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Qui lui-même succédait à Francesco Gonzaga

Gabriello de’ Gabrielli de Fano, évêque d’Urbino depuis l’année précédente, avait été l’agent du cardinal Giuliano pendant son exil volontaire en France et l'administrateur de ce qui lui restait de biens ; le pape en fit son légat à Pérouse et en Ombrie !;

Carlo Domenico del Caretto, marquis de Finale, fut choisi à cause de l'illustration de sa famille qui, en outre, était génoise ; il était évêque de Reims, de Tours et de Cahors (1514) ?. Louis XII le favorisa sans que Jules IT lui en fît grief.

On répéta alors, et l’on s’en émerveilla, que dans cette élection les souverains étrangers n'étaient pas intervenus à leur coutume et que le pape n'avait agi que par sa propre volonté !

Les élus étaient tous Italiens, à l’exception de Guibé, choisi peut-être parce que le pape voulait se servir de lui auprès de la reine Anne, dont la piété l’inclinait à prendre le parti du pape. Jean de La Trémouille, archevêque d’Auch, et René de Prie, évêque de Bayeux, grand-aumônier du roi, avaient été exclus malgré des promesses faites à Amboise, semble-t-il. Le roi Louis XII en conçut tant d'humeur qu'il refusa de ratifier la donation de l’abbaye de Clairvaux accordée par Jules II à son neveu Galeotto della Rovere. D'autre part, le pape avait témoigné de son mécontentement aux Vénitiens en ne choisissant aucun sujet de la République.

Durant les deux années 1505, 1506, Jules II commença l’œuvre monastique qu'il poursuivit jusqu’à sa mort %. Les moines de Monte Oliveto, de l’ordre de Saint-Benoît, se plaignaient d’avoir été l’objet de spoliations de la part de clercs et de laïques ; par une bulle datée du 15 octobre 1505, Militant Ecclesiae, il est fait droit à leurs doléances 1. Les règles de l’ordre des Frères mineurs de Saint-François de Paule furent confirmées, ainsi que leurs privilèges (Bulles Dudum ad sacrum du 25 juillet et Virtute conspicuos du 28 juillet 1505). Cette activité, qui se poursuivit même dans les moments les plus tragiques du règne, prouve que Jules IT, tout en faisant de la politique sa principale occupation, ne négligea pas non plus le côté ecclésiastique de son rôle. Il légiféra peu en matière dogmatique et n’avait rien d’un canoniste, mais veilla aux intérêts des moines dont le secours allait être si précieux à l’Église dans la crise prochaine.

La corruption des membres du clergé devait accélérer la dilapidation des biens de l'Église ; les reliques « achetées avec beaucoup de frais», les vases sacrés d’or ou d’argent et autres ornements étaient dispersés par ceux qui en avaient la garde. Par la bulle Ne sanctorum en date du 7 décembre 1504, Jules IT, voulant mettre un terme à ce scandale, rendit responsables personnellement de ces biens les « recteurs et administrateurs des lieux saints », ordonna qu’un inventaire en serait dressé, dont un corps d’inspecteurs

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