CHAPITRE V
saintes images^ dont les larmes coulent miraculeusement : elle pleure sur le sort des habitans de cette cité nouvelle. « Son heure approche, disent-ils, et « tous vont être , ainsi qu'elle , engloutis dans une (( épouvantable inondation !» A la nouvelle du miracle de ces larmes, de leur perfide interprétation, et de rémotion qu'elle inspire, Pierre est forcé d'accourir. On l'a vu, au milieu de ce peuple glacé d'efl5x)i et de sa cour interdite, se saisir, sans hésiter, de cette image miraculeuse, la considérer attentivement, en découvrir le mécanisme, et dessiller les yeux de cette multitude, que stupéfiait une ^inte horreur, en lui montrant, dans ceux de l'idole, l'huile %ée, que la flamme des cierges liquéfiait intérieurement, et faisait couler goutte a goutte par des fentes adroitement pratiquées.
Plus tard, il fait plus ; l'horrible supplice que ces prêtres ont fait subir à un jeune Russe , le déterminCt Ce malheureux avait rapporté d'Allemagne des connaissances précieuses en médecine, et y avait laissé quelcpies préjugés superstitieux. C'est pourquoi les prêtres épient tous ses mouvemens ; enfin, ils saisissent au passage quelques paroles légères contre leurs saintes images. Aussitôt, ils s'emparent du jeune Russe régénéré , ils le jugent impitoyablement, et avec une joie féroce, ils détruisent ce germe de civilisation par la torture , le fer et le feu.
Mais ce mal particulier produit un bien gêné-
rai ; Pierre indigné , retire à ce clergé son droit de vie et de mort. Le» prêtres perdent leur juridiction qa'ûs disaient tenir depuis sept siècles^ de yiadimir^le^Grand^ et cet exécrable abus de leur pouvoir en détruit à jamais la source.
Bientôt^ il remplacera l'hetman des cosaques par un tribunal y et le patriarchat par un synode y roulant qu'il n'y ait d'unité que dans le pouvoir suprême, divisant pour aflàiblir; plus sûr de la soumission d'un conseil que de celle d'un homme; ^chant, qu'en fait de servitude, les assemblées osent davantage^ les bibles et les flatteurs étant partout en majorité, et d'ailleurs ces êtres odilectifs rougissant moins d'une responsabilité par* tagée.
Cependant, vers 1722, et malgré Phéophane, président du sjrnode, et qu'on pourrait appeler son ministre du culte, ce synode ose encore redemander un patriarche. Mais Pierre, transporté d'une fiireur soudaine, et se levant brusquement : « Voilà ))y s'est-il écrié en frappant violemment sa poitrine de sa main, et la table de son coutelas, Q>Qilà voire patriarche! puis il est sorti brusquement en lançant un regard farouche sur les prélats interdits.
Il n'avait gtrde de rétrograder par une Êiiblesse dans ce chemin, où quatre ans plus tôt, un parricide ne l'avait point arrêté. On dit même qu'a* lors il ae vputa de cette persévérance. « Louis XIV ,