‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 138 sur 359 · CHAPITRE VI. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. a

voie la plus facile, et qat tes peuples qui eurent le plus de moyens de communication entre eux, furent de tout temps les plus propres à cette civilisation , et à en recueillir tous les. avantages. Voyez cette vieille terre du sud de l'Europe, avec son sol inégal, ciselë, entrecoupé, déchiré par plusieurs mers : et de là son climat tempéré , vari^te : d'où ' vient aux esprits cette variété, ce mouvement, cette agitation qui les pousse à s'avancer sans cesse, de découvertes en découvertes, dans le vaste champ ouvert à l'esprit humain; enfin, cet amour, ce besoin de liberté qui en favorise les développemens.

Maintenant, que l'on envisage sous ce point de vue, la Russie d'Europe et l'Asie septentrionale, empires tout de terres et de plaines , et consé^ quemment de climats peu variables; sans moyens de commiunication naturels et feciles, connue dans les pays entrecoupés de grandes eaux ; d'où viennent Picore des esprits moins agités, peu inquiets, peu désireux de nouveautés, la plupart stagpans, uniformes, iimnobiles; et la dépopulation, et l'ignorance, et pour dernier résultat, le despotisme! Combien alors on doit s'eflfrayer, pour leiu- civilisation , de tant d'obstaqles !

Et réellement, sur ces deux centres et «prds de l'Asie et de l'Europe, sur cyes deux épaisses et énormes masses de terre glacée , au travers de quels déserts infinis, de quels marais profonds, de

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qaelles foréts impénétrables ne fallaiWl pa9 qu'elle se fit jour ! Eh bien ! quelques rayons suffirent; mais la moins méditerranée de ces deux masses , et la phis Yofeinede cette civilisation européenne > en dut être la pr«mère éclairée j clarté lente ^ et longtemps faible et douteuse , il est Trai , mais qui pourtant y dès le quinzième siècle y commence à donner à l'Europe 0ar l'Asie une supériorité définitive^ et désormais irrévocable.

Depuis cinq siècles , quelques étincelles de cette lumière si vivifiante , pénétraient peu à peu dans cette masse de ténèbres russes par les mers Noire , Blanche et Baltique. Celles qui jaillissaient de la Grèce percèrent par Kief ; celles d'Italie par Aso[^; celles de l'Allemagne et d'Angleterre par Riga , Novgorod et Archangel. Et quand vint, vers 1 396, la destruction d'Asoph par Tamerlan, et en i453, celle de Byzance par Mahomet , la Russie d'Europe avait déjà recueilli de ces quatre mers, une assez grande supériorité de lumières sur la Nord-Asie, pour s'en défendre et la dominer à son tour.

Ainsi , grâce a la concentration du pou^roir, quel qu*ait été son abus, et à quelques étincelles de civilisation, voici donc presque dissipée, par les demia:'S des Rurîct, Furhe de ces deux ombres * horribles qui y selon le cri de douleur des vieux Russes , s*éle{faierU à droite et à gauche de la

' V. Karamsio.

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