‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 253 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Aussi, Jiruce et d’autres eneore niuiiti cul- ils bien tju’uii priuec tant ami des lumières, u’avait pu liaïr dans sou héritier (|ue leur eiiuemi déclare. Eu ellêt, eetU; liaiue u’a point pesé sur, la tête de l’eufaut de sa victime ; PieiTC veut (jue ce même Bi ’uce, (pii a ecxipéré à l’exécution du père, soit chargé de l’inslrnetiou du fils. Le ’Pzar se plaît à venir lui-même y prendre part; et, charmé de l’aptitude de sou petit-fils , un jour il le nomme sergent; un autre jour, eiiseigiie : souvent, il le prend dans ses bras et le presse conti'e son eoeuitransporté de joie et de tendresse. Puis il lui mol au cou sou portrait enrichi de diamans; et déjà il l’entoure d’artistes, de constructeurs de vaisse^mx , et de maîtres de toute espèce.

CresL ainsi (ju’à l’exemple <h^s panég yrisles, couvrant l’horreur des mo yeus, non seulement par Ihîxcelleuce du but, mais aussi par le bonheur du résultat , les admiialeurs de Pierre-le-Graud se [>lai.sent à montrer leur Tzar par s(;s la'aux côtés; ils énumèrent tous les bienfaits (jue lui doit son empire: six provinces nouv^elles, trois mers, un grand commerce, des forteresses, des ports, une armée régulière de deux eeiit mille hommes, une amirauté et une marine de quarante vaisseaux de ligue et de deux eeuls galères, une bonne police, une académie de marine, une multitude d’écoles élémentaires; des collèges pom’ les sciences exactes, les arts et les lielles-lcttres; une bibliothèque im-

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përiale et un cabinet de m^ailles ; des écoles d’anatomie, de médecine, de pharmacie, avec les meilleures collections d’anatomie, d’histoire nattmelle et de botankpie; un jardin des plantes, xni observatoire, des imprimeries avec de nouveaux caractères , une galerie de tableaux des plus grands maitres, et des statues; toutes choses inconmies avant lui chez ce peuple, si ignorant qu’il regardait les langues étrangères comme des hérésies, les sciences exactes et naturelles comme des soi’tiléges : et (pii, toutefois, croyait sa teiTe inculte et glacée la plus voisine du ciel , son gi’ossier langage le plus agréable à la divinité, ses moeurs bnitales le plus en rapport avec celles des immortels : s’imaginant être la nation la plus considérable et la plus riche de la terre, celle à ([ui toutes les autres devaient leur existence, et sans laquelle les autres peuples.

Ions païens et impies, mourraient tous de faim.

Cependant ces peuples , h la fois si ignorans et si orgueilleux, ne croyaient point au bonheur. Toujours tyrannisés , ils ne supposaient que des génies malfaisans, ne connaissaient de dieu que celui du mal , et de pouvoir rpic celui de nuire ; ce qui fait <pie, dans un prince doux et indulgent, ils n’eussent point reconnu un maître , et qu’ils redoutaient ^ toute innovation, comme un surcroît, une aggravation de souffrances.

Telle était, selon les contemporains de Pierrele-Grand, la nation rpi’il se sentit appelé à régé-

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