‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 93 sur 188 · CHAPITRE NEUVIÈME. 1255—1270. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. 1255—1270. J

a son franc droit de mouture, tant pour son hôtel « que pour lui-même j en quelque lieu de Rouen a qu'il se trouve, ou à Déville, ou ailleurs, dans le ff voisinage de cette ville , à la même distance. Dès « qu'on aura achevé la mouture du blé qui sera « dans la trémie ' , si le messager ou le sergent de <!c l'archevêque se présente , on lui accordera imj(c médiatement sa mouture, à moins que le sergent Ai du bailli de Roi^en ou le garde du château de « cette ville ne l'ait précédé. Dans ce dernier cas, « on servira d'abord le bailli et le garde du châ- « teau ou leurs serviteurs , san$ exiger d'eux aucun a droit de mouture. En foi de quoi noqs avons fait <( apposer à la présente lettre le sceau de la com^ « mune de Rouen. Fait au mois de aovenibre de « l'an 1 266 *- » Ce fut par cet acte que la commune prit possession de ces halles, dont Farin disait, au xvii® siècle : a Les halles de Rouen passent pour les premières et les plus belles de l'univers; c'est ce dont tous les marchands étrangers demeurent d'accord, et avouent franchement qu'ils n'ont rien vu de pareil dans tout le monde. »

C'était le commerce, qui, en enrichissant leç Rouennais , leur permettait d'acheter sans cesse de nouveaux privilèges. Aussi se montraient-ils t^è^

' Partie du moulin où I'oq met le grain.

? Farin , Hist. de Rouen , 1 , 57-58 , éd. de 16(J8.

jaloux de leurs droits commerciaux, s* efforçant par tous les moyens d'éloigner la concurrence étrangère, et d'augmenter l'activité industrielle de leur ville. Ils obtinrent de saint Louis, en ia66, que les marchands étrangers ne pussent vendre en détail à Rouen *; ce privilège n'était, à la vérité, accordé que pour deux ans , mais ils espéraient, sans doute , le faire renouveler et maintenir leur monopole. En même temps , ils sollicitaient l'établissement d'une nouvelle foire, le moyeu le plus sûr d'attirer dans Rouen, à certaines époques, la population des campagnes, et de donner une nouvelle activité à l'industrie. Au moyen-âge surtout , où les communications étaient si diffîciles , et où l'industrie, concentrée dans les villes, ne savait pas encore répandre ses produits dans les campagnes, une foire était un point de réunion pour une population nombreuse; elle établissait un grand centre commercial dont les foires de nos jours ne peuvent donner qu'une idée bien imparfaite. Ce fut donc pour Rouen un privilège important que celui qui lui accorda, en 1 269, la foire de la Purification . Elle devait se tenir sur la place de la Vieille-Tour, et durer huit jours ; on y ajoutaittroisjours de grâce*.

* Archives du royaume. — Voyez le texte , aux Pièces justi» ficatives.

^ Archives municipales , re^. ^ , f° 89 verso et 90 recto.

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