‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 17 sur 147 · Duboulay, Hist. Univ., t. V, p. 622 , 906; Launoy, Regii · texte numérisé non relu

Duboulay, Hist. Univ., t. V, p. 622 , 906; Launoy, Regii

iVWcrtrr/-^, etc., p. 215 et .^92.

DE SAIME- BARBE. 39

remportent les minorités ; ils en furent embarrassés quand ils virent le petit nombre de ceux qui partagèrent leurs transports, et au moment d'exercer l'empire, ils éprouvèrent une hésitation qui trahit leur faiblesse. Alors leurs adversaires, honteux de s'être laissé surprendre, commencèrent à se dire qu'avec de la discipline et un peu plus de vigilance ils auraient facilement évité l'affront qu'ils subissaient. Lorsqu'on se repent d'avoir été battu, on est bien près de vouloir prendre sa revanche. Il n'en fallut que trois ou quatre comme Martin Lemaistre pour provoquer de la part des nominalistes une manifestation imposante. Avant même que les livres eussent été enlevés des collèges, l'envoi d'une ambassade fut voté à une immense majorité, pour obtenir du roi qu'il fût remis seulement un exemplaire des auteurs prohibés et que les autres restassent enchaînés dans les bibliothèques.

Les livres en ce temps-là étaient encore en petit nombre , presque tous manuscrits et d'un gros volume. On ne pouvait les mettre aux mains des écoliers; ils étaient assujettis sur des pupitres dans une salle à part, oii on allait les consulter. Lorsque les classes vaquaient, ils étaient fermés sans quitter les pupitres, et une chaîne passée par-dessus avec un cadenas au' bout de chaque rangée empêchait de les ouvrir. Telle était la grâce qu'on demanda pour les auteurs de l'école d'Ockham, et qui fut accordée par Louis XI, en dépit de ce que purent dire ou faire les réalistes*.

Page 1