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PonNTIFICAT DE JULES II.
PI. 21, page 104.
fallait congédier le précédent ; à Padoue, on l’a vu, ses lansquenets avaient refusé l’assaut. En vain l'envoyé de France avait insisté, le 10 avril 1510, auprès de la diète d’Augsbourg pour que la guerre fût continuée contre Venise ; l’empereur avait répondu en traitant avec le pape (15 avril 1510) ! Ce n’était donc pas sans raison que Jules IT disait « qu’il le redoutait autant qu’un enfant nouveau-né tout nu »?.
Quant à l'Espagne, elle ne paraissait pas non plus devoir être d'aucun appui au roi de France. D'ailleurs, le pape manœuvrait pour se concilier Ferdinand ; le 3 juillet 1510, la bulle par laquelle Alexandre VI avait naguère partagé le royaume de Naples entre la France et l'Espagne fut annulée au profit de celle-ci #. Qüand l’envoyé espagnol se présenta pour lui faire, suivant la coutume, l'hommage de la haquenée (28 juin), le pape l’accueillit à l'exclusion, cette fois, de l’envoyé français et supprima les mots Et ahorum qui réservaient les droits de la France, dans la phrase traditionnelle, disant qu’il l’acceptait Salvo jure nostro et successorum *.
Le cardinal d’Auch (Clermont) prit peur ; dans les derniers jours de juillet 1510, feignant d'aller à la chasse en croupe d’un cavalier, il chercha à se sauver de Rome‘ ; arrêté à la porte Del Popolo, il fut conduit au château Saint-Ange 6. Après plusieurs mois d’une détention fort dure, il lui fut permis de descendre dans la partie inférieure du chàteau et de se promener dans le jardin (mai1511). Un peu plus tard (24 juin), le Vatican lui fut accordé comme prison. Quelques Français, complices de sa tentative, reçurent la bastonnade. Si grande était la colère du pape contre lui qu’il répondit par un refus péremptoire aux cardinaux qui lui rappelaient que l’une des clauses de la charte qu'il avait jurée avant de prendre le pouvoir interdisait l’incarcération des cardinaux, et il ajouta qu’Auch méritait d’être écartelé, qu'il lui ferait couper la tête au Campo di Fiore si la constitution du Sacré Collège lui en donnait le droit et qu’à coup sûr sa prison serait longue. Comme ils insistaient, il leur demanda s'ils voulaient aller le rejoindre au château Saint-Ange.
Afin de paralyser l’action des Français, Jules II combina de les occuper sur tous les points à la fois; il susciterait un soulèvement à Gênes, provoquerait une incursion des Allemands dans le Milanais, s’efforcerait d’y rétablir le duc Maximilien Sforza, obtiendrait du roi d'Angleterre une descente sur les côtes de France et jetterait les Suisses sur les derrières de l’armée française. Une convention avait été signée à cet effet avec les cantons, grâce à Mattias Schinner, le 14 mars 1510.
1. Ulrich von Hutten lui adressait des vers enflammés, Éd, Bôcking, 1859-1870, vol. III, p. 265. De Julio Allusio.
2. Le roi dit à l’ambassadeur florentin que le pape parlait de l’empereur comme d’un homme sans importance (9 avril 1510). 4 On n’a aucune confiance en lui », disait Nasi (Négociations de la France, p. 435).
3. RoUSsET, Supplément au Corps diplomatique, vol. IT, p. 1, 16.