INTRODUCTION XIII
arraché de l'autel au pied duquel il est venu chercher asile, le pontife est en pleurs, son doux courage s'attendrit et s'indigne tout ensemble... Comment le peindre? et où trouver à ce degré le spectacle d'une âme à la fois ardente et contenue, capable de mesure autant que de transport, émue de passion mais recueillie dans la paix , et n'en descendant forcément que pour y remonter aussitôt, et rentrer par la prière dans l'union avec Dieu?
Dieu, en effet, fut le centre de son cœur et de sa vie ; et si déjà la nature de l'homme est si excellente dans Ambroise , quelle ne fut pas la grâce du saint et du pontife! Le jour où, comme il disait, la beauté de Jésus-Christ lui apparut, il quitta tout pour le suivre, et se dévoua sans réserve à la gloire de Celui qu'il nomme toujours « mon Maître » , comme un ambassadeur en parlant de son roi. Docteur et pasteur, orateur et poëte, moraliste profond, vaillant apologiste et savant théologien , à tous ces titres Ambroise est le ministre , le prophète, l'apôtre et le zélateur de l'amour de Jésus-Christ.
Chez lui , cet amour enveloppe et consacre les autres , mais il ne les étouffe pas ; car quelle est l'affection légitime et digne qui n'ait obtenu son culte dans cette âme complète? Qui a mieux honoré et chéri la famille, l'amitié, la patrie? Son souvenir dans l'histoire ne se sépare pas de celui de sa sœur Marcelline et de son frère Satyre. Ses plus belles lettres sont celles qu'il écrit à cette sœur virginale