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^es ennemis les plus acharnés s'abaissèrent si profondément devant lui, que les valets de la cour en eurent honte (i).
L'ordre étant rëtabh, chacun vinti comme d'habitude, étaler ses souffrances pour la bonne cause, et demander généreusement des grâces, des pensions, des titres honorifiques en retour. Un seul se tint dans le silence et ne demanda rien, quoiqu'il eut beaucoup perdu , beaucoup souffert et partant beaucoup mérité, ce f ut Vincent-de-PauI. Ilavait pour principe, que des sujets fidèles doivent savoir perdre sansmurmure, pour leurprince, leurs biens et leur vie, les rois représentant sur la terre la {Puissance de Dieu ; aussi n'eut -il garde de faire valoir une conduite qu il trouvait toute simple. Le contraste de son désintéressement avec Tavidite des solliciteurs soi-disant victimes des troubles , ne passa pas inaperçu à la cour, et un très grand seigneur dit, en présence de plusieurs autres, à la reine Anne d'Autriche : qu'il connaissait peu de personnes attachées, comme M. Vincent, par une fidélité sincère, constante, désintéressée, au service du roi et de l'État. A quoi la reine ré-
(i) « 11« se ruaient à ton retour pour aller au devant de lui, et ceux mêmes qui avaient été ses plus grands ennemis furent les plus empresses à se produire et Ik lui faire la rëvërence. Je vis une multitude de gens de qualité faiire des bassesses si honteuses en cette rencontrct que je n'aurais pas voulu être ce qu'ils étaient, à condition d'en faire auunt. » (Mém. de Laporte» premier valet de chambre de Louis XIV, p. 237 et 398.)
pondit : Vous avez raison, M. Vincent est un très fidèle serviteur de Dieu et de son prince.
Le bruit courut pendant quelques jours qu'il allait être cardinal; mais ce bruit tomba. Si son humilité s'opposa à cette promotion , dont la pourpre eût été honorée , il ne se vanta ni de l'offre , ni -du refus.
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