CHAPITRE II, Page 4i
L'historien ne doit pas être insensible. — Pour être vrai, il ne doit point être froid ; rien n'étant plus animé , plus coloré et moins froid que la vérité. — Deux voix contemporaines de Pierre-le-Grand : l'une d'admiration , l'autre de haine , s'élèvent pour et contre lui. — Accusation de l'une. — Elle cite le supplice atroce du voiévode
de Kargapol, celui de Talitskoi et plusieurs massacres; l'autre voix répond, en invoquant les circonstances, les hommes d'alors, les dangers que Pierre a courus, les attentats dont il a été victime, et leur influence sur son tempérament et sur son caractère. — Elle rappelle la grande utilité de son but; elle ajoute que tous ces hommes, taillés en grand , sont de formes rudes et sans délicatesses. — Mais le cri du sang s'élève ; au nom d'Alexis tout se tait , hors la voix de Pierre l" lui-même , qui vient accuser son propre fils devant les grands de l'empire.