hommes, placé sous les ordres du général
Delattre, et ils lancèrent ce détachement — dit « Armée de Collioure » — dans l « Expédition de Rosas ».
C'était là une offensive prématurée. Delattre dirigea trois colonnes en Espagne : l’une par le col Fourcat, l’autre par le col de Banyuls, la troisième par le col des Belitres; mais il ne put dépasser Llança et Espolla, et fut refoulé. En vain Dagobert, revenu de Cerdagne, avait-il essayé de seconder Delattre par une diversion devant Céret.
Turreau n'ayant pas réussi, le Comité de Salut public le remplaça par Doppet, qui arriva au quartier général, alors à Banyuls-dels-Aspres, le 28 novembre. C'était un ancien médecin, républicain sincère, mais officier médiocrement doué. À défaut de la n faveur de Gaston, qui tenait pour d'Aoust, Doppet « eut celle de Fabre et aussi l'appui de Hardy, agent » du ministre de la guerre Bouchotte. Ce Hardy, modèle du « sans-culotte », s’occupait de tout avec une ardeur brouillonne. Livrée à des influenees si di- » verses et à des directions si mobiles, l’armée des Pyrénées-Orientales manquait de cohésion.
Au commencement de décembre, elle se trouvait
* facheusement disséminée : l’armée de Collioure
n'avait que 1.500 hommes le long des Albères, du col de Banyuls à Villelongue-dels-Monts ; d'Aoust, avec 5.700 hommes, occupait, sur la rive gauche du Tech, Banyuls-dels-Aspres, le Pla-del-Rey et la Cha-
… pelle de Saint-Luc; une division, momentanément
… confiée à La Terrade, était en arrière, de Tresserre à - Llauro. Ainsi, sans parler de la division Dagobert, … occupée en Cerdagne, les troupes françaises for-
maient trois tronçons. Très éprouvées par les der-
niers combats et par de fortes pluies récentes, elles étaient surtout désorganisées par la succession trop rapide et l’impéritie des chefs. Ricardos profita de ces circonstances. Sans consulter Doppet, les généraux Raimond et Bernède, d'accord avec les représentants du peuple, ont dégarni le camp de Villelongue pour attaquer Montesquiu. Ricardos se jette alors sur le camp de Villelongue et s’en empare, tandis que les nôtres s’enfuient jusqu’à Argelès. Et Hardy d'écrire à Bouchotte : « La perte de Villelongue est due à l’indigne conduite de nos chefs et à l'ambition qui les dévore, à l’inhumanité qu'ils montrent à l'égard . soldats... Ils sont presque tous des ex-nobles. » : | - Le 15 décembre, ourbe se rendait maître de Banyuls-sur-Mer; Délattre était en retraite sur Collioure et la reprise de Villelongue par Doppet, le 18, ne compensait qu'en partie les revers des jours précédents. Parmi les braves qui se distinguèrent dans cette journée du 18 décembre, une
mention toute spéciale doit être faite de Lannes, alors capitaine au 2% bataillon du Gers. Aussitôt
après ce succès qui, du moins, sauvait son honneur,
Doppet, malade, remit le commandement à cet in-
: térimaire toujours prêt qu'était d'Aoust. | Avec sa lenteur ordinaire, Ricardos reprenait maintenant l'avantage et fortifiait ses positions. Il dirigea un de ses lieutenants, La Cuesta, sur Col-
lioure et Port-Vendres. L'attaque espagnole vint du côté de Cosprons. Le fort Saint-Elme ayant été livré à l'ennemi par le traître Duffau, Port-Vendres succomba. Le FOprÉSCREADS Fabre fut tué dans le com
bat et les nôtres reculèrent sur Collioure. Mais
Collioure, défendue par Manneville, dut capituler à
son tour : l’armée de Delattre se trouva donc rejetée
sur Argelès ; elle était d’ailleurs presque réduite à
rien par les défaites successives qu’elle avait subies
depuis trois semaines.
La situation était redevenue grave. « L’ennemi — mandait au Comité de Salut public le représentant Gaston — n'a qu'un pas à faire pour s’emparer de Perpignan, et c’est apparemment la der-
-nière lettre que je vous écris. »
Ricardos ne se risqua point à ce pas et se borna à prendre, tout à son aise, ses quartiers d'hiver. Il s'installa derrière ses retranchements établis au Boulou et à Collioure, couvrant ce vaste camp au
. moyen d’avant-postes installés à Saint-Ferréol et
à Saint-Luc. Ce qui restait de l’armée des Pyrénées-
. Orientales s’enferma, de son côté, dans le Camp de l’Union : la situation de cette armée était à cette
heure lamentable, Le Comité de Salut public se rendit compte que, pour fournir une nouvelle cam-
pagne, elle avait besoin d’une refonte totale. Par
arrêté en date du 2 nivôse an Il (23 décembre
1793), tous les représentants en fonctions dans les Pyrénées-Orientales furent rappelés. Deux nou-
veaux représentants furent désignés, Milhaud et Soubrany; enfin un nouveau général en chef fut nommé, c'était l’intrépide Dugommier.
La plupart des généraux arrêtés ou destitués, le tribunal militaire révolutionnairement organisé,
‘telles furent les premières mesures des nouveaux
représentants. Dagobert fut admis à se justifier à
rod 0: HISTOIRE DE ROUSSILLON.
Paris; mais Bernède au Camp de l’Union, d’Aoust et Delattre à Paris, subirent la peine de mort. Les fournisseurs de l’armée se virent menacés du même sort, et l'un d'eux fut guillotiné à Narbonne, le 29 janvier 1794. Le général de Lamer, chargé de l'intérim du commandement en chef en attendant l’arrivée de Dugommier, partagea avec Milhaud et Soubrany la lourde tâche de réorganiser l'armée. « Les deux tiers manquent d'armes, d’habits et de souliers », écrivent les représentants du peuple. Il fallait réunir des munitions et des vivres, renouveler l'armement, assurer les services administratifs, créer des ambulances, augmenter le nombre des hôpitaux et en améliorer la tenue, fortifier la discipline. Actifs et implacables, Milhaud et Soubrany agirent en tout suivant les principes du terrible Comité dont ils étaient les commissaires. L'heure était aux partis extrêmes. Convaincus que la population était trop tiède, les représentants multiplient les arrestations et expédient au tribunal révolutionnaire de Paris maint suspect : Sérane et Fabre, collaborateurs de Lucia, sont du nombre. La Société populaire, sous l'impulsion des représentants, rachète ses manifestations girondines de naguère en faisant du zèle. Le 4° février 1794, elle est félicitée par eux, car elle a décidé de faire abattre les signes extérieurs du culte cathoie lique, notamment « les soi-disant saints qui montaient la garde dans les rues ». Le culte révolutionnaire de la Raïson était le seul qui fût admis par Soubrany et Milhaud. Églises fermées ou converties en magasins; statues de saints enlevées, brisées ou brûlées; cloches envoyées à la Monnaie; calendrier
(esagmaunuo-sorupuhq) ‘uonnoagÿ I shos uorpissho 91.
NI
EU
sesoyo 6
ebnoy-e/-2p, 8 “U81NE7;S 6
. + -}u9 9/7 : SepJ279-2p*+4Y } © 19;S -2481n87;S 5 Drste,
Jouës$eyy (©)
o ® EUE//nEy
eJenbung A SG *4x EU
9429197 de9%,,,,,<" À M D
% P [4 à) sueÿsàa7 JO SuauA2y;" q
: + SPUSJEY-J2p + + -syn/ueg À
474 \O he y=-="%
EJ3)2g 2p Jn0O/ 1} EUCTES !
:v à oBiue) ;W
SJ, »9/j/ 22 ? SIJPUIA-310 32 BO 1/27
ÈS 1 Lf 3 9:
9/70///079 9180 à ) < > PS FE
--#brbyno/o
ae QuJ8/
Loin a: ÿ
© C2I0V Hd
LE Boy © À sos$noguy Lie 49SS0m
Fe