile^ car elle disoit que M^ le (( duc estoit plus près de la couronne de France, qne le. (( roy de Sicile, et aussi qu'elle estoit fille du roy de <i Portugal qui est plus grand que \^ roy de Stcile,.. é^ <( ne se trouvèrent ensemble , là où il Mloit aller quf 1- « que part, et quand elles ef^oien^ dans la ciiamfare de la a royne, Tune se tenoit d'un côté, et Taultre de Taultre.
(*) Moréri, (ame Itl, fol. 4o. — Papon III, p> 3i3. „
4go notes
a De là, Madame alla salacr madame de Calabre, (( fille de la sœur de M. le bon duc Philippe et estoît (( à quatre ou cinq pieds de la royne de Sicile, sa bellece mère... Et madame lui fist plus grant honneur qu'à (( ses aultres niepces, parce queM.de Galabre ëtoit fils (( de roy... Et disoit Pérelle de la Ririère^ dame de la <( Roche Guyon, (première dame delà royne) qu*elle (( n'avoit veu venir personne du royaume, devant la « royne (Marie d'Anjou) à qui elle fist autant d'hon- « neur qu'à madame la duchesse (de Bourgogne).
M. de Ste. Palaye se trompe en paraissant adopter Topinion de la duchesse de Bourgogne > que le duc Philippe fut plus près que René de la couronne de France. Ces princes étaient parents de Charles Vil au même degré- Jean roi de France^
I*'. "Degré.
2*. Degré.
3e. Degn?.
Charles V.
Louis I°^ D'Anjou.
Philippe4e.i0ardi.
QiarL .s Vï.
Louis II.
Jean sans-Peuc.
Charles VU.
Hené.
Philippe-Ie-6on.
Dans un manuscrit de Monstrelet, provenant de la bibliothèque de Colbert, Isabelle de Portugal est représentée à genoux, prenant congé de Charles VU qui est assis sur un trône (*).
( 18) La plupart des princes de France se réunirent à Charles Vil et à René pour envoyer des ambassadeurs à Henri VI. On vit même Louis de Bourbon se mettre à la tête de l'ambassade française dont faisaient partie Jacques Juvenel, Bertrand de Beauvau^ Estienne Qievalier etc.
(( Us firent leur entrée à Londres, dit une relation du
(*) M ont faucon, tome lïl, p. 225. — Lacnrne de S.**PaIajc. Mémoires sur rancicnne clicvalerie^ tome 111 , p. 198 , 199* — Uon- Hi:urs de la c )ui'.