FIN
Note (i), Paûb i5.
Les noms Tarègues qui nous sont parvenus sont Scandinaves , et Nestor dit positivement que les Yarègues étaient des Husses.
Constantin Porphyrogënète remarque la différence de la langue slavonne à la langue russe.
Les chefs des peuples qui , vers 862 , conquirent Novgorod et Kief , étaient Scandinaves ; cela est prouvé par leurs noms. Ces cheb donnèrent à leurs conquêtes, le nom de Russie (Y. Nestor). Ils étaient donc Russes, et les Russes, Scandinaves.
Les Russes qui vinrent, en 889, avec l'ambassade que l'empereur grec Théophile envoya à Louis , fils de Charlemagne , furent reconnus pour être Normands. Liûtprand assure que ce fut après un soupçonneux examen. Or les Francs devaient alors se connaître en Normands. Ces Normands se plaignaient des pays et des peuplades ennemies qu'il leur avait fallu traverser pour aBer à Byzance. Ils demandèrent à être reconduits de Trsoïce par mer, dans leur pays.
Yille^Hardouin dit qu'à la prise de Gonstantinople par Baudouin , comte de Flandre , croisé , et allié des Yénitiens , les Warangiens, ou, selon lui, les Angles ou Danois, repoussèrent les Latins avec leurs haches. Ces Warangiens formaient la garde des empereurs du Bas^Empire.
D'ailleurs , les anciennes guerres des Scandinaves avec les Slaves du Nord et les tribus fenniques sont connues. Les Suédois descendirent dans l'Estonie au cinquième siècle , et bien souvent avant comme après. Stourlezon cite plusieurs mariages
54ô NOTES.
entre les princes et les princesses de Suévie et de Finlande. Ces attaques du Nord et ces alHatnces finirent par une conquête. En 984 9 on voit les Normands maîtres de la Livonie et de l'Estonie y et les Yarègues russes , de tout le reste de la Russie d'Europe.
Rurick ne commellee-t-^ pas i^ eonquéte par Ladoga et Biel-o-Zero ? Pourquoi donc croire qu'il vient de la Prusse ^ comme le dit Lomonosof? Et quand il viendrait du Niémen et de Ruf en , comme il l'assure , Praetorius ne dit-il pas qu'Alartck et ses successeurs gotbs étaient rois des Rugiens? et Procope n'appelle-t-il pas les Rugiens , Goths ?
. Oleg impose un tribut sur les Novgorodiens pour entretenir ses Yarègues. Igor envoie demander des secours aux Yarègues insulaires. Yladimîr se retire cbez les Yarègues , et revient avec eu^. laroslaf a recours aux Yarègiies d'au-delà les mers. Ces princes russes étaient donc d'une même origine que ces Yar^ règnes y pour s'aller ainsi jeter dans leiirs bras? Or, cette origine insulaire et d'au-delà les mers n'est-elle pas se^ndinave ?
Karamsin (page 4S j vol. I") dit aussi que les Yarègues étaient Goths on Normands ; qu'il j a eu de temps immémo-^ rial y en Suède y une province nommée Rosslagen , dont les habitans étaient appelés Rbos ou Rotses, etc. Au reste , le Kuriscb-baf y dans la vieille Prusse , s'appelait aussi Roussna ; le bras nord du Memel s'appelait Russ, et ce pays Po-Russié; car ces Rhosou Ross étaient des Suédois qui^ selon Karamsija , avsdjent conquis ia Prusse. Une des plus anciennes rues de Novgorod s'appelait la me de Prusse. Enfin, vers i56o, Iwan IY| revendiquant la .Suède comme le patrimoine de ses ancêtres , dit positivement qap les Yarègues d'Iaroslaf «étaient des Suédois..
On sait encore que Sigurd , beau-fi*ère du roi de Norwége y. était sujet de Yla.djmir , et avait sa confiance j que Trygwason , roi de Norwége, se réfugia en Russie, Tout cela pouvait aTvi-^
NOTES. 64r
ver sans que les Qramls-^pnnces russe», et ee qu^ils appelaient leur coiir ou leur garde , ^ssent Scandinaves. Mais on petit en inférer «u^si , qu'une même on|;ine attirait ces pv isces les uns ckez les autres.
Le savant et judicieux Levesque dit que les Russes ne peuvent pas avoir été Slaves. Il ajoute qu'il est seulement possible que les Ouigours , Huns sibériens , se soient répandus jusqu'à la Livonie, et aient été les premiers Russes; qu'ainsi les Russes peuvent être deseendams des Huns : mais comme tous leui's noms connus étaient goths, il dil; qu'alors, ayant d'avoir conquis les Slaves , il Intdrait qu'ils euss^t eux-mêmes été conquis par les Goths ; ce qui est bien moins vraiseml^ble que l'opinion des laborieux et exacts auteurs allemands, qui donnent aux Russes une origine gothique.
Enfin , quoi qu'il soit de la première iongine des Varégues russes, toujours est^il vrai qu'au neuvième siècle, leurs alliances y leurs guerres , leurs mœurs , leurs climats tt l&ors noms , les avaient déjà tant et depuis si long-temps confondus avec les Scandinaves , qu'il est impossible de les en démêler < Et pourquoi croire qu'un peuple si fameux dans le Nord , soit plutôt sorti de ces tribus fenniques , toujours obscures , que de ces Goths conquérans du monde?
Sait-on si le nom russe, pris généralement dq>uis Rurick, ne vient pas de lui? ou bien plutôt si les Slaves , qui appe« laient Russalks leurs demi-dieux des eaux , ne donnèrent pas ce nom aux pirates varègues Scandinaves , bien plus véritable» ment demi-dieux de ces eaux qu'ils écumaient?
Mais veut-on plus de preuves sur l'origine Scandinave des Russes ? écoutez une traduction littérale de Nestor, leur plus ancien annaliste. Dans les années 860, 61 et 62, les f^arègues vinrent de delà les mers, et les Noç^gorodiens , etc., leur refu^ sèrent le tribut convenu. Lisez ensuite. Les Novgorodiens passèrent la mer chez les Varègues rou^s; car ces Varègues
s*appelaiefU Rouss, comme Vautres Swie {Suédois) j Vautres Ourmians {^Normands) y Vautres Angles, d^ autres Goihs. Ils leur demandèrent des princes, qui vinrent avec toute la na^ tion; et de ces Varègujts, le pays de Novgorod s'appelle terre rus sienne,
StraMemberg, officier suédois de Charles XII, assnre qne, de son temps, les Finois appelaient encore la Suéde, Rosslagen, et les Suédois Ruedzalains. Il ne doute pas que les Varègues russes ne soient sortis de la Scandinavie.
Quant à Lacombe, il ne sait sans doute pas plus que moi, pourquoi il dit qu'un prince nommé Russus donna son nom à k Russie.
Le Russe Lisakewitz dit positivement {Hist, de Novgorod) que les Yarègues étaient Goths , et s'appelaient Russes ; que les Roxelains étaient des Goths descendus dans le Midi au quatrième siècle , et qu'une province suédoise s'appelait jadis Rosslagen. '
Struwe, dans sa Dissertation sur les anciens Russes , ouvrage rare et fort curieux, dit que les plus anciens auteurs
' n faut dire ici que Malte-Brun combat cette opinion ; il croit les Russes issus des Rozolans, anciens habitans de la Russie centrale. Ces Roxolans étaient connus par leurs guerres contre l'empire romain , en 68, iG6 et 270. On les voit, vers le milieu du quatrième siècle , soumis tantôt aux Huns , et tantôt aux Goths , mat très de ces contrées depuis Hermanrik. Ajoutons que Malte-Brun cite Suhm et Snorron contre l'opinion qui place le berceau des Russes en Scandinavie. Toutefois , il ne semble pas que ces autorités soient assez fortes , et le nom de Roxelani assez semblable à celui de Russe , pour détruire la masse de preuves qui résultent de toutes les citations précédentes. Croyons donc toujours que les Varègues étaient à la fois et Russes et Scandinaves , en attendant que les Russes d'aujourd'hui en décident eux-mêmes; car on assure qu'ils s'appliquent a cette recherche ayec un zèle, une intelligence, un esprit de critique et une science qui , tous les jours, font des progrès remarquables.
NOTES. 54a
suédois (licite Saxo*le- Danois) parlent de l'existence d'un peuple ross dans le premier siècle ; que Riss ou Ross , en celte , signifie éléf^eUion; d'où il infère que les Riss ou Ross étaient des montagnards scandinaviens ; que leur pays était situé à l'est du golfe Bothnique ; que de là ils s'étendirent au nord et au sud du Ladoga, en Estonie, etc., etc. Il trouve chez les religieux de Saint-Bertin , en Flandre , la certitude que les Russes envoyés par l'empereur grec Théophile à Louis-le- Débonnaire, parlaient la même langue que les Suédois.
Suï* soixante-<[eux noms d'envoyés d'Oleg et d'Igor à Byzance, on verra que trois seulement sont slaves , et cinquanteneuf évidemment Scandinaves.
laroslaf épouse Indigerge « fille du roi de Suède , sans doute par reconnaissance des secours qu'il avait reçus des Yarègues* On remarque , de plus , que Harold , frère du roi de Norwége , était chef des Yarègues , gardes d'Iaroslaf ; puis ensuite Éleifur , fils de Rognwald. C'est qu'on donnait à des Yarègues Scandinaves des che& Scandinaves.
On sait que Liutprand avait appris de son beau-père Yitricus , témoin à Byzance du massacre des Russes de l'armée d'Igor, que ces Russes étaient de la Scandinavie, et en parlaient la langue.
Godinus dit que les Yarègues de la garde de l'empereur grec lui souhaitaient une longue vie en anglais. Yoyez la curieuse Dissertation de Lerberge sur les doubles noms russes , c'est-à-dire Scandinaves et slavons des cataractes dii Borysthène. Enfin , d'Anville croit aussi que c'est de la Scandinavie que sont sortis les Yarègues russes.
Note (2), Pagb i5.
Yoyez Pinkerton, dans son Origine des différens Établisse^ mens scjrthes et goths , qui détruit d'un trait de plume tout
544 NQTBS.
l'effet de e« passage célèbre de Joraimdès » e^ fuie igifur Scandia insula, quasi officina gentium , atU çert^ veluf '^^f^gina naUùnum, eu. , en observant quç cet auteur confixid'les Say^ tfae», les Gètes et les Goths e» un ^eul peu^, et qu'il Ipf £iit tous Tenir de 1^ Sc^dinaTie.
Il eft vr^ que Pinkerton ^ubstit;ie ^ cette erreur ^'ppipion q^'en effet ces trois peuples sqnt identiques , mais qu'ils Tiennent de l'Asie, comme les Sannate^ ou Slaypns ; c^ Pinjberton n'accorde 4 l'Europe, de popidation première et r4^1katt^ indigène, que quelques Celtes ou Gimbies o^ GiminérMens errans. (Voj. en effet Possidonius, Strabpn, Diodcnre de Sj^cîlç, Hérodote. ) D'où il résulte , par exemple , que ^ip^ ^iitre^ Francs et Gascons, nous serions originaires d'4^ ^ d'Ai^iqne, et que les Scjthes et les Maures sexi^ie^t «os véritables àïeu|:.
Ce que les assertions tranchantes de Pinkerton , et ce tuopu)tueux conflit de nombreuses citations , prouvent surtout, c'est rimpossibilitjé d^ se décide^ rajsopna^leBMnt pour i^e opinioi^ quelconque , si ce n'est que les iul^itans du nord de 1^ me^ No^e , les plus aij^nnement et bistoriquemef t connus , f^nt les S^j^tbes ; ceux du cei^tre de la Russie d'Europe , les Sarmates ou les Slaves; ce^x du noârd, k^ Tchoades, les Finois; et qu'enfin , les Yarègues Rouss sont issus de la Scandinavie.
Note (3), Pagh 444* '
Tradufi^ÎQn littérale iun passage des Mémoires 4$ Peter Itemy Bruce. (JLondon, 178», book VI.)
« On s'assura bientôt des complices du prince , parmi lesquels était sa mère , d'abord tzarine , ensuite abbesse du monastère de Souzdal , et son amant , nommé Glebof, qui non seulement avait mené une vie dissolue avec elle, mab encore avait été dans la conspiration le principal agent entre la mère
lïOTÏS. 645
et son fik le TajyjréwitK s le» Icittres qp'ib «'étMent éeril» de p«rt et d'autre fiivent publi^ée»; le aeaoïkle «t k traliis<m les caFftctériment,
M, lie bayard ^hmham Lfpoukin, frérç de k Tzarîne, et «ttiele d'Alejis; Alexandre JTiAm^ premier eommbsAine de l'ami*tmtéf «i^^evaat favori du Txar { révoque de ReHof, et Pous^ tinçï, eonfeMeur et trésorier de la TzarÎBe, âirent tous jugés et oftudamnég ; Glebofemftié.vîi* et lei autres roués. Ou avait eonstniit pour ces exécutions un écha&ud très iélevé devant la pelais ; le coi^ de Glebof en^alé &t placé au milieu, et les têtes des quatre autres aux quatre coins. Un grand nombre de coinpagwons de débauche du Tscaréwitz, parmi lesquels étaient eîpquiinte prêtres et mmnes, forent en mène temps décapités sur des troncs d'arbres disposés à cet effet. . 41 lia. princesse Marie, sceur du Tzar, et complice d'Alexis, fixt enfermée dans un monastère près du lac Ladoga ; la Tzshrine ht condnitç d^s la forteresse de Sddusselbourg (M. Bruce ^rend la destinatijOia de l'une de ces princesses pour ceBe de l'autre); tous les domestiques du Tzaréwitz furent arrêtés, ainsi que sa maîtresse Ëupbrosine, le prince Dolgoroukj, qui uvait agi avec tant d'arrogance vis-^-vîs du prince Mentzikof , et plusieurs autres. Dolgoroidt^j fut exilé à Kasan ; un des pages du T;(ar et plusieurs religieux furent punis, corporellem^nt. Ëuphrosine eut l'adresse de faire valoir les efforts qu'elle avait bdU pour engager le prince à revenir dans l'empire. Elle a])a jusqu'à persuedçar qu'après ses premières couckes , elle avait été m<Mriée légitimement avec le Tzarévitz par un prêtre grec.... Le Twur partît ensuite pour se rendre à Pétersbourg, où il arriva le 4 avril. Le Tzaréwitz, qui arriva deux jours après lui, fiit enfermé dans la forteresse....
« Les exécutions et les punitions en grand nombre qui suivirent les recherches que l'on fit à Moscou, firent croire à beaucoup de gens que tout était fini : mais de nouvelles dé-
oouTertes firent connaître que le prince n'aynt point cKt ai vérité dans la dénonciation de tons les conjurés. Le Tzar, voyant croître chaque jour le nombre des auteurs d'une conjuration si. compliquée , crut absdhunent nécessaire de fiiire au prince son procès dans toutes les formes. Pour cet effet, il signifia à toute la noblesse et au clergé, aux principaux <ifficier9 des troupes de terre et de mer, aux gouverneurs des provinces , et autres différens ordres , de s'assembler pour intern^er et juger le prince. Le procès commença le 25 juin, et finit au 6 de juillet, où la cour souveraine, d'une voix unanime, porta sentence de mort contre le prince , laissant au Ttast le choix du genre de supplice. Lé Tzaréwitz comparut devant la cour; on lai lut la sentence , et il fut reconduit en prison dans le château.
u Le jour suivant, Sa Majesté, accompagnée de tous les sénateurs et évéques , avec plusieurs autres personnes de marque , se rendit au château , et entra dans l'appartement qui servait de prison au Tzaréwitz. Peu de temps après, le maréchal Weide sortit, et m'ordonna et aller chez M. Bear, droguiste, dont la boutique était près , et de lui dire de faire la potion forte (strong potion) qu'il at^ait commandée Im^-méme, vu gue le prince était très mal. En apprenant F objet de mon message, M, Bear déteint pâle ^ la frayeur le saisit. Son état de trouble me surprit au point que je lui demandai quel en était le sujet;' mais il ne put me répondre. Sur ces entrefaites, le maréchal arrii^e dans le même désordre que le droguiste, lui disant qu'il aurait dû être plus expéditif, vu que le prince était dans un accès et apoplexie^ Aussitôt le droguiste lui donna une coupe (^argent ai^ec son couvercle : le maréchal la porta lui-^mùne dans t appartement du prince, chancelant à chaque pas comme un homme pris de boisson. Une demi-heure après, le Tzar, avec toute sa suite, se retira avec la contenance la plus triste. Sur-le-champ, le maréchal m'ordonna de rester dans l'appar-
ternent du prince, et en cas de (pielque accident, de Fen in* fermer immédiatement. J'y trouvai deux médecins et deux chirurgiens de (piartier, avec lesquels je dînai de ce qui avait été servi pour le repas du prince ; l'officier de garde était avec nous. On ne tarda pas à appeler les médecins, pour aller auprès du prince , qui tombait de conçidsions en convulsions. Il expira vers les cinq heures après midi. J'allai directement en informer le maréchal , qui sortit à l'instant pour en donner avis à Sa Majesté, qui lui ordonna de faire embaumer le corps du prince. Le cadavre fut mis dans un cercueil , que Ton couvrit d'un velours noir, sur lequel on étendit un drap richement brodé en or. On le transporta du château à l'église de la Sainte-Trinité, où il demeura jusqu'à onze heures du soir. Il fut reporté au château, et déposé dans le caveau royal, auprès de la tombe de la princesse son épouse. Le Tzar, avec la Tzarine et les principaux de la noblesse , assistèrent solennellement à cette cérémonie. On a varié sur le récit des circonstances de la mort du Tzaréwitz. On répandit dans le public , qu'à la lecture qui lui fut faite de sa sentence de mort, la frayeur le fit tomber en apoplexie , et qu'il en mourut. Très peu de personnes ajoutèrent foi à cette mort naturelle; mais il était dangereux de dire ce. que fon en pensait. Les ministres de l'Empereur et des États de Hollande lurent exilés de la cour, pour avoir parlé trop librement à cetter occasion ; mais ils ne tardèrent pas à être rappelés, etc. , etc. »
Si l'on veut se donner la peine de lire ces Mémoires d'un officier attaché de près à la personne de Pierre P', et dont le proche parent fut l'un des généraux les plus utiles à ce réformateur, on restera convaincu de la véracité de ce récit. La naïve simplicité qui règne dans tout son livre , «t l'admiration constante de cet officier pour le Tzar , ajoutent à la triste conviction que laisse la lecture du passage qu'on vient de citer. P. H. Bruce i^t chargé , peu de temps après cette exécution ^ de l'éducation du fils de ce malheureux Alexis.
Leckrc, qui était sur les lieux même, témoia de ce crime, cite Brace dau» son Histoire, et ne doute nullement de la funeste vérité de son récit, cpi'il donne en entier.
Ce qui est certain, écrit Yoltuire , c'est que son fils mourut dans son lit le lendemain de V arrêt, et que le Tzar iti^aà à Moscou une des plus belles apothicaireries de t Europe. *
NoTB (4), Pa6e 45o.
Mem. of Peter Henry Bruce (page ^^j, book III).
As prince Mentzikof was also a person raîsed from a very low degree , I was told the following cîrcumstances of liis rise. He was born of gentle, but very poor parents ; and they dying^ îeft him very young wlthout any éducation , insomucb that be could neitber read nor wrîte , nor ever did he to tbe day of bis death : bis poverty obliged bim to seek service in Moscow, vrbere be was taken into tbe bouse of a pastry-cook , vrho employed bim in crying minced-pies about tbe streets : and baving a good voice , be also sung ballads , vrbereby be was so generaUy known tbat he bad access into ail tbe gentlemen's bouses. Tbe Tzar, by invitation , was to dine one day at a boyard's, or lord's bouse , and Mentzikof bappening to be in tbe kitcben tbat day, observed the boyard giving directions to bis cook about a disb of méat be said tbe Tzar was fond of, and took notice tbat tbe boyard bimself put some kind of powder in it , by way of spice ; taking particuiar notice of wbat méat tbat disb was composed, be took bimself away to sing bis ballads, and kept sauntering in tbe street till tbe Tzar arrived; wben exalting bis voice, bis majesty took notice of it, sent for bim, and asked bim if be would sell bis basket witb tbe pies. Tbe boy replied , be bad power only to sell tbe pies : as for the
'Voltaire, A. S. Picrre-le-Grand , édition de 1784, vol. XVII, page 4ii.
KOTES. 549
basket lie mttst fint ask bis master's leave, bat as erery tfain|p b^onged to hu majesty, be needed onij lay bis commands npmi bim. Tbis replj pleased tbe Tzar so mucb , tfaat be ordered Alexander to staj and attend bim , wbicb be obeyed wiftb great joj. Mentzikof iraited bebind the Tzar's cbair at dinner, and Beeing; tbe befinre mentîoned disb serred up and placed before biîn , in a whisper b^ged bis majesty not to eat tbereof : tbe Tzar went into anotber room %itb tbe boy and asked bis reason for what be bad vbispered to bim, vben be informed bis ma?jestj wbat be bad ohserved in tbe kitcben , and tbe boyard*s putting^ in tbe powder bimself , witbout tbe cook perceiving bim, made bim saspect tbat disb in particular : be tberefore tbongbt it is duty to put bis majestj upon bis guard. Tbe Tzar retnmed to table witbout tbe least discomposure in bis coun»tenance , and 'witb bis nsual cbearfnlness ; tbe boyard recom»jnended tbis disb to bim, saying, it was very good : tbe Tzar ordered the boyard to sit dovn by bim (for it is a custom in Moscow for tbe master of tbe bouse to wait at table wben be entertains bis firiends) and putttng some of it on a plate , desired bim to eat and sbevr bim a good exemple. Tbe boyard, ^tb tbe ntmost concision, replied, tbat it did not become tbe seiW Tant to eat iritb bis master; -wberenpon tbe plate was set dovn to a dog, wbo soon dispatcbed ils contents, irbicb, in a very sbort time, tbrew bim into convulsions, and soon deprived bim of life. Tbe dog being c^ened, tbe effect of tbe poison was clearly discovered, and tbe boyard was immediately sccured; but was found next morning dead in bis bed, wbicb prevented ail fartber disoovery.
NoTK (5), Page 533.
Il Alt pleuré. L'amour dans quelques uns , la reconnaissance en beaucoup d'autres , et dans tous l'admiration , éclatèrent en regrets. Son souvenir restait empreint dans tout l'empire; et
55o NOTES.
ponitant Von dmt reman^uer, à l'honneur de se» peuples, ^e tant de monumens ne suffirent pas à, leur douleur : ils ont recueilli avec un respect religieux tout ce qpi se rattachait à sa personne. Si cpiel^e étranger vient les visiter, ils lui montrent encore avec un juste oi^ueil la représentation de leur grand homme moulée sur son propre corps. Sa tête est couverte de ces mêmes cheveux qu'il s'était fait coiipér et arranger exprès dans la guerre de Perse. On le voit assis, et vêtu de son habit de cérémonie , le seul qu'il ait eu , celui que lui avait Inrodé Catherine, et qu'il avait porté au couronnement dfi cette impératrice. Près de là sont conservés avec un soin respectueux le bureau de nojer sur lequel il écrivait debout, et dont la haufteur n'a pu convenir qu'à un homme de plus de six pieds; un plan de Gronstadt ; une foule de manuscrits tracés de la prière main du héros; les dernières chaussures, plusieurs fois rapié* cetées, qu'il porta ; son uniforme, percé d'une balle suédoise; ses armes ; son e^nton . de capitaine ; son cheval de bataille empaïQé , le même qu'il avait monté à Pultava; sa trop redoutable dubina, gros jonc à pomme d'ivoire ; une barre de fer de cent vingt livres pesa,nt, qu'il avait &rgée de ses mains; le tour dont il se servait ; un lustre d'ivoire auquel il travailla plusieurs années , et dont il voulait faire son chef-d'oeuvre de tourneur; sa chienne, qu'il fit empailler, et pour laquelle il avait eu un attachement pareil à celui qu'on a remarqué d^uis dans le grand Frédéric ; enfin le projet d'une catorme Trc^ane qu'il voulait tourna de ses propres mains. IjC piédestal eût été emé de quaim inscriptions , et la circonférence, de cuiçres grasfés, qui eussent représenté ses victoires sur les Suédois. Bien plus, la statue de ce grand homme en datait couronner le faàe; de même qu'on vît, un siècle phis tard, à huit cents lieues de là, et sur une semblable colonne, celle de cet autre colosse, qui vint jusque dans Moscou ébranler son empire.