CHAPITRE XXIX
Principalat de Robert Dugast. — Préparatifs pour l'érection de Sainte-Barbe en collège fondé. — Insurrection de 1557.
Il esttemps'de faire connaissance avec cet homme dont le nom , prononcé presque au début de cette histoire, n'est apparu jusqu'ici que comme celui d'un implacable ennemi de notre collège.
Robert Dugast naquit le 16 juillet 1474, dans un lieu inconnu du diocèse d'Évreux *. Elevé pour l'état ecclésiastique, lorsqu'il eut reçu les ordres, il desservit successivement les paroisses de la Neuville-d'Aumont en Beauvaisis et de Saint-Nicolas les Alleux près de Poissy \ Ensuite Simon Dugast, son oncle , propriétaire et principal du collège Coqueret, le fit venir à Paris pour le mettre en état de diriger après lui son
4. Duboulay, Hist. Univ., t, VI, p. 974 ; Testament de Robert Dugast, aux Archives de l'Empire, M. 189.
2. Acte de fondation de Sainte-Barbe, dans Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. III , p. 652.
établissement, qu'il lui légua par testament. Il n'avait point encore ses grades universitaires : il ne prit la maîtrise es arts qu'en 1512 ', vers Fépoque où nous avons vu qu'il se rendit acquéreur de Sainte - Barbe.
Le vieil bistorien de Paris, Jacques Dubreul, raconte que INicole Coquerel , de qui Simon Dugast tenait le collège Coqueret, n'avait eu d'abord que la propriété de l'établissement, et que par la suite du temps il avait usurpé celle du fonds sur le collège de Keims, « par subtilité de locataire -. >; De même, par subtilité de propriétaire, Robert Dugast, qui n'avait acheté que le terrain et les bâtiments de Sainte-Barbe, se rendit à la longue propriétaire de l'établissement. Il eut ainsi dans les mains deux florissants collèges, et posséda les deux extrémités du territoire qu'emjjrasse la Sainte-Barbe actuelle ; car l'un des bâtiments, où sont logés aujourd'hui les élèves aspirants aux écoles spéciales , fait partie de l'ancien fonds de Coqueret. Comme les statuts universitaires s'opposaient à ce qu'une seule personne dirigeât plus d'un collège à la fois, Robert Dugast afferma Sainte- Barbe, et garda pour lui le gouvernement de Coqueret.
On ne peut pas douter de sa capacité quand on voit le rang où il éleva celte dernière maison.
Tout en se livrant pour son compte à l'étude du droit ecclésiastique, qu'il professa depuis aux écoles de la rue Saint-Jean de Beauvais, il fut auprès de la jeunesse l'un des propagateurs intelligents du nouveau