PRÉFACE
Écrire pour l'onseigneiiient des i^énéralions présentes l'histoire des g'énérations disparues; faire revivre, par la pensée, les hommes qui ont occupé la scène du monde; raconter les événements auxquels ils ont été mêlés, les actions qu'ils ont accomplies, en montrant les unes comme des exemples à suivre, les autres comme des écueils à éviter; rappeler les paroles qui tour à tour ont ému, charmé et épouvanté la terre, et, de leur souille puissant , renversé les vieux préjugés et les vieilles dynasties, comme l'ouragan déracine en un jour les chênes séculaires; peindre les luttes magniliques tentées pour la cause de la justice et du droit, combats de géants livrés pour nous, fds ingrats qui trop souvent lançons l'anatlième aux rudes athlètes dont les efforts ont ouvert à l'humanité de nouveaux horizons, dont le sang a fécondé les champs de l'avenir; retracer ces douloureux enfantements qu'on appelle des révolutions, et d'où les nations sortent rajeunies, meilleures, transfigurées en un mot; enregistrer d'une main ferme, mais respectueuse et filiale, tous les faits et gestes de nos devanciers dans la vie, c'est assiu'ément une des plus nobles occupations de l'intelligence.
Trois conditions me paraissent indispensables pour mener à bonne fin une pareille entreprise, en faire une œuvre utile, lui assurer les