‹ Histoire de RomeChapitre 59 sur 200 · DT E · texte numérisé non relu

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Carte d’Arnold, 1743.

PONTIFICAT DE JULES II. PLYr4;,

page 64.

La route était accidentée et dure entre Viterbe et Orvieto ; la marche fut lente ; on ne parvint à la haute cité où tant de papes avaient cherché asile 1 que le 7 septembre, après avoir fait halte à Montefiascone, où le pape ne reçut pour logement qu’une maison si branlante qu’on dut en étayer le plancher. Comme Jules II ne manquait pas d'humour, il remarqua qu'il serait malheureux pour lui de tomber dans la cave, car on croirait alors qu'il était venu à Montefiascone (dont les crus étaient renommés) pour en goûter les vins.

Orvieto accueillit magnifiquement le pape ? ; un chêne avait été planté sur la grand place pour symboliser ses armes.

A mesure qu'on avançait, l’armée pontificale grossissait ; les stradiotes l'avaient rejointe ; le duc d’Urbino arriva à Orvieto avec ses hommes, comme il en avait reçu l’ordre ; Giovanni Sassatelli, d'humeur assez agressive comme on l’a vu et fameux pour avoir pris part à la rencontre des Sept *, vint également se mettre aux ordres de Jules II 4. Le cardinal Ferreri, légat à Pérouse, arriva à son tour, ainsi que l’envoyé du roi de France, le cardinal François-Guillaume de Castelnau, seigneur de Clermont *. Le roi l'avait envoyé pour s'entendre avec Charles d’Amboise, «lieutenant du roi au delà des monts » 6, au sujet de la conduite à tenir en la circonstance, mais tous deux avaient passé deux jours à courre le cerf « dans le parc de Pavie », puis Clermont avait été à Bologne, oùilse laissa choyer par les Bentivoglio, en sorte que, lorsqu'il s'était mis en route pour aller trouver le pape à Rome, il avait appris qu'il était aux portes de Pérouse et ne le rejoignit qu’à Città della Pieve (Castrum Plebis), le 9 septembre 1506.

Louis XII avait longtemps hésité ; en avril, en mai on discutait encore dans son entourage ; la présence d’une armée allemande sur les confins de la Vénétie était inquiétante ; en outre, les Bentivoglio, contre qui marchait le pape, étaient les protégés de la France ; néanmoins, Amboise reçut l’ordre de mettre 800 hommes d'armes et l'infanterie qu’il avait réunie à la disposition de Jules IT. En compensation, le roi demandait le chapeau pour l'archevêque d’Auch (La Trémoille) et l'évêque de Bayeux (Prie), qu’ils n'avaient pas obtenu à la dernière promotion et qui leur fut effectivement accordé le 28 septembre suivant (1506).

Clermont pressa le pape, de la part de Louis XII, d’agir et d'agir « vite, vite ». Point n'était besoin de cette invitation ; l’impétuosité était dans le tempérament du pape. D'ailleurs, les événements se précipitaient.

1. Quatre au xr1° siècle, onze au x111°, un au x1v®, quatre au xve.

2. La ville s'était donnée au pape Nicolas V pour se soustraire à la domination des Monaldeschi dont les divisions l'avaient ensanglantée pendant près de deux cents ans.

3. Sept Français se mesurèrent avec sept Italiensdansleroyaume de Naples lors de l’expédition de Charles VIII et furent vaincus.

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