CHAPITRE V
Un te! résultat étonne peu; mais ce qui surprend, c’est que , dans le système de son gouvernement , la Russie ne fût point demeurée en arrière de la * marche générale <le la politique du reste de l’Eu- . rope. Là comme ailleürs, et tout au travers des Tatarsj'sa féodalité de princes, et même celle nobles, tout infonnc qu’elle était , av ait duré depuis la fin du dixième siècle jusqu’au seizième ; et là ^ plus (pi’ailleurs, le seizième siècle lui avait été fatal. Ce siècle fut , en Russie comme dans le r(>ste de l’Europe par le rétablissement de la succession directe et la j’ènnion- des fiefs au domaine royal, celui de la concentratiou du pouvoir sur le trône.»
Quelle est, donc la cause assez élevée et assez puissante pour avoir donné à tant d’empires diltérens, et sur une si grande étendue , une impulsio>n politique si uniforme,’ en dépit de tant- de eîrcon- . stances et de localités si dissemlïlables ? >*■ *
Faut-il en chercher le principe . général , dans ‘*run'iversalité de ce grand délmrdement cÆs hommes du Nord, qui,'gi’âcc à -répuisemeqt^e ^ source dans le dnÿeme;vSicQle , sft-ternnna partout a une même époque ? car l’invâsiôn définitive de la Russie par les Varègues, coïncida ^veç la fiii de celles de la
France et de rAngleterre pai’ les Normands. Doiton, enfin*, inférer de cette commune origine cette suite , cette identité, cette presque simultanéité de consé(juences et d’ellèts généraux , sur de si grands espaces et pendant nn si grand nombre de siècles ?
En elfet, une même origine, à une ère pareille, avait à peu près, aux mêmes époques, développé dans toute l’Europe des maux semblables, qui avaient exigé le même remède , et enfanté presque * h la fois pour les combattre , des hommes d’une trempe prestpie identicpie; c’est pourquoi tout,- et partout alors , tendit à la concentration de tous les pouvoirs politi(pies sur les trônes.
Ainsi , de même cpi’en Russie , sous le grand Iwan 111 (dé 1462-3 i5oo), on vit, à la fin du (piiu7.ièm(‘ siècle , les membres épars de la France se réunir sous* Louis XI et Loui^ XII; ceux de l’Espagne, sous Ferdinand et Isabelle; ceux de l’Allemagne, sous Maximilien I" d’Autriche; enfin,
. ceux d'Angleterre, sous les Tudor, en i485, et par Henri VII : de même encore, dans le siècle suivant, celui d’iwan IV, de Henri Vllf et d’Élisabeth , et de Philippe II J comme bientôt après, en France, sous Richelieu j on remarque que le succès général de ce principe de concentration en amena l’universel abus. . .. . .
. Cependant , en . Rassie , ce grand mouvement politique de concentration de pouvoir dans Moscou, l’emporte au-^ehors comme au-4edans, siir tout