‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 219 sur 332 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

taxant suijitciucnt divencâ sortes de marchandises, .soit en s’on déclarant l’acquéreur exclusif, au taux qui lui plaisait , pour les mettre à un prix exorbitant, dès qu’il s’en trouvait seul en possession.

Us ont dit encoi'e que leuj’ Tzar accaparant tout, s’est fait le seul négociant de la Russie européenne avec la Chine et la Sibérie , comme aussi le seul monnoyeur, le seul marchand de tabac, de savon , de talc et de gomlron ; <pie, s’étant encore déclaré le seul cabai'clier d’un empire où régnait souverainement Tivi-ognei-ie , ce monopole a fait, chatpxe année, rentrer dans ses mains toutes les paies (jui venaient d’en sortir.

Veut-il, eu 1716, se défrayer de son second voyage en Hollande , et éviter un change désavantageux ? Il s’approprie tous les cuirs du commerce russe à mi maximum, que lui-même détermine, pour les vendi*e à son profit, |iayable8 eu Hollande, aux étrangers qui les demandent. C’est ainsi que plusieurs de scs contemporains expliquent les richesses d’mi prince epii fut le principal fabricant et négociant d’un grand empire, le créatem’, le surintendant de ses arts. Scs sujets étaient, pour lui, autant d’ouvriers dont il excitait, appréciait et i-écompeusait h son gié le travail; il se réservait la vente des produits de lem’ iiulustrie, et en rameuait à lui les prolits immenses, pour en applitpicr l’emploi à les doubler encore.

Singulier fondateur du commerce dans son cm-

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pire, tpie le prince cpii l’attire à lui et le circonscrit en lui seul ! Croyons cependant aussi qu’il se fit parfois commerçant et manufacturier, comme marin et soldat , pour l’exemple , et que l’ignorante opiniâtreté de ses sujets contre divers genres d’industrie et de commei-ce , lui en laissa long-temps , malgré lui , le monopole.

Au reste , il est curieux de voir, quand il veut se servir pour tout éclairer, du despotisme cpii éteint tout , comme cette arme de ténèbres et de mort , se retournant contre lui-même, blesse les mains les plus faites pom- la porter. Soloview en est un exemple. Ce marchand, aidé des privilèges que lui a accordés Pierre , a enfin établi à Amsterdam la première factorerie russe considérée; mais, en 1 7 1 7, au second voyage du Tzar dans cette ville, ses avides com'tisans s’irritent contre ce négociant leur compatriote. Soloview n’a pas voulu se racheter de l’envie que ses richesses leur inspirent. Us le perdent dans l’esprit de leur souverain, et l’autocrate, en confisquant à son profit cette source de richesses, détruit lui-même son ouvrage.

Voilà donc , sous le point de vue de ses ressom’ces matérielles, le miracle de grandes créations de toute nature , si prodigieuses et si subites ! Est-ce donc à notre siècle à être surpris de tout ce tpi’on peut faire en vingt-cinq ans , avec des confiscations , des impôts arbitraires , des monopoles , des réquisitions , des corvées , et une volonté de fer

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