‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 38 sur 110 · C'est celle qui donne entrée au n° 1 8 de cette rue · texte numérisé non relu

C'est celle qui donne entrée au n° 1 8 de cette rue

2. Mémoire manuscrit sur le collège, daté du 12 mars 1763, et Devis de construction, aux Archives de l'Empire, S. 6560.

personne du duc d'Engliien, après la dispersion de l'armée de Condé. La mort du prince le fit rentrer en France, si complètement dénué de ressources, qu'il se trouva heureux d'être agréé comme maître d'étude à Sainte-Barbe. Une circonstance fortuite révéla sa valeur à M, de Lanneau.

En ce temps- là, le directeur de Sainte-Barbe présidait lui-même au repas des élèves. Les maîtres étaient placés au bout des tables, et n'avaient pas à s'occuper de la surveillance générale. Unjour, pendant le dîner, M. de Lanneau est appelé dehors pour une affaire pressante. Son absence se prolonge, et les convives commencent à s'émanciper. Les maîtres recommandent en vain le silence. Alors M. Massin se lève de table, et se plaçant au milieu du réfectoire, il parle stir un ton dont l'autorité impose sur-le-champ aux élèves- M. de Lanneau, charmé d'avoir trouvé un honnne qui avait de l'initiative et qui savait tenir la jeunesse, saisit la première occasion de faire monter en grade son maître d'étude. Il lui délégua une partie de ses pouvoirs pour la direction du travail et le maintien de la discipline.

Ceux qui furent écoliers en ce temps-là se souviennent de M. Massin comme d'un maître qui les faisait obéir et travailler. Sa manière n'était pas celle de M. de Lanneau. Il était doux et caressant, méticuleux dans toutes les parties de son service, s'arrêtant volontiers aux menus détails, aimant à réglementer, à multiplier les écritures et les proclamations. Il n'avait pas encore fait le sacrifice de diverses pratiques surannées que d'autres instituteurs cherchaient alors, et cherchent encore aujourd'hui, à maintenir dans l'éducation. Par exemple, il aurait été heu-

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reux de voir rétablir à Sainte-Barbe les exercices d'apparat, pastorales récitées avec des costumes, représentations théâtrales en français, en latin, en grec : toutes choses que le Directeur n'approuvait pas, qu'il taxait au contraire de démonstrations trompeuses, « où quelques élèves, préparés de loin aux dépens d'un plus grand nombre, viennent à l'aide de compères façonner la réputation d'une maison'. » Mais les différences d'opinions, de caractère, de conduite étaient effacées par la confiance sans bornes que le lieutenant avait en son chef. M. Massin, à Sainte-Barbe, n'eut pas d'autre ambition que de satisfaire M. de Lanneau, persuadé qu'en suivant aveuglément l'impulsion d'un tel homme, il se perfeclioimerait dans l'art de diriger la jeunesse.

11 prit son congé aux vacances de 1810, pour aller fonder une institution à lui dans l'ancien couvent des Minimes, près la place Royale. Le premier noyau de cet établissement fut une dizaine d'élèves, laissés par un maître de pension de ses amis, qui venait de mourir. Personne n'ignore l'illustration de l'institution Massin, continuée d'abord par M. Paul Barbet-Massin, gendre du fondateur, et aujourd'hui par M. Lesage. Il n'est pas de maison qui ait plus contribué à la gloire du lycée Charlemagne.

Jusqu'aux derniers moments de sa longue existence-, M. Massin n'a pas cessé de citer M. de Lanneau comme le modèle accompli de l'instituteur, et notre collège comme la source des tra-

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