PREMIER APPENDICE
au xiY^ siècle Quelle en a été la cause? Là commence rincerlilude. On ne peut , sur ce point , que hasarder des hypothèses ; qu'on nous permette de présenter les nôtres '.
Nous chercherons surtout la cause du changement que subirent les armes de la Commune dans les événemens qui s'accomplirent à cette époque. Une révolu, tion communale modifia, en 1321, la constitution de notre ville ^ lui donna une organisation plus démocratique, et assura la prépondérance des corporations industrielles. (Voyez la preuve de ces assertions dans le 1" vol. de cette Histoire, ch. xiii, p. 217, et ch. xiv, p. 226, et dans le 2<' vol., ch. vi.) Une nouvelle ère communale s'ouvrait pour les Rouennais. N'est-il pas probable qu'on voulut l'inaugurer en adoptant un nouveau symbole, en substituant le mouton au lion? Nous expliquerions ainsi pourquoi le changement a eu lieu au XIV® siècle.
Quant au choix du mouton pour remplacer le lion , on pourrait en rendre compte par la prépondérance de la corporation des drapiers. C'était la toison du mouton qui fournissait la matière première à la principale industrie de notre ville ; c'était elle qui alimentait les fabriques les plus importantes. N'était-il pas naturel que Rouen choisît le mouton pour son symbole? N'estce pas ainsi qu'en Angleterre, le sac de laine, sur lequel siège le chancelier, président de la Chambre des Lords,
' Le savant conservateur de la Bibliothèque de Rouen , M. A. Pottîer, prépare^ sur les armes de cette villc,/un travail complet , où seront traitées les questions que nous ne faisons qu'indiquer.
âCtvrX I>E LA GOSMllfE K ROTEN 55»
rappelle l'orisîiir H la «use preinîêra de la ricliessi* niwl&iset En France in^mo . l'nris aTsit emprunté son symbole. ]e raisfiea» , .1 !a principale di* ses eorporalions. il celle des niarinicrs. Pioas sommes donc porte il croire Que I.1 Commorte de Rouen thang^a de sn!au m cliangeant de constitution . et qu'elle adopta pour se» armes le sceau dont les drapiers marquaient lours produits au XIV sîécifi. I Voyeï l.> tom. Il de c*tle HisUkire, cil. XVII. p. 271 I-
1^ nimbe crucilèro (|ui entoure la t^4e de ra^neau , sur le sceau de la Commune , pourrait le faire prendre pour l'agneau pascal. On serait porté à supposer que les Rouennais . en renonçant nu lion, empruntèrent à rCgIise leur nouveau sjmbole. Mais, pour admcttrt' cette opinion, il faudrait supposer que Itouen était une ville ecclésiastique , ou qu'au moins l'harmonie exislail entre le clcrficéetla Commune. Loin de là. une lutte conliDuelte et acharnée anima les bourgeois contre le Chapitre et les moines de Sainl-Ouën, de Fécamp, du Bec, principaux représcntans de l'ordre ecclésiastique. (Voy. la preuve dans le tome I , ch. xi, p. 182 et suiv., etdans le tome 11. chap- vii.viii, ix. xviit, xxvi el xx%'ii.) <:ommcnt penser que la bourgeoisie ail emprunté son emblème à des corporations ennemies? M'est-il pas plusnaturel de supposer qu'une ville commerçante , comme Rouen . demanda , ii la branche la plus importante de l'industrie rouennaise, Ip symbole de sa puissance et de sa richesse?
Quoiqu'il en soit de ces hypothèses, deux IVilts restent incontestables ; c'est, d'abord, le changemont du sceau de la Commune , la substitution de l'agneau nu
396 PREMi£B APPENDICE.
Ito», et , eà seccmd lieu, Fépoqué de cette transforma taon, qui se place au xiv* siède. Les deux sceaux « don nous devons le des^ à M. Alexis Drouîn -, ont été reproduits d'après les modèles conservés aiix Archives départemebtales et à la Bibliothèque publique de notre vHle. Sur une des fénéires'du Palaid de justice , on voit aussi scuif^ées les armes de Ro«ien semblables au second sceau ^e oous ddniions; L'agneau y a remplacé le lion, mais celui-ci apparaît encore dans le guidon du mouton , confine souvenir de raiicien sceau de la Commune. •
PIERRE TUMULAIRE )e |liette )e Catoille.
Celte pierre tumulaire , dont nous devons le dessin à M. Alexis Drouin , existait jadis dans le cimetière de ^'abbaye de Saint-Ouën. 11 n'en reste plus aucune trace à Rouen , mais un savant antiquaire anglais , M. Wey , a bien voulu nous communiquer ce dessin conservé à la Bibliothèque d'Oxford , dans les portefeuilles de Gaignières. L'inscription suivante se lisait sur la pierre tumulaire :
« Cil qui chi gist fu sage et riche Nonques ne fu avave ne chiche ; Trois fois inaire fu de Rouen ; Il ni ara si sage ouen [ oncques , unquàm ] ; Or priez que merchi 11 fâche Chil qui fu batu en Testache [ le poteau ]. »
'• Vous qui regardez ccste lettre , Priez Dieu que il veuille mettre M'ame en la sienne compagnie Et me doint [ donne ] perdnrable vie.
Pierres jadis fus-je nommé De Carville surnommé ; Maistrc ès-arts fus-je et législrc ; Orgis là mort en chest capistre.