Eterne rerum conditor, etc
Comparez avec le passage de VHexaméron de saint Ambroise, v. 88 : Est gain eantus suavis in noclibus, etc. Ce sont identiquement les mêmes pensées en prose.
Je me sers ici , pour les hymnes d'Ambroise, de l'excellente édition annotée du D"' Biraghi, qui corrige souvent celle des Bénédictins.
Cette édition, enrichie de savantes et considérables observations, eèl précédée d'une belle étude critique en neuf chapitres , traitant à fond de l'authenticité des hymnes et des règles qui l'établissent, des divers recueils qui en ont été faits, de la métrique de ces strophes, et de leur valeur littéraire et théologique. Tous les textes ont été collationnés sur les manuscrits conservés à la bibliothèque Ambrosienne et ailleurs.
silique s'ouvrait , et Ambroise y conviait les fidèles de Milan pour la prière publique. Dans ses instructions il avait coutume de leur répéter : « Prenez sur votre sommeil; dérobez-lui quelque chose; le matin^ hâtez-vous de vous rendre à l'église et d'y porter les prémices de vos vœux, comme le chantait le Psalmiste : « Seigneur, mes « yeux ont devancé le jour pour méditer votre parole. » Qu'il est doux de commencer la journée par les hymnes, les cantiques et le chant des béatitudes ' ! »
En effet, c'était l'heure à laquelle Ambroise plaçait sur les lèvres des chrétiens un magnifique cantique, qui commençait ainsi :
« Splendeur de la gloire du Père, épanchant de ton sein l'éternelle clarté , lumière de lumière et source de la lumière, jour qui éclaires le jour, viens répandre dans nos âmes les feux de ton Saint-Esprit *. »
Le soir, que le poëte appelait « l'heure de l'encens ou des flambeaux », ramenait un chant calme et doux, encore plus beau que les précédents :
« Dieu créateur du monde, Roi du ciel; toi qui donnes au jour la clarté , et à la nuit le sommeil pour soulager nos membres en reposant l'esprit et consolant le cœur ,
« Grâces te soient rendues. Le jour est fini , la nuit commence, accepte nos prières; aide-nous à acquitter le tribut de nos vœux.
« C'est toi que nous voulons chanter du fond de nos
1 Somnum tuuin bona fraude fraudato. Mane festina , et ad ecclesiam defer primilias voti pii.
2 Splendorpalernœgloriœ, De luce lumen proferens ; Lux lucis et fons luminis, Diem dies illuminans.
(Hymn. xii, p. \ 13.)
âmes; c'est toi que notre voix célèbre, ô Dieu qu'un chaste amour honore, et que chérit un cœur détaché de la terre.
« Quand le voile des nuits nous aura caché le jour, laisse- nous encore te foi qui. ne connaît pas de ténèbres, et que la nuit soit éclairée de son flambeau.
« Ne permets jamais que notre esprit s'endorme; que seul le péché sommeille. Que ta pensée visite nos songes, et que l'ennemi jaloux ne vienne pas nous surprendre en jetant l'épouvante au sein de notre repos '. »
D'autres hymnes embellissaient les grandes fêtes de l'année, en célébraient les mystères ou en rappelaient le rit.
A Noël, l'hymne des vigiles glorifiait l'avènement du « Rédempteur des nations, s'échappant du sein de sa mère comme le soleil du sein d'une aurore immaculée - ». — « Le bienheureux Ambroise, écrivait Gassiodore, a mis dans son hymne de la naissance du Seigneur la fleur de son éloquence, comme s'il avait voulu que son hommage fût digne d'une si heureuse fête ^ »
A l'Epiphanie, ou aux Épiphanies, comme on disait alors , Ambroise célébrait trois manifestations : celle de
1 Deus Creator omnium, etc. (Hymn. xvii.)
Saint Augustin la cite également dans son livre de Musica (lib. VI, cap. ix), commencé à Milan en 387. Il s'en servait aussi pour se consoler de la mort de sa mère à Ostie : " Ut eram in lecto meo solus, recordalus sum veridicos versus Ambrosii tui. Tu es enim
Deus Creator omnium , etc.
Atque inde demisi lacrymas, et cor meuni requievit in eis. » (Aug. Confes. lib. IX, c. xii.]
2 Hymn. i, p. 49.
3 Beatus Ambrosius hymnum natalis Domini eloquentise suae pulcherrimo flore compinxit, ut plus sacerdos festivitate dignum munus ofTerret. (Cassiodor. in Psalm. via.)
l'Enfant divin aux Mages, celle de l'Agneau de Dieu au baptême de saint Jean, et celle de Jésus aux noces de Gana. « Ces trois Épiphanies, dit le même Cassiodore, sont merveilleusement chantées dans les strophes d'Ambroise, et sa poésie y brille d'un vif éclat '. »
L'hymne de Pâques glorifiait la victoire du Christ nonseulement sur la mort, mais encore sur le péché, dans le pardon du bon larron , à qui Jésus avait ouvert le paradis *.
L'hymne de la virginité, celles de sainte Agnès, de saint Pierre et de saint Paul nous sont déjà connues. Il faudrait citer aussi celle de saint Laurent , celle de saint Jean l'Evangéliste, strophes simples, parfois naïves, souvent dures d'harmonie, entachées de quelque recherche, mais toujours enflammées de l'amour surhumain qui fait les martyrs, les apôtres et les vierges.
Toutes ces pièces lyriques ont été confrontées par une savante critique avec les ouvrages et les discours d'Ambroise ^ C'est la même doctrine, ce sont souvent les mêmes termes il'évêque et l'orateur se retrouvent dans le poëte. Seulement le plus souvent il arrive que la prose est moins énergique et moins expressive que les vers, comme cela devait être. Le privilège de la poésie est qu'en resserrant l'expression de la pensée dans un espace mesuré, elle la fait jaillir jusqu'aux limites supérieures du beau.
Ces chants sacrés furent bientôt dans toutes les mémoires; ils devinrent si célèbres que le nom d'Ambrosianum fut pris pour signifier une hymne de l'Église. Nous les verrons arracher des larmes d'attendrissement aux
1 Cassiodor in Psalm. lxxiv, v. 8. Comparez cette hymne avec le Commentaire d'Ambroise sur saint Luc , liv. VI , n. 84.
2 Hymn. m, p. 63. Saint Césaire d'Arles l'indique et en prescrit le chant dans sa Règle des vierges, vers l'année 507.
^ V. les textes cités et comparés dans les notes et observations du l*"" Biraglii.
yeux de saint Augustin; Monique se les rappellera à Cassiacum, et son fils à Ostie. Saint Ennodius, évoque de Pavie dans le v^ siècle , confessera qu'il fait ses délices de les chanter, et qu'il y retrouve ce miel que les abeilles déposèrent sur les lèvres d'Ambroise '. Cassiodore plus tard en charmera sa retraite deSquillacedans la Calabre. Puis ce sera toute la chrétienté avec saint Isidore de Séville , saint Ildefonse de Tolède, le vénérable Bède d'Angleterre, et les évêques de la Gaule , comme saint Gésaire d'Arles, et les moines de Lérins , qui les apprendront; tandis que l'Eglise romaine les consacrera universellement en les faisant entrer dans son Office public.
11 serait intéressant maintenant de savoir quelle était la nature de la musique adaptée à ces hymnes, et qui fut depuis célèbre sous le nom de Chant Ambrosien : rien n'est plus difficile. Le chant qui porte ce nom dans l'Église de Milan ne se distingue pas, .d'une manière sensible, du chant grégorien, venu un siècle plus tard*. Quelques historiens ont cru que le grand évêque avait fait, parmi les nomes ou airs sacrés de la Grèce, un choix de mélodies qu'il appliqua aux hymnes et aux Antiphonies de l'Église latine ^ « Mais comment supposer , dit un excellent critique , que les chrétiens , après avoir jure d'exécrer les idoles, aient mis leurs hymnes saintes sur
1 Canlem quae solitus cum plebem pasceret ore Ambrosius vates, carmina pulchra loqui... Qualis in hyblœis Ambrosius eminet hymnis Quos posilo cunis signiticastis apes.
2 Cette confusion entre le chant Ambrosien et léchant Grégorien existe dans le livre que Camille Pegro, prèlre de Milan, a publié sous le lilre de la Regola del canto fermo Aiabrosiano. (Milan, 1622, in 4».)
3 M. F. -J. Fetis, Biographie universelh- des musiciens, tome I. p. cxlviij. (Bruxelles, 1837.)
les airs qui servaient à célébrer les faux dieux ' ? » Ce qui paraît plus certain, c'est que l'ancien système musical des Grecs étant très-compliqué, Ambroise le simplifia en réduisant à quatre les quinze modes qui étaient employés anciennement ^. Quant aux règles de sa mélodie et de son mouvement, Gui d'Arezzo les réduit à celles de la prosodie, dans ce passage : «Il y aie chant de la prose, et il y a le chant des vers. Les chants poétiques doivent être exécutés comme on scande les vers, en observant la mesure des pieds : tel est le caractère de cette espèce de chant que l'on a appelé métrique. On le nomme aussi Ambrosien, parce que saint Ambroise l'a introduit dans son Église comme étant le plus doux et le plus agréable ^. »
En dehors de là, ce que l'on peut savoir du chant Ambrosien, c'est qu'il appartenait à ce genre de musique grave, populaire et solennelle, qui, sous le nom de plainchant, a traversé les siècles , et à laquelle reviennent le bon sens et le bon goût, après les aberrations trop prolongées de l'esprit de frivolité et d'innovation.
Les hymnes s'entremêlaient avec le chant des psaumes
1 Revue de la musique religieuse , etc. 2« année, p. 6b, 66, par M. Danjou, bibliothécaire à l'Arsenal, orcfanisle de la métropole de Paris. (Paris, 1846.)
2 Ces quatre modes étaient le dorien, le phrygien, l'éolien, le mixolydien. Voir sur cette simplification M. Danjou. [Ibid., p. 66.)
3 Guido Arelinus, cap. xv, cité par dom Jumilhac : La Science et la pratique du plain- chant , ch. ii, p. 140 et passi'm. (2^ édit. ; Paris, 1847, in-4".)
Ambrosiana vero musica, cujus nolœ iuaequales mensuram variant , vocatur mensuralis et nova, Ambrosiana vero ab auctore. ( Aldsted. de Musica cap. x.)
Ambrosius, ut ait Guido, cum ecclesiaslica describeret cantica , in sola dulcedine mirabiliter laboravil. (Franchin. lib. III MusicT practic, cap. XIV.)
que saint Damase avait organisé à Rome en 371, et qu'Amhroise avait trouvé établi à Milan. « C'est l'excellence propre des psaumes, écrivait-il, d'être comme le remède universel des âmes. Quiconque les lit y trouve le baume spécialement propre à sa guérison. On croirait en vérité qu'ils ont gardé la vertu de chasser le méchant esprit, comme la possédait le Psalmiste quand il jouait de la harpe en présence de Saiil... Histoire, prophétie, morale, il y a tout dans le Psaume. La prédiction de l'avenir, voilée chez les autres prophètes, est claire chez David. Là nous voyons Jésus naître, souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel, s'asseoir à la droite du Père : c'est, pour ainsi dire, le prélude de l'Evangile '. »
Ambroise a raconté l'élan universel avec lequel ces saints cantiques étaient chantés par tout le peuple de son Eglise. « Le psaume, écrivait-il, c'est le chant du soir et le chant du matin. L'Apôtre commande aux femmes de se taire dans l'église; mais elles ont le droit d'y chanter les psaumes. C'est l'hymne de tous les âges comme de tous les sexes : entendez les vieillards , les jeunes gens , les vierges et les plus jeunes filles moduler ensemble ces chants chastes et doux. Les enfants tiennent à le savoir, et eux qui d'ordinaire ne veulent rien apprendre aiment à le retenir. Que de peine n'a-t-on pas à obtenir le silence dans l'église pendant les Leçons? Si l'un parle, tous bourdonnent. Mais le psaume est-il entonné, aussitôt le silence s'impose de lui-même : tous le chantent sans tumulte. On le dit à la maison, on le répète dans les champs : c'est l'hymne de la concorde ; car quel lien des âmes n'est-ce pas que ce chœur formé par tout un peuple? Qui donc refuserait de pardonner à celui dont la voix, à l'église, s'est mêlée à la sienne ? Les cœurs sont alors comme les cordes d'une harpe qui , rendant chacune leur son , for-
• Amhros. in xii Psalmos Prœfnlio, n. 0,0, 7; t. 1, p. 739.
ment un vaste concert. L'esprit du Psalmiste est demeuré dans son œuvre : à sa voix nous voyons les plus impitoyables se laisser attendrir, et les plus durs fondre en larmes •. »
Dans l'intervalle de ces psaumes, Ambroise montait en chaire, afin d'en donner l'explication au peuple.
On place entre les années 385 et 387 l'interprétation du psaume cxviii®, avec le commentaire de l'Évangile de saint Luc. Le commentaire est grave, simple, toujours élevé, spécialement dirigé dans le but de prouver que Jésus- Christ est Dieu, avec de beaux mouvements de sensibilité sur les malheurs du temps, plein surtout d'utiles leçons pour la conduite de la vie. L'interprétation du psaume cxviii® est un plus grand ouvrage. Ce psaume est un long poëme qui défie en grandeur, en divine pureté, tout ce que l'enthousiasme a jamais pu placer sur les lèvres de l'homme. Alors que de toutes parts la poésie lyrique des nations cultivées ne chante que les triomphes de la force brutale ou les jouissances grossières, le roi -prophète exalte le bonheur de la justice, les joies de l'innocence, la sublimité des choses invisibles, et les pacifiques victoires du Dieu des miséricordes. « Bienheureux ceux qui sont immaculés dans leur voie, et qui marchent ainsi dans la loi du Seigneur -. » Tel est le début de ce cantique qui fournit à Ambroise vingt-deux discours de morale. C'est une morale générale, sans nulle allusion aux tempêtes qui, à cette époque, grondaient autour de" la chaire de l'évêque de Milan. Seulement çà et là l'âme vaillante d'Ambroise éclate dans des explosions d'éloquence où il
1 Hic omni dulcis aetali , hicufrique aptus est sexui... Quantum laboratur in ecclesia ut fiat silenlium, cum lecliones legunlur! si unus loqualur, obstrepunt universi. Cum psalmus legitur, ipse sibi est effeclor silenlii : omnes loquuntur, et nullus obstrepit, etc. [Ibid., n. 9.)
2 V Beati immaculati in via, qui ambulant in lege Domini. »
(Psalm. cxviii.)
parle de la persécution en homme qui l'a connue et qui ne la redoute pas.
« Les méchants m'ont poursuivi injustement, dit le Psalmiste, secourez-moi, Seigneur ! » De même qu'un bon soldat ne craint pas la guerre, de même un vrai fidèle ne souhaite pas de voir cesser toute persécution : il lui suffît de conjurer Dieu de le secourir. 11 sait que vivre dans l'amour de Jésus-Christ c'est soufTrir ; et que ne soutïrirait-il pas pour vivre dans le Christ? Aussi, l'oserai-je dire? lorsque nous n'avons plus de persécution à endurer, il semble que Dieu nous réprouve comme si nous refusions de vivre dans son amour. Car l'épreuve de l'amour est le combat de la foi '. »
Ici se reportant avec une admiration jalouse vers les combats glorieux que l'Église avait soutenus au commencement de ce siècle : « Quel beau temps ce fut pour nous que celui de la persécution! s'écriaitle grand athlète. L'âme chrétienne était toujours tournée du côté de Dieu comme un mendiant qui demande sa vie. Toujours tenue en haleine, elle s'unissait au Seigneur par une constante prière, sans qu'aucune distraction la détachât de son objet. La prière jaillissait du fond de nos entrailles : c'était un incessant entretien engagé entre le Ciel et nous. Une méditation journalière nous inspirait le mépris du danger, et comme l'habitude de fouler aux pieds la mort. Nous n'avons plus cette épreuve : c'est dommage. La paix nous fait plus de mal que la persécution... Quand les apôtres souffraient le martyre, ils n'avaient nul souci des dignités, des commandements, des places qui peuvent tenter le cœur même
1 Quasi bonus miles bella non refugit.., non petit ut perseculiones quiescant; sedin persecutionibusse postulai adjuvari. El fortasse cum perseculiones non palimur, tanquam condemnali hal^emur. (Ambros. in Psalm. cxviii sermo .\i, n. 21.)
LES HYMNES D'ÂMBROISE 317
du juste. Mais celui-là, parmi eux, se croyait le plus honoré qui avait le plus à soufirir ' ! »
Les souvenirs qu'Ambroise retraçait dans ce tableau étaient encore récents dans la ville de Milan. Entre les martyrs nombreux qu'elle avait donnés au ciel était Sébastien, qui, sous Dioclétien, avait montré un si généreux mépris de la fortune et de la vie. Ambroise rappelait son exemple à ses compatriotes. « Citons encore, leur disait-il, le martyr Sébastien, dont la fête tombe en ce jour. 11 était né à Milan. Mais soit que le persécuteur eût quitté notre ville, soit qu'il n'y fût pas venu, ou qu'il se fût radouci, Sébastien vit que le combat languissait en ce lieu. Alors : il court à Rome, où la persécution sévissait cruellement. C'est là qu'il a reçu la mort, que dis -je? la couronne; et la ville de Rome, dont il n'était pas le fils, lui a donné chez elle l'hospitalité d'une gloire impérissable ^ »
« Ne craignons donc pas les épreuves , disait ailleurs Ambroise, bien plutôt tirons-en gloire et disons avec Paul : « C'est quand je suis faible que je suis puissant, car c'est alors que m'est préparée. une couronne de gloire. » Quand vous serez persécutés, pensez à cette couronne. Mais renoncer au combat, ce serait renoncer à la palme ; et fuir la peine serait vous priver du triomphe ^ «
« Otez les persécutions, il n'y a plus de martyrs: il n'y a plus de ces âmes qui savent vaincre le siècle en donnant leur vie pour le Christ. Les faibles, en voyant s'élever la tempête, s'écrient : « Seigneur, pourquoi livrer votre peuple à la fureur des tyrans? » Et cependant, quel est celui qui n'envie aujourd'hui le sort de ceux qui souffrirent pour
1 Quam pulchre nobis processere persecuLionis tempora ! intentus eral sicut mendicus intimis ad Deum mentis affectus ; illi adhaerebat, etc. (Ambros. in Psalm. cxviii sermo xi , n. 22, 1. 1 ; p. 1111.)
2 Utamur exemplo Sebastiano martyris, cujus hodie natalis est. Hic Mediolanensis oriundus est, etc. (Ambr. in Psalm. cxviir sermo xx, 44.)
■i Hxposit. Evang. scr. Luram lib. IV, n. 41 ; t. I,, p. 1345.
leur Dieu ? et qui donc , à ce prix, ne donnerait toutes les félicités du monde ' ? »
Dieu a donc fait des cœurs , chefs-d'œuvre de sa grâce, qui, au sein même de leurs maux, jouissent* dès ici -bas, par anticipation, de cette béatitude dont Jésus-Christ a dit : « Heureux sont ceux qui souffrent persécution pour la justice ! »
Si telle était la noble ambition d'Ambroise , elle n'allait pas tarder à être satisfaite.
1 Toile persecutiones , et martyres deaunt, etc. (In Psalm. cxviii Bermo xiv, n. 17.)