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Histoire de sa sainteté Pie IX

Sa sainteté Pie IX est incontestablement la figure historié que la plus haute, la plus grande, la plus majestueuse du dixneuyième siècle.

Nul n'est plus digne de Tadmiration des peuples, et c'est

avec une pieuse émotion que nous écrivons son saint nom.

^loB k ProvfAsnee lui a envoyé d'épreuves, plus il s*est»tnon-

-tré courageux ; «es vertus ont égalé ses douleurs. Raconter

felte vie dont tous les actes imposent le respect, dire ecmiment

•ce raeeeaseur de saint Pierre a su conserver le prestige de la

grandeur et de l'autorité au milieu des commotions révolu»

liomiaires, c^est à la fois servir les intérêts de TËglise et ceux

de Thumanité. Encore est-il bien difficile, avec tous les docu*

ments historiques nécessaires^ de faire une étude digne de cet

îHustre pontife, si bien surnommé le Grand par monseigneur

Rusconi^ délégat d^Âncône, et par la conscience du monde

-ratiiolique tout entier.

Baconter sa vie modeste et si éminemment évangélique, dire ses intentions généreuses, montrer ses sentiments admirables» ses^ndes'pensées, ses projets et ses actes de cbarrré, &^ jus-

tice et d'amour, c'est tresser, pour son noble front une magnifique couronne, aussi honorable pour l'Église que glorieuse pour la Religion.

Toutefois» cette étude n'est point une de ces apologies ser* viles qui offensent les âmes élevées qu'elles glorifient en tout et quand même. En célébrant les vertus de ce cœur magnanime, la fermeté de son zèle, la bonté de son caractère, la pureté de ses vues, nous demeurerons indépendant; nous exprimerons franchement notre opinion sur les événements» et nous dirons quels enseignements graves il convient d'en tirer.

La petite ville de Sinigagiia, Séria Gàlliea, est située dans les États de l'Église, auxquels elle est réunie depuis le dixseptième siècle. Elle s'étale mollement au soleil sur les bords de l'Adriatique, baignée par la rivière de Mysa, qui la traverse. Fondée lors de l'invasion des Gaulois SénonsÂs en Italie, cette ancienne ville du duché d'Urbin, après avoir éprouvé nombre de vicissitudes, fut comprise dans le vicariat romain. Son évè<ché date de la fin du cinquième siècle.

Pie IX y a établi, ainsi que dans les autres ports de mer de ses États, une chambre et un tribunal de commerce- La famille des comtes Mastai remonte au treizième siècle. Établie depuis le quatorzième siècle à Sinigaglia, elle a fourni plusieurs chefs à la municipalité de cette ville» C'était un Mastaï qui, sous Urbain VIII, la commandait lors du siège et

da bombardement par la flotte Témtiénoe. Il se distingaa et mourot vénéré : à cette époque, la oiJomme était souvrat im*» puissante contre la vertiu

A la fin du dix-Mptième ftiëcle^ le prince Farnëse, duc de Parme et de Plaisance, en récompense d'une longue suite d'édatantt senrices, donna le titre de comte auxMastai. Ils ajoutèrent à leur nom celui de Ferretti, par suite d'une alliaDce avec le dernier rejeton de cette famille.

Lors de l'invasion des Français en Italie, le goafalonier de Sînigagtia était un Mastaï, le père du pape Pie IX. L'un de ses frères, André Mastaï, évéqqe de Pezara, fut enfermé dans la citadelle de Mantoue, en châtiment de sa fidélité au pape Pie VII. Biais contre ceux qui ont la foi, les violences de la forée sont impuissantes ; on peut enchaîner* leur corps, mais non leur âme immortelle. L'histoire a consigné le courage in* trépide de ce prélat. Il a laissé en outre une réputation méritée'd'écrivain; son ouvrage le plus remarquable porte pour titre : Unité de$ EvangUes traduits et œmmmiéê.

La comtesse Mastaï était une de ces pieuses et saintes femmes, une de ces mères chrétiennes dont la vie commande l'admiration et le respect. Elle donna plusieurs enfants au comte Mastai, et sut, de bcmne heure, les élever sous les inspirations de la religicm. L'exemple et les prières des tendres mères contribuent aux vertus et k la sainteté de leurs enfants. Ainsi, avant elle, avaient fait celtes qui donnèrent le jour à saint Augustin, à saint Thomas d'Aquin et à saint François de Sales. Rien n'égale l'attachement, la délicatesse, le dévouement d'une mère.

Le 15 mai 1792, la comtesse Mastaï mit au monde un fils qui reçut au baptême les prénoms de Jean-Marie; elle le plaça sous la protection de la sainte Vierge.

Les vieillards racontent que c'était un bel enfant, à la figure intelligente et douce, au cœur aimant, déjà sympathique, tout jeune , à la misère et à la douleur. Quand il voyait un pauvre»

aaot petit omir ae gonflait de compassion, et il allait le ùdm> FMiarqiier à Tardente et pure cfaarité'de sa mère ; après quoi* il l'entraînait, rougissant d'une sainte pudeur, pour ne pas humilier du spectacle de ses jeux le pauvreeecoura.

Ainsi se développait cette douce fleur» tout embaumée der poésie^ à Tombrede Tamour maternel, noble et touchant aentîment, qu'une école maudite, ennemie de la religion et de la famille, veut extirper du cœur humaîn.

Sous le Directoire, pendant la captivité de Pie VI en France, 1m familles chrétiennes en Italie étaient oppressées d'une profonde douleur. Souvent, aux heures du repas, à la veillée, on exhalait une plainte amère. Â la prière du soir, qui se disait en commun d'après l'usage de nos pères, la comtesse Mastai implorait IMeu pour la délivrance du saint pontife, et en môme temps elle priait pour la France coupable. Un jour, c'était en ITlrâ, Jean-Marie demanda à sa mère pourquoi elle ajoutait deux Paier et deux Àw à leur prière du soir. La mère ayant satisfait à sa demande :

^mm c Mais les Français sont donc de méchantes gens! s'ééria viwmeit l'enfant; pourquoi prier pour eux?

-»' «» Mon enfiuit, reprit lit comtesse, c^est xme raison de^Uis pwp prier le bon Dieu; et d'ailleum^ ce n'est pas lenr ftufe, ceet leur goawrnement qui est méchant.

•«« « Il ikit donc prier pour les méchants ?

-«» « Sans donte« Notre Seigneur a prié, en mourant, pour eeuxqtti le^cradfiaient! »

Depuisi renftknt prie avac ferveur pour la^ pauvre France, alors courbée sous le joug honteux et cruel de la révolution ; pouf elle» comme pour lee^ pauvre», il pria celui qui donne aux petite oiseauiL leur pâture quotidienne et au lys de Ist vallée son vêtement de neige.

Ce gracieux enfant, déjà béni parles pauvres, tôt envoyé au collège de Tolterra, où il fit ses études avec distinction*

Son esprit judicieux, sa sagacité de premier ordre y furent reman|ués en niêaie temps que la résolujtion de son caractère. Il avait cette sorte de ténacité propre au génie sûr de lui-* même, qui n'abandonne pas sou avis quand il est convaincu qu'il est dans le vrai. Mais, comme il était en même temps d^une excessive affabilité, ses condisciples Taimaient autant quMls Testimatent. Inclinés devant Tune de ces supériorités, force q»i commande toujours au vulgaire dans le commerce de la vie, ils étaient charmés de sa bonté aussi profonde que son intelfigenco était liante. Ses professeurs Tappréciaient également à sa valeur, et un inspecteur de l'Université impériale, €tr tournée, fhippé de sa physionomie, Tayant interrogé, aprfts avoir demandé des renseîgnenrents sur lui, dit au principal : — c Voilà un jeune homme qui ira loin, pour peu que les circonstances le favorisent. »

Cétait en IBIO. Cette prophétie devait se réaliser. Jean* Hirie achevait ses études au collège, alors Impérial, de Voltarra, les États-Romains étant réunis en ce temps à ce brillant èfiftce appelé' Empire français.

Jeam-Marie Hàstai-Fernetti resta six ans comme pensionnaire dans cet établissement, aujourd'hui dirigé par les rêvérends^pèfres des Écdes^Pies, qui, parmi eux, comptent le P. Giovanni IngUîranhr, Fun des plus savants mathématiciens de ffttliir. (ïnand' lës^ révérends- pères apprirent Tétévation de

Tancien élève de Valterra à la chaire de saint Pierre» ils célébrèrent cet événement par une fête religieuse solennelle/ en actions de grâces, dans leur église de Saint-Michel. Le nouveau pontife leur envoya un superbe calice.

En 181 1 , Napoléon ayant décrété la formation de régiments de gardes d'hanneufj cette troupe d*élite fut recrutée dans les |)ays formant Tempire; la petite ville de Sinigàglia fournit son contingent. Jean-Marie Mastaï en fit partie; il avait alors dixneuf ans. n servit dans le l'** escadron du l**" régiment» composé en grande partie de Français des départements du nord. Le jaune comte Mastaï se montra à Tarmée ce qu'il avait été au collège. Il fut aussi bon soldat qu'il avait été bon écolier, pieuxy distingué» brave» remarqué pour la gravité de ses mœurs» excellent camarade.

II avait déjà cette voix grave et musicale qui vient de l'âme. L'accent de l'honnête homme était dans sa parole. Sous son extérieur simple et modeste, on découvrait une intelligence» un cœur, une espérance» un avenir. Esprit lumineux» parole attrayante» regard sympathique, bon cœur» main ouverte. Il supportait la médiocrité le sourire aux lèvres ; frugal^ se pri* vaut pour soulager les pauvres; studieux, doux et humble de cœur comme les hommes de paix. Il n'avait» ni pour les plaisirs ni pour la toilette» les vanités des jeune3 gens; d'une propreté qui n'exempte pas une innocente coquetterie, il se mettait sévèrement» et n'affectait pas un luxe superflu à son âge et dans sa condition. Il n'atiachait de prix à l'argent que pour le bien qu'il permet de faire aux malheureux. Point de foUes dépenses» point d'orgies qui ruinent la santé avec la bourse^ étiolent le cœur» avilissent et dégradent Tâme en lui ôtantson duvet* Il vivait pour son âme, non pour ses sens. Dédaigneux des jouissances du corps» il n'était sensuel que pour les jouis^ sances morales. Il savait conserver, au milieu des pièges du monde, la chaste et pieuse pureté de son esprit. Grâce naïve et enthousiasme de la vertu. C'était en bonn^ œuvres qu'il

depeanit l'argent qui lui venait, de la tendresse materneUe. Goix qui ont des vertus à satisfiiire sont, par une beuronse ooopeiiaatioD, comme ceux qui ont des vices à nourrir; ib n'icoMmisent pas. Le comte Mastai était presque toujoura sans ai|^t, ce qui, pour lui-même, lui était imlifférent, ne se créant pas de besoins artificiels et n'étant pas l'esdave de son corps. D savait que» faire du bien a ses semblables, se répandre en couvres cachées, secrètes, modestes de charité, c'est la phs gruade jouissance sur cette terre- Dans la voie du bien, la religion affermissait ses pas. Il commandait à ses passions, ce qui lui méritait de commaiider on jour aux hommes. Jamais un soupir^ une parole, unregar4 ne vinrent trahir en lui le regret de cette chasteté. Dans son imag^tîon angélique, il ne concevait pas d'autre félicité que la vertu. Cet amour du bien étemel prenait des formes infirmes, et lui procurait d'infinis bonheurs. U ne voulut pas con^ naître les langueurs, les orages, les vilenies, les lâchetés, les trahisons» les bassesses des voluptés matérielles. Blasphème qm voudra contre cette suprême et pure félicité ! Que les romanciers, que les hommes sans mœurs s'en moquent, pauvres éreintés de la débauche! quelle vile idée ils se font de Thuma* oilé en croyant que tout le monde doit leur ressembler I...

Le comte Mastaï trouvait plus de tendresse et de bonheur dans une larme séchée sur la joue d'un malheureux et dans son cœur, — goutte de sang du supplice d'une âme, — que dans les milliers de désirs assouvis et dans les coupables fté^ missements des voluptés de la chair. U n'enviait pas ces vulgaires attachements. U en ofirait l'holocauste à Dieu. Le feu eéleste qui brûlait en lui consumait tous les désirs charnels. Il ne souffrait pas de ces privations de lubricité et de folie. Sa vie, plénitaide du Christ seul, était un débordement de bonheur. — Une sainte joie. Soufirir pour Dieu eût été doux à son cœur ; mourir pour Dieu eût été son triomphe^ car c'eût été vivre plus tôt de la vie du ciel.

1M* était' lè^eofnter Mbteu

Bés ancièos ^des cKhonneur, qoi'ftfrat ses ovMipagiHmr aràs \e9 dNipeaux , se le rafppellent encore ra]<mrd'hui a^ec plaisir» et' son élévation les a trouvés sans étûnnement. C'est* fe'faît des' natures supérieures de se révéler dans les moindres choses et d^ns toutes lés conditions sociales; Bh passant » elles hissent après elles qudque chose comme un parfum moral qui révèle leur existence, et se conserve dims l'esprit de ceux qui les ont connues. Elles frappent à ce point que rarement* on 1^ ou&lle , et là nouvelle de leur avènement aux grandes fonctions ne surprend pas; Il est rare que les hommes auxquelis lit Providence a dévolu une mission sur la terre n^kient pas laisse' èe profbnds souvenirs chez ceux qui les ont précédemment connus.

Après la chute dé Napoléon , le comte Mastaî^Fërretti , qui pendantiqueltiue temps avait hésité sur l6 choix d^ùnre carrière, se décida à poursuivre celle qu'il avait embrassée. Il accepta du service dans un régiment autrichien. Cette résolution a besoin d'explications. Le gouvernement pontifical n'avait pu encore reformer une armée. Pour reconstruire ce que le vent ffarîêuK dé \k révolution avait abattu, il fallait beaucoup de temps; Les ruines sont* plus faciles à faire quli relever. Eu quittant Fontainebleau , à la fin de 1813, le pape Pie^YH était revenu àr Rome , oii il avait été accueilli avec un immense en* thousiasme par un peuple, non alors circonvenu par les anarrchistes; Hais connue tout est dévasté là où a passé la révolution, la tâche de restauration était complète. Il s'agissait dé tout réorganiser, de reconstruire ce qui avait été démoli. Cette situation des États Romains explique le parti que prit le jeune comte Mastaï. Il fut froidement aocueilli par les officiers autrichiens; car, depuis la chute de Bonaparte, on regardait avec dé<5stveur ceux qui l'avaient servi. Plus on s'était montié courtisan de sa fortune , et plus on affectait d'insulter à ses

nvcrs! Le^ ooras himaâm a: tautes lu vanéttt.de basflANA ek dehontow C'est le péobé originel.

Amples avoir quitté le service dans Taroiéa aulmaj^ienoaii 1« comte Mastaï-FerjreUi entra dans la garde-noble ,. que Pie Ylf étuteofin parvenu à créer,. La comtesse, aa mère, eut pnéféni le voir embrasser l'état ecclésiastique. Ses prières^ furent eiancées à la suite d'ime douloureuse maladie que: fit Jeaiir Marie. Les médecins l'avaient condamné. Mais la pmtection de la divine mère de Dieu n'a jamais fait défaut à ùm% qui Finvo^uent avee foi. Saint Bernard a proolamé cette >vér)kt eeoficmée par l'expérience* Les, pauvres incrédules sourinmt^ lee infortunés ! mais ceux-là nous rendront témoigna cpii , dans l'adversité et les périls , abandonnés de tous, et a«» q^ tout secours humain était impuissant, ont été saavés pat l'effet de la miraculeuse protection de la sainte Vierge. U m fiitainsi du comte Mastaî. II pria avec persévérance et ferveur fat reine des cieux, sous la protection de laquelle la tendresee inteiligrate.et pieuse de sa mère, l'avait placé, et la guértaon qnî en advînt» contre toutes les prévisions de la seienee, fit au feeprit du jeune comte une de ces impreeaiana saqmiiies qn détërimQent les. vocations.

htààé à embrasaer l'état ecdéeiastiqne, il se rendit à^Romè pour y nuvre les cours de thécrfogie. Il y fbt ensuite ordonaA prêtre, et reçut la tonsure des mains de monseigneur GaéUm iMonIri, depuis évèque de Yolterra. Pendant les premiëres amées de son sacerdoce, il vécut dans l'obscurité , dans l'ku<nilité. n se plaisait dans la sodété des pauvres , qu'il sonk^» fHÎt bien au delà de ses ressouroes, et des ouvriers^ dont il tediait les besoinsi On l'appdait d^ Vomi dm hm^^

Bv 1817, vivait à Rome un entrepreneur de ma«omierie qui, à fwee de travail et de conduite, s'était amassé une somme d:aisg«Qt. G^étatt uu homme religieux. IL résolut de eoneac^er le produit de ses sueursfécondes à la fondation d'un

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Bospice pour les ouvriers maçons pauvres et malades. Il se rappelait avoir souffert beaucoup lui-même , et la fortune n'avait pas corrompu son cœur. Ce pauvre hospice, appelé Tata Giovanni, fut établi dans le pauvre quartier d'Argentina , à Rome. Le brave ouvrier n'ayant pu le doter suffisamment , Tabbé Masta! s'associa à lui, et y consacra chaque année la plus grande partie de son revenu. Un autre ecclésiastique , M. l'abbé Muzi , prit également part à cette bonne œuvre.

Quelques années après , monseigneur Muzi était envoyé au Chili, par le gouvernement pontifical, comme vicaire apostolique; il s'adjoignit l'abbé Mastai comme auditeur. Leur mission n'eut pas les résultats espérés , l'Amérique méridionale étant infestée de ce rationalisme impie qui avait prévalu en France à l'assemblée nationale lors de la constitution civile du dergé.

Pendant son séjour dans ce pays , l'abbé Mastai en visita les missions. Un jour qu'il se rendait sur une goélette chilienne de Yalparaiso à Lima , il fut surpris par une tempête , et sauvé par un pécheur du nom de Bako , qui fit entrer le bâtiment en péril dans le petit port d'Arica. L'abbé Mastai alla rendre visite à son libérateur. C'était un pauvre homme , vi^ vaut avec sa famille dans une froide cabane, au bord de la mer. L'abbé Feretti lui laissa une bourse contenant quatre cents piastres.

Long-temps après, le cardinal Mastaî-Ferretti , étant parvenu au pouvoir suprême , se souvint du pauvre pécheur du Chili, n lui fit parvemr une somme d'argent et son portrait. Bako , devenu par son travail riche propriétaire^ a distribué l'aumône du Saint-Père aux pauvres , et a placé son image vénérée dans une chapelle qu'il a fait construire au sommet de son habitation, et qui domine la mer. Là, les voyageurs vont s'agenouiller , et le vieux Bako leur raconte son histoire en leur montrant les traits augustes du souverain pontife.

L'abbé llastaï-FeiTetti, de retour à Rome en 1SSK, j fût admis dans la prélature*

Il fiit ensuite nommé président de Phospice de Saint-MiéML t à Ripa Grande. Il avait parcouru tous les premiers degrés hiérarchiques ; on peut bira dire de lui qu'il ftit Tenfent de ses œuvres.

Bans cette importante fonction , il déploya les qualités émi« nentes et pratiques , les vertus modestes qui l'avaient tant fait chérir des pauvres et des malades de Tata Giovannu Grâce à son esprit d'ordre» à sa sagesse , à sa charité , à sa douceur et à la supériorité de ses talents administratifs, cet important établissement fut admirablement bien dirigé.

En 1827» Léon XII» dans un consistoire» éleva Fabbé Mastaî à rarchevéché de Spolète. Il administra pendant cinq années ce diocèse avec une sollicitude pastorale » une activité» un zUe qui lui concilièrent la confiance et l'affection de ses diocésains» rempfis d'admiration pour sa capacité» seslumi^^ et ses vertus. En 1832» Grégoire XVI le nomma archevêque d'Imola. Il y apporta la même sollicitude. Il s'occupait luinnême des détails de T administration des établissenmits charitables. Il en fonda de nouveaux» entre autres une maison de retraite pour le clergé , qu'il dota; une académie biblique» dont il rédigea les réglmnents et dont il réunissait les membres dans son palais» une fois par mois » pour traita des sujets tirés des livres sacrés. JQ ajouta de nouvelles constnie* tiens au palais épiscopal» décora splendidement» à ses frais»

la chapelle de Notre^Dame^des^D&uleurs , dans TégUse des Servîtes , et fit réparer le tombeau de saint Cassien. Il appela les dignes sœurs de Saint-Yincent-de^PauI à l'hospice et aux établissements charitables d'Imela ; il ouvrit , dans le séminaire diocésain, un asile gratuit aux jeunes clercs sans fortune, accueillit les orphelins des deux sexes , et procura aux enfants des classes pauvres le bienfait de F instruction. Il corrigea partout, de sa main prudente et ferme , les abus existants, se yiéjpaâMl Ainsi,. sans le savoir, an gouvertiemeiit defllglise, que Dieu lui avait réservé.

'UtfondaeneotseÀimok unemaisen de refuge pour les filles j^jj^eatiiee , rat un âsîle pour eeUes dont la vertu pouvait caurir iè» 4m^TB dans le monde* U fit venir:, pour l'aidôr dois cette œuvre 9 des religieuses du Bon-'Pasteur ^ d'Angers», JMÎJita» femmes qui se eansaecent à k direction ^cs^tablîBseimpôts pour les jaunes femmes tombées dans le vice » qui ^ftuldfltt revenir à la vertu.

L-archevéque d'Imola était alors cardinal ( depuis le 14 délaemhre 4840 } ,'et il n'avait vu dans cette élévation nouvelle qu'un moyen de faire encore plus de bien* Sa chanté s'auginantaUjorec ses ressources. Cet homme évangélique la pous* nuit An delà de k prudœce pour lui-même. Un jour qu'il ne .luiMStait plus un sou dans sa maison, car il avait tout donné, >mie pauvre femme étant venue lui demander l'aumône , le -fiflint prélat prit un couvert d'argent sur sa table, et le don>jiant alla mendiante : — «uPrenez, lui dit*-il, allez le mettre -an lllontHde-^iété ; je le retirerai quand j'aurai de Tar- «gant. »

âonidaniesttque, après avoir cherché inutilement le cou- "tvart*, ^t lui avouer qu'il avait disparu. Le bon prélat hii dit ^niioiinMit qu'il en avait diaposé.

On pounnk citer deB milliers de traits sembkbles ; encore •bwlwnjpaiai^la restés ineonm», car il >se cachait pour les Msnoifixf. La diarilé véritable est modeste et s'mraure de

mystère; elle garde , autant qu'elle le peut, rinoognito. Heureusement, pour ^édification publique, la gratitude est indiscrète.

Dans sa ville épiscopale » le cardinal Mastaï-Ferretti avait ces habitudes religieuses et simples qu'on admire aujourd'hui sur le trône pontifical.

Les dévouements sont sublimes qui sont modestes et igno« rés. L'élévation n'avait pas changé son cœur. C'était toujours le même homme , d'une piété tendre » active , tolérante, la charité en actions. Il n'avait pas perdu la passion de soulager les misères de l'âme et du corps, qui se tiranent parfois de si près» Il portait la vie et la santé où il portait Dieu. U combattait la misère par ses bienfaits , et la mort par l'immor* tilité;

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