‹ Histoire de RomeChapitre 47 sur 200 · LP AN · texte numérisé non relu

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s’agenouilla, les cardinaux diacres qui l’assistaient proclamèrent une indulgence plénière, et l’un des événements les plus gros de conséquences des temps modernes se trouva accompli.

Des courriers partirent dans toutes les directions pour informer les souverains qu’un nouveau sanctuaire était fondé ; le bref adressé au roi d'Angleterre le jour même portait que Jules II se disposait à remplacer une église croulante par une nouvelle église magnifique !.

Les travaux se poursuivirent dès lors durant tout le pontificat, avec des alternatives d'activité et de ralentissement, suivant que les fonds étaient plus ou moins abondants et que les soucis de sa politique absorbaïent plus ou moins Jules II ?. Lorsqu'il était à Rome, il se rendait fréquemment sur les chantiers. Il admirait Bramante dirigeant ses escouades d'ouvriers, pareil à un général d'armée. « Bramante m'a annoncé, disait-il à l'envoyé modenois, qu'il disposait de 2 500 ouvriers ; il y en aurait assez pour passer une revue ÿ. »

La construction de la basilique était au reste entravée par la nécessité de ne démolir que progressivement l’église existante 4 ; le clergé, les hauts prélats se plaignaient néanmoins avec amertume d’officier et d'assister aux offices au milieu de la poussière et des courants d’air, mais il ne fallait pas qu’on pût reprocher au pape d’avoir suspendu le cours des services qui s’y célébraient. On ne pouvait non plus supprimer la loge d’où le souverain pontife bénissait les fidèles ; il en fut reconstruit une provisoire en avant de l’ancienne ÿ.

On amenait des matériaux de partout: du travertin, des environs de Tivoli; du marbre, de Carrare ; de la chaux, de Montecelio ; de la pouzzolane, des environs de Rome ; des vaisseaux allaient en Angleterre chercher l’étain destiné à la couverture ; le roi l’offrait au pape $. Le roi Ferdinand le Catholique se montra moins généreux: il refusa d'abandonner, pour la construction de la basilique, le quart de la dîme perçue dans ses États, comme Jules II le lui demandait.

Le clergé savait si bien à quel point le pape avait à cœur l’achèvement de la nouvelle

1. GEYMULLER, P. 355.— Pisroresi, 11 Vaticcano. — Collectio Bullarum, Brevium.…, Rome, 1750, vol. II, p. 347. On lit dans la bulle du 19 février 1512 (1513, dit le rédacteur) : « Nos igitur… cernentes ipsam Principis apostolorum Basilicam et situ incullam et vetustate collabentem, ad dignissimam lanto Temploaedificationem mentem nostram appblicantes, ut cujus noinen numenque in lerris foret, ejus quoque domus reliquis omnibus dignitate ac venustate praestaret, jambridem maximam ejusdem Basilicae mirae latitudinis et altitu-

Ms. fonds français 6465, fol. 89 v., miniature de Jean Fouque, représentant le sacre de Charlemagne. Ce manuscrit a été faitpour Charles VII vers 1460. Voir article du comte DurRIEU dans Mélanges G. B. DE Rossi, Revue des travaux de l'Ecole française à Rome, vol. XII, p. 223.

L'ancienne basilique mesurait 560 palmes de longueur et 285 de largeur, elle avait 107 palmes de hauteur; la nef centrale était soutenue, par vingt-deux colonnes ; les nefs latérales

dinis capellam testudino opere fundavimus, fundatamque ad perfectum opus perduci summo studio quotidie procuramus.….. » Les premières pierres des trois autres piliers furent posées par Enrico Bruni peu après, le 10 ou le 16 avril 1508. BONANNI, D. 52, 53.

2. SIGISMONDO DE1 ConTi (vol. II, p. 344) dit que Jules II ne poussa pas toujours avec une égale ardeur les travaux et que des

retards lui furent imputables. Sigismondo était pourtant très attaché au pape.

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