CHAPITRE V
Vers 1 320 , son chef Guédimin s'empare des apanages russes du sud et de l'ouest , depuis longtemps inâépendans de la Grande-principauté de Vladimir. Kief, Galitch, la Volhinie, deviennent tantôt lithuaniennes, tantôt polonaises ou hongroises; leurs habitans , désespérés , émigrent; ils vont fonder les deux républiques militaires des cosaques Zaporoves et des cosaques du Don. Ralliant les malheureux de tous les pays, elles se verront un jour assez fortes pour résister aux Turcs et aux Tatars , entre lesquels elles se trouveront ; et pour gêner ainsi les communications de ces deux peuples, qu'une religion, une origine et un intérêt communs devaient réunir.*
Cependant, la Grande- principauté se repeuple aussi de beaucoup de ces infortunés des provinces du sud de la Russie , qui viennent se réfugier à Moscou *. L'empire perd , il est vrai , de son étendue ; mais il en devient plus proportionné à la puissance renaissante de son Grand-prince , qui y compte moins de compétiteurs : ce qui en reste se trouve sans comparaison de forces avec la Grandeprincipauté. Après tout, il vaut mieux pour celle-ci avoir à reconquérir un jour quelques provinces sur un ennemi étranger que sur des ennemis domestiques; ce sera un mal extérieur pour un mal interne, le pire de totis.
' V, Fémigration de Rodion et de dix-sept cents enfans boyards kiewiens, qui, vers i3o4 ou i335, cherchent un asile dans Moscou.
ii8 LIVRE III.
Ainsi , le machiavélisme d'Iwan prospère. I vrai qu'au moyen de la confiance qu'il inspire horde , et de la terrible guerre qu'il y fait i parens , il rend k la Russie une paix depuis l temps inconnue. Un commencement d'ordre i justice renaît sous ce sceptre, acquis et cons par de si affreuses injustices; le brigandage au la Russie était en proie , est réprimé, le comir refleurit, de grands marchés, des foires nou^ s'établissent; on y voit les productions de l'Ori de la Grèce, de l'Italie, et le trésor du Grj prince se grossit encore du profit des douanes
Tels sont les prompts effets des premiers d'Iwan dans le système de concentration du ] voir; ce grand mouvement politique est si vi reusement donné , qu'il se perpétue dans soi: Siméon-le-Superbe , auquel Iwan a laissé de < acheter à son toui', de la horde, la Grande-p cipauté, et en qui il fait renaître la succès directe. Aussi, Siméon opère-t-il contre Novg< ime seconde réunion de tous les princes russes remarque qu'il est obligé de céder à ses frèr< moitié des impôts ; mais c'est en se réservant t l'autorité , avec laquelle on a bientôt les reveni
' r. KamCTiévitch, trad. de Karamsin, décrivant le grand m de la Mologa sur le Volga, où le commerce de l'Asie et ce] l'Europe se rencontraient dans son faubourg des Esclaves, SCS soixante-Klix auberges; euûn, où le trésor du prince ixîcui sept mille deux cents livres pesant d'argent.