‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 213 sur 238 · CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈME. 1583—1418. Ml · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-DEUXIÈME. 1583—1418. Ml

livra le pouvoir au frère du roi, Louis d'Orléans, et à son oncle, Philippe de Bourgogne, qui se le. disputèrent avec acharnement. Les dissensions des deux maisons d'Orléans et de Bourgogne ensan^ glantèrent le royaume par des crimes, et allumèrent la guerre civile. Bientôt la guerre étrangère vint s'y joindre , et les Anglais profitèrent de l'anarchie de la France pour l'envahir et la réduire à la plus cruelle extrémité, llouen ressentit le contre-coup de toiis qes événemens. Témoins de l'affaiblissement du pouvoir central , les bourgeois voulurent ressaisir l'autorité qu'ils avaient perdue ; mais, comme il n'y avajt plus d'organisation communale capable de contenir l'effervescence populaire, la populace se livra à tous les excès, et souilla sa victoirepar des meurtres. Ce chapitre retracera simultanément l'affaiblissement du pouvoir central et le progrès de l'énergie démocratique , jusqu'à l'époque où les Anglais firent la conquête de la Normandie.

La première entrée de Charles VI dans.R,oue^ avait laissé une triste impression dans tous, les espinU. On avait vu ce prince, encore enfant, pénétrer par la brèche, entouré d'hommes de guerre, l'épée oue; on avait abattu sur son passage la portç Mprtain-. ville et le beffroi , enlevé les chaînes et la cloche de la Commune. L'amnistie plusieurs fois accordée à la ville avait toujours été violée. Aussi, lorsque, vers

la fin de Tannée 1390, Charles VI traversa Rotiez *7 on ne célébra son passage par aucune cérémonie; la cité ne lui fit pas même les présens usités en semblable circonstance. Le voyage du roi ne dows efct même connu que par une brève mention des registres municipaux. Les échevins décident, le 1 8 décembre 1 390 , que , vu le peu de finances de la ville, et attendu que le roi ri y fera quun repas, on ne lui offrira pas de présent ' .

Quatre ans après cette brusque apparition du roi , qui n'inspirait alors qu'un sentiment de haine et de terreur, se présente un tout autre spectacle, bien capable d'effacer les premières impressions, et de faire succéder la pitié à la haine. Le 1 1 mars i3g4 (1 895), arrive à Rouen Jean Chappelain , écuyer et homme-lige du roi ; il était habillé en pèlerin, et avait fait vœu de visiter les églises les plus célèbres pour demander à la Vierge et aux saints le rétablissement du malheureux Charles VI, atteint de folie. Déjà il avait accompli son vœu à Notre-Dame-de-1'Eau , à Saint-Nicolas-de-Varengeville,à Saint-Thibaut, à Saint-Mathurin, à Saint- Fiacre. Il se proposait d'aller h Notre-Dame-de- Chartres, à Saint-Julien-du-Mans , au Mont-Saint- Michel , à Notre-Dame-du-Puy, à Rocamadour et

1 Archives municip. , tteg. des délibérations , sôuncc.du 18 décembre 1390

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