LIVRE PREMIER. — CHAPITRE VI
« dans l'ordre le plus propre à toucher les âmes et h produire en « elles des fruits de piété. Le même François, duc de Gandie, v< nous a déclaré qu'il avait appris, non seulement par les nom- « breux témoignages de la renommée,mais encore par sa propre « expérience, à Barcelone, à Valence et à Gandie, combien ces « Exercices étaient propres à procurer la consolation et l'avance- « ment des cames dans la perfection. En conséquence il nous a « fait supplier humblement qu'il nous plût afin d'en multiplier et « d'en étendre les fruits, et d'exciter dans le cœur d'un plus grand « nombre de fidèles, le désir de s'en servir avec plus de dévotion, « de les faire examiner, et, si nous les trouvions dignes d'appro- (<L bation et de louange, de les approuver, de les louer et de leur « accorder notre protection et notre bienveillance apostolique. « Nous avons donc fait examiner ces Instrticiions ou Exercices; « et d'après les témoignages et les rapports de notre bien-aimé « fils Jean, cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément, évêque de « Burgos et inquisiteur, de notre vénérable frère Philippe, évê- « que de Saluées et vicaire spirituel général de notre ville de « Rome, et de notre bien-aimé fils Gilles Foscarari, maître de « notre Sacré- Palais, nous nous sommes convaincu qu'ils sont « remplis de piété et de sainteté, et qu'ils sont et seront toujours « très utiles et très salutaires à l'édification et à l'avancement « spirituel des fidèles. Enfin, ayant justement égard aux fruits « abondants qu'Ignace, et la Compagnie dont il est le fondateur, « ne cessent de produire dans l'Église de Dieu, jusque chez les « nations les plus éloignées, employant, comme un moyen très « puissant, les mêmes Exercices, nous nous sommes rendu aux « prières qui nous ont été adressées à cet effet; et, de notre auto- ^< rite apostolique, par la teneur des présentes, de notre science « certaine, nous approuvons, nous louons, et nous confirmons, par « cet écrit, ces Instructions ou Exercices spirituels, et tout ce qu'ils « renferment; exhortant dans le Seigneur, de tout notre pouvoir, « les fidèles de l'un et de l'autre sexe, tous et chacun d'eux en par- « ticulier, à faire usage ô^ Exercices si remplis de piété, et à se « former sur des enseignements si salutaires. Et nous permettons « à quelque imprimeur que ce soit, choisi par Ignace, d'imprimer « cet ouvrage librement, et sans qu'on puisse l'inquiéter ; en « sorte cependant que, après la première édition, il ne soit plus
Histoire de s. Ignace de Loyola. S
i permis, ni a lui, ni à quelque autre que ce soit.de le réimprimer « sans le consentement du même Iirnace ou de ses successeurs, <{ sous peine d'excommunication, et d'une amende de 500 ducats, « applicable aux œuvres pies. Et nous ordonnons à tous les <,< ordinaires et à chacun d'eux, à toute personne revêtue des <L dignités ecclésiastiques, à tous les chanoines des églises cathé- « drales et métropolitaines, et aux vicaires spirituels des ordinai- « res des mêmes églises, généraux ou officiaux, établis dans « quelque lieu que ce soit, au nombre de deux ou un seul d'entre « eux, soit par eux-mêmes, soit par un ou plusieurs autres, de « protéger efficacement, en ce qui regarde ces Exercices spiri- « tuels, tout membre de cette Compagnie, ou tout autre qui aurait « les mêmes droits, afin qu'ils jouissent paisiblement, en vertu de « notre autorité, de cette concession et de cette approbation, ne « permettant pas qu'aucun d'eux soit inquiété par qui que ce soit « contre la teneur des présentes ; réprimant la témérité descon- « tradicteurs et des rebelles par les censures, les peines ecclésias- « tiques et par les autres voies de droit convenables, sans appel, « et invoquant, s'il est nécessaire, le secours du bras séculier. « Nonobstant la défense de Boniface YIII, notre prédécesseur « d'heureuse mémoire, de faire comparaître les accusés à plus « d'un jour de chemin de leur diocèse, et celle du concile général << de les citer à plus de deux, pourvu qu'on ne s'autorise pas des << présentes pour les appeler à plus de trois : et nonobstant toute « autre constitution ou ordonnance apostolique, ainsi que toute <.< ordonnance contraire, quelle qu'elle puisse être, même le privi- « lège accordé en général ou en particulier par le Saint-Siège, de « ne pouvoir être interdit, suspendu, ou excommunié par des « lettres apostoliques qui ne feraient pas mention pleine, expresse, « et mot à mot de ce privilège. Et nous voulons que les copies des « présentes, signées d'un notaire public, et munies du sceau de (( quelque prélat, ou personne constituée en dignité dans l'Église, i(. obtiennent la même foi, et jouissent de la même autorité, en «justice ou hors de justice, que les présentes, si elles étaient « exhibées et montrées.
« Donné à Rome, à Saint-jMarc, sous l'anneau du Pêcheur, le « dernier jour de juillet, l'an mil cinq cent quarante-huit; de notre « pontificat, le quatorzième. » Blo. El, Fulginen.