‹ Histoire de Saint-François-du-lacChapitre 9 sur 9 · J5.3II · texte numérisé non relu

J5.3II

Bétail.

M. Ilwioré Vassal possède le document suivant que M. l'abbé Maurault ne mentionne pas, et qui semble avoir échappé à tous les chercheurs jusqu'à présent. Chose curieuse, le nom de James ne figure pas dans cette pièce :

"Nous (3) Joseph Louis, (1) (4) François, (4) Joseph Piche,-(5) (2) Robert, Madeleine, Josephte et Marie. Ayant fait (4) une assemblée entre nous et par conséquent pour en députer un d'entre nous, pour faire les perquisitions et recherches de parents du côté de notre défunt père qui était natif de la Nouvelle-Angleterre. Et comme nous n'avons jamais eu une certitude entière du lieu où il a été pris ; nous savons qu'il fut pris il y a environ 80 ans (6) par les Sauvages Abénakis du village de St. François, âgé d'environ 7 ou 8 ans (7) ans ; et a toujours fait sa demeure au dit village. Son nom était Same Gille ; nous savons aussi que notre grand père (8) Sagen (9) Gille a envoyé par deux différentes fois pour le chercher. Mais ayant été pris si jeune il s'était attaché à la nation et n'a jamais voulu les quitter (10) ; Et comme nous serions grandement nattés de connaître nos parents ; nous supplions ces messieurs qui peuvent avoir connaissance de cette famille d'introduire notre frère que nous députons à cet effet, chez quelque uns de nos parents.

" Nous supplions messieurs les gouverneurs qui ont autorité de vouloir bien nous faire la grâce et la charité de nous protéger et nous aider dans la poursuite des recherches que nous faisons de nos parents, tant du coté de notre père que de notre mère. Notre mère a été prise à Quenibanc, quelque temps (11) après la prise de notre père, près d'un moulin dont toute la famille fut prise et emmenée en Canada à l'exception du père et de la mère qui furent envoyés sur le champ.

" Nous supplions respectueusement messieurs nos généraux de nous faire la grâce de se rendre sensibles à nos peines en nous protégeant et nous aidant dans cette entreprise, Et nous ne cesserons d'offrir nos vœux pour leur conservation. " (Signatures) : Joseph Louis Gille, François Gille, Joseph Gille. (12) " Et plus bas : " Je soussigné ancien missionnaire certifie que les sus-nommés ont été tous baptisés au vil-

(I) Deuxième enfant de Samuel, et le plus âgé des fils. (2) Frère de Joseph- Louis ci-dessus surnommé Piche. Vivait en 1772. (3) Tous frères et sœurs. (4) Mariés à des Canadiennes. (5) Marié deux fois à des Sauvages. (6) 80 ans est trop long, je pense. (7) La tradition dit 14 ans. (8) Le juge Gill croit que le père de Samuel était en effet un sergent des troupes anglaises. (9) Sergeant Gill ? Le sergent Gill ? {note du juge Gill.). (10) Puis il était catholique à cette époque et il vivait en Sauvage !

(II) La tradition veut qu'ils aient été pris ensemble. (12) Robert ne savait pas signer.

lage de St. François et que leur père et nièrè y avaient été mariés en face de l'Église étant encore fort jeunes l'un et l'autre, je les ai vus et connus et instruits leurs enfants et petits enfants." à Québec ce 26 février 1768. (Signature) M. L. Lefranc, Miss, de la Comp. de Jésus " [A plus bas : " Francis Robert Gille is recommended to ail whom the above may concern and that can assist him to find out his relations near Boston." (Signatures) Guy Carleton, Castle of St Louis, Québec February 26th., 1768. By the Lt., Governor's command J. Goldpap, secretary."

Les garçons de Joseph-Louis Gill et de Suzanne Gamelin-Châteauvieux étaient : — Augustin, Thomas, Simon, Louis et Joseph qui épousèrent des Canadiennes, et Antoine marié à une Abénakise. L'un de ces derniers, nommé Augustin, eut un fils, Louis, qui est l'oncle de M. Henri Vassal de Monviel, agent actuel des Sauvages à Saint-François. Louis s'occupa de l'origine de sa famille anglaise et c'est de lui que M. l'abbé Maurault tenait la première partie de la généalogie détaillée qu'il a mise au jour dans son Histoire des Abênakis.

Cinq fils de Joseph-Louis Gill : Augustin, Thomas, Simon, Louis et foseph (jumeaux) étaient cultivateurs. Un autre fils, Antoine, paraît avoir été aussi cultivateur, car il possédait la terre voisine du presbytère actuel de Pierreville appartenant plus tard à la Fabrique qui y concéda des lots à bâtir.

Les enfants de Joseph-Louis Gill parlaient l'abénakis et le français ; on les mettait au rang des Sauvages, avec lesquels ils se tenaient souvent ; ils recevaient comme ceux-ci " l'équippement " ou don annuel du gouvernement. Dans la génération qui suivit (celle du père du juge Gill) les Gill étant tous cultivateurs, cessèrent de recevoir ces dons et de se mêler aux Sauvages.

Les fils de Joseph-Louis prirent en concession des terres, soit voisine ou avoisinantes l'une de l'autre le long de la rivière St. François, depuis le village canadien de Pierreville en remontant jusqu'à un mille plus ou moins du pied de la grand côte ou côte à Joseph, du nom de Joseph Gill dont la terre était voisine. Cette côte, très élevée, abandonnée comme voie publique depuis environ neuf ans (disons 1879) avait été jusqu'à récemment le seul chemin pour remonter la rivière St. François en voiture. Ces terres tiennent en front à la rivière Sainr- François, où elles forment un beau platin s'étendant depuis le village de Pierreville jusqu'au pied de la grande côte, que je viens de mentionner. Ce platin a été évidemment formé par un ancien éboulis dont il conserve la forme elliptique. Excellent sol. Beau paysage.

D'autres Gill, cousins des fils de Joseph-Louis, s'établirent près des dits cousins. Cette suite non interrompue de propriétés est désignée sous le nom populaire de " Village des Gill ". Plusieurs de ces propa-

riétés commencent à passer, pour mariages, etc, à des noms nouveaux.

Michel, petit-fils de Samuel Gill, était surnommé " Michel Langoumois " — on ne sait plus pourquoi.

1769, 12 juillet. Inventaire et partage des biens de la communauté entre feu Antoine Gamelin-Chateauvieux et Angélique Hertel sa femme, et les enfants Joseph-Louis Gill; celui-ci signe "Gill" et non pas " Gille," Joseph-Louis reçoit, du chef de sa femme, Suzanne Gamelin-Chateauvieux, une part de terre assez considérable dans la succession de son beau-père le dit Antoine Gamelin-Chateauvieux. (Robin, notaire)*

"Je soussigné François Verville Couturier, marguiller en charge de la Fabrique de St. François . . . concède le deuxième banc du côté de l'Evangile en commençant vers le chœur dans le rang du milieu à Joseph-Marie Veroneau, après l'avoir crié par trois dimanches consécutifs à la porte de l'église comme au plus offrant et dernier enchérisseur ... 85 livres que Veroneau a payé sur le champ. Devra payer 3 francs anuuellement, à défaut de quoi, après trois mois de délai, après l'échéance, le banc lui sera retiré sans plus de formalité ; daté 13 juillet 1771. Le Père Germain Jésuite est "curé du lieu."

17 71, 2 septembre, Montréal. Devant le colonel Prévost et deux arbitres : les Gill abandonnent le morceau de terre qui est à l'enclos du village, en considération de quoi les Sauvages leur donnent un morceau de terre équivalent, à leur choix ; les Gill avaient enlevé les clôtures autour du village pour enclore et pâturer leurs animaux ; on leur reconnaît le droit d'avoir agi ainsi. " A l'égard du foin les prétentions des Gill ne peuvent avoir lieu, vu que, en concédant aux Sauvages leur terrain le seigneur de St. François s'est réservé le droit à tous les foins qui croîtront sur les terres des Sauvages, ce qui laisse bien aux Sauvages le droit de prendre du foin pour leurs propres animaux sans avoir le droit d'en vendre, etc." Les Sauvages, par jalousie, voulaient empêcher les Gill de tirer partie des terres de la Réserve, encore aujourd'hui en partie incultes.

1772 18 août, baptême de Joseph-Thomas, fils de Joseph Louis Gill et de Suzanne Gamelin-Chateauvieux, par le Père Germain, Jésuite, Parrain : son oncle Joseph (Piche) Gill ; marraine : Dorothée Anaas (Annance ?)

Il épousa, 1805, Catherine Bazin fille de Pierre Bazin, écuyer, et de Marie-Anne Hus-Latra verse, et mourut en 1852 à 80 ans moins 3 mois ; sa femme, plus jeune, mourut en juillet 1865, dépassant So ans.

Lorsque les Bastonnais envahirent le Bas-Canada, l'automne de 1 7 7 5, les Albénakis combattirent contre eux à Saint- Jean, sous les ordres

SAINT-FRANÇOIS-DU-LAC Ut

des frères Lorimier. Ils descendirent ensuite à Québec et servirent avec honneur durant le siège de cette ville.

Les Bastonnais étaient occupés au siège de Québec ; Montréal et les Trois-Rivières étaient en leur pouvoir. Le capitaine Joseph Travçrsy, de St-François envoya au commandant des Trois-Rivières des certificats obtenus de diverses personnes, attestant que, d'après les bruits courants, le sieur Crevier-Deschenaux avait dit qu'il voulait marcher jusqu'aux genoux dans le sang des Bastonnais. Crevier fut appelé aux Trois-Rivières, où il s'expliqua, avec le commandant (ier mars 1776) et obtint la comparution de Traversy, mais celui-ci était à la chasse, sa femme envoya un nommé Joseph Hallard pour le représenter. L'affaire en resta là, sauf que Crevier dut signer une obligation de mille louis sterling comme garantie de sa conduite.

Le notaire Badeaux écrit dans son journal, à la date du 31 mai 1776 : " Le sieur Belisle, interprète des sauvages de St-François, vient d'arriver aux Trois-Rivières. Il était parti, il y a deux jours, pour porter les ordres de M. le général Carleton. Etant arrivé à St-François, il a été averti qu'on le voulait prendre. Les Sauvages lui dirent : Ne crains point, nous te défenderons si l'on vient pour te prendre. Mais ayant su, pendant qu'il était au village, que trois cents Bastonnais l'environnaient, il prit une baguette à sa main et, faisant semblant de badiner, il passa au travers des ennemis sans qu'ils le reconnussent ; étant passé, il prit le bois et est venu ressortir à la Baie, et de là ici."

Petite chronique,— 1777-1S10.

Durant le tiers de siècle qui va s'écouler de 1 7 7 7 à 1 8 io,nous ne rencontrerons en rapport avec la paroisse de St-François que de menus faits, qu'il est bon, toutefois de conserver pour la curiosité des lecteurs, et qui serviront peut-être un jour à des études plus sérieuses, car rien n'est inutile dans le domaine de l'histoire écrite, vu que la mémoire des hommes est incapable de conserver la chaîne des événements qui intéressent ou leurs familles ou les localités qu'ils habitent.

Le dernier prêtre parlant l'abénakis et résidant à St-François se nommait Charles Germain, jésuite. Il mourut le 5 août 1779, et fut remplacé par le frère Jean-Chrysostôme.

Théophile Dugast, né à Montréal le 4 juillet 1743 (Tanguay, III, 510) était neveu de M. J. B. Dugas curé de St-François, qui l'envoya en Europe où il fut ordonné prêtre dans l'ordre des Récolleis ; puis il revint en Canada (1773) et prit le nom de frère Jean-Chrysostôme. Missionnaire à St-Michel d'Vamaska en 1775, curé de St-François en 1779 tout en continuant de desservir St-Michel, il finit par se retirer dans cette dernière paroisse en 1784, et il y décéda, le 14 octobre

1804 (voir le volume sur le Père Grespel, publié à Québec en 1884 page XII.)

En 1778 et 1779, les autorités militaires s'occupèrent de fortifier la vallée de la rivière St-François. On contruisit quelques ouvrages, notamment une redoute, pas très loin du village des Abénakis. La correspondance qui parle de ces travaux est au ministère de l'agriculture, section des archives. M. Brymner, chef de ce bureau, a amassé des trésors de renseignements que nos écrivain?, peuvent étudier sans peine. M. Marmette, assistant, est aussi un employé précieux dans cette branche. Je les consulte toujours avec profit.

Suzanne Blondeau, veuve et douairière de Joseph Hertel, était propriétaire de la moitié du fief de Pierreville en 1781, lorsqu'elle prêta le serment de foi et hommage.

Le docteur Pierre de Sales Laterrière mentionne dans ses mémoires qu'il avait pour ami, à St-François, la famille Deberges. Il faut lire Debartzch. Josette-Marie-Claire Delorme, héritière de Marie-Josette Jutras-Desrosiers, possédait, en 1781, le fief de Lussaudière; elle était mariée à Dominique Debartzch, aussi appelé De Lorme-De Bartzch ; tous deux demeuraient sur le chenal Tardif, vis-à-vis le pont actuel des moulins de Pierreville, près de l'ancienne maison de pierre de feu M. Lemaître. En 1798, Louis Proux acquit le fief de madame Debartzch, devenue veuve.

Citons Laterrière: " Mes amis de la baie du Febvre s'était bien trouvés de ma manière de traiter les malades, la renommée s'en établit à St-Frànçois et à Maska, et j'y était appelé sans cesse. J'y fis la connaissance intime des personnes les plus considérables, comme M. le curé Lenoir, M. d'Estimauville agent des Sauvages, M. Gamelin interprète, Madame Deberges, M. de St-François, etc. J'y gagnai beaucoup d'argent et tout ce dont j'avais besoin pour ma maison de confiance dans cette paroisse ; et où j'arrêtais toujours, que j'y eusse affaire ou non, c'était chez M. d'Estimauville ; c'était là que les gens venaient me chercher et me ramener." M. d'Estimauville a demeuré sur le chenal Tardif, où réside maintenant le docteur Lemaître, qui m'a bien aidé à éclaircir l'histoire de St-François.

Laterrière, entreprenant un voyage aux États-Unis, s'exprime de la manière suivante : " Le 7 septembre 1786, je partais de Saint-François avec deux Sauvages, par la rivière et le lac Mara ou Magock. L'un des Sauvages se nommait César que M. d'Estimauville m'avait procuré. La rivière Saint-François est très poissonneuse, surtout dans la baie où elle se verse, en éturgeons, en anguilles, etc. Les rives sont plates et les prairies y sont belles et riches. Le sol est très productif jusqu'au village des Sauvages, où des indigènes de la nation des Abénakis ont une centaine de maisons, avec une église fondée par les Jésuites et

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soutenue, depuis l'extinction de cette société, par l'évêque et le clergé catholique du Canada. Les environs de ce village sont pleins d'îles appartenant à ces Sauvages et entièrement cultivées par eux ; ils y sèment du blé-d'Inde, des citrouilles et des fèves. A juger de cette population par la douceur de sa langue, par sa police et par ses Conseils, on croirait que ces enfants de la nature, sont des descendants dégénérés d'une nation qui a fleuri dans son temps. J'ignore s'ils avaient quelque croyance ou religion avant d'être chrétiens catholiques mais je suis certain de ceci, c'est qu'ils sont religieux et qu'ils chantent supérieurement les hymnes d'église en leur langue, qui sonne à l'oreille d'une manière fort musicale, au point d'étonner tout étranger. Ils sont doux, très hospitaliers. Vous jureriez, en entendant leurs femmes causer entre elles, et surtout narrer, que la chose qu'elles racontent se passe à l'instant même, tant l'expression est naturelle. Je les ai souvent traitées dans leurs maladies, et j'ai même suivi, l'été, leurs docteresses dans les bois. Ils m'ont toujours paru francs, de bonne foi, et pour ce qui est de la connaissance des plantes, dont toute leur médecine est formée, bien supérieurs aux Européens. Cette connaissance leur suffisait anciennement pour le soulagement de leurs maladies ; n'ayant pas autant de besoin que nous, la somme de leurs maux était en proportion fort moindre. Quant à la chirurgie opératrice, ils n'y entendent rien.

" Le 8 septembre, nous fûmes coucher à la Redoute, bâtie par l'ordre du général Haldimand à environ trois lieues du village sauvage de Saint-François, et où il y avait un moulin à scier, car les écores sont hauts et bien boisés de pins blancs. La terre est jaune et légère. En bien des endroits, sur la rive ou grève, on voyait des mines de fer. Mêmes aspects, pendant quatre ou cinq jours, sauf des platins et des pointes basses, qui étaient de terres d'alluvion,et tous couverts de bois francs de haute futaie. Tous les soirs, notre Sauvage cabanait et tendait des pièges ; il était sûr de prendre du gibier. En marche, s'il entendait des perdrix, il mettait son canot à terre et allait les tuer ; aussi en avions-nous à tous les repas."

1787 30 mai. Par devant Faribault, notaire à Berthier, partage des droits seigneuriaux entre Jean-Marie Verono demeurant à St-François, et François Guil (Gill) aussi de St-François. Verono était veuf de Marguerite LaBonté et avait des enfants issus d'elle. La mère de Marguerite était Marguerite Dupéron — laquelle avait transmis à sa fille — aux enfants de celle-ci— une moitié dans le tiers d'un sixième dans la seigneurie de St-François. Jean-Marie Verono possédait donc cette rente — et de plus il avait acquis les droits de Jeanne Dupéron femme du nommé Chevallier dans cette sixième partie. François Gill était marié à Marianne LaBonté aussi héritière pour moitié dans la troisième

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partie d'un sixième de la seigneurie. Au partage de ce jour (30 mai 1787) François Gill reçoit : la rente de Régis Laùzière pour sa terre: 5 francs, 6 sous et 3 chapons ; celle de Joseph Desmarets pour sa terre et prairies : 8 fr. 2 sous — en tout 13 fr. 8 sous et 3 chapons.

Verono reçoit : La rente de la terre de Dupéron 5 5 f. 4 chap.

" " " Joseph Desmarets ... 6 " 3 3

Le même pour la castorerie 9 " 1 o

" " " droit de commune 3 " 9 o

Dugué et autres 5 " 1 2

Jacques et Frsjoyelle: 2 concessions. 12 " 6 4

Le deux partageants s'engageant chacun par moitié de bailler tous les

ans à Michel Laforest, leur beau-père, sa vie durante, le tiers de

et à Marguerite Dupéron leur belle-mère le faisant un total de 8f.

i9 s. et 2^3 chapons. De plus, comme François Gill ci-dessus possède la moitié de la terre des Dupéron avec un autre morceau dont ils ne connaissent pas la quantité et qui fait parti du lot du dit Jean-Marie Vérono, il est convenu que Gill lui payera à l'avenir et à ses héritiers 3 livres 2 s. 8 deniers par ou et 2 chapons. L'acte est fait à Berthier. Témoins : Antoine Joliette et Charles Corrivaux. Tous signent, sauf Corrivaux.

Le juge Gill me dit, d'après les écritures qu'il a vues à St-François, que beaucoup d'habitants savaient signer avant l'époque de la cession du Canada à l'Angleterre, mais ensuite les signatures deviennent rares.

L'église des Sauvages, dont la construction parait avoir été commencée vers 1765, n'était pas encore achevée en 1790, bien que le gouvernement eut contribué par une bonne part à son rétablissement. (Maurault 566).

Recensement de 1790.

Ames

Sexes

St François

Nicolet

Yamaska...

Mariés et Veuvages

Iï.

12S IQ5

Veufs et non Mariés

Le 10 janvier 1795 M. H W. Ryland, secrétaire du gouverneur en chef écrit au notaire Badeaux, des Trois-Rivières, au sujet de la con-

ection du papier-terrier des propriétés réclamées par les Sauvages de jaint François (Archives du secrétaire d'État, Ottawa.) C'est tout ce lue je connais de cette affaire.

1796, 11 juillet. Michel St Quantin, marguiller en charge, de St Trançois-Xavier, concède à Antoine Duguez le cinquième banc du nilieu du côté de l'Evangile après criée publique, pour la somme de leux cents livres une fois payée, plus une rente annuelle de trois rancs. Michel St Quantin signe avec M. Lenoir curé de St-François. Dans l'Almanac de Québec, 1797, on voit que M. Lenoir est curé de it-François et missionnaire des Abénakis.

Joseph Crevier, de St-François rend compte des revenus des droits Je pêche, nouvelles concessions etc., par lui perçus depuis 1790 jusqu'à 796, aux héritiers de la seigneurie. Pèche : 891 francs. Le tiers de ette somme appartient à M. Si François, l'ayant acquis de Mlle Manîette Dupéron et à Jean-Marie Verronneau et François Guil Gill) comme héritier de Madeleine Dupéron leur belle-mère formant iers de la moitié des 891 francs soit 148 fr. 10 sous.

John Antil poursuivant en justice François Lemaître-Duhemme, fils» le fief de Pierreville fut vendu parle shérif des Trois-Rivières, Antoine- Isidore Badeaux, à David-Alexander Grant, William Grant et Nicolas Mzmtour, l'année 1798. On n'explique pas si les acheteurs prenaient aussi la part qui avait appartenue à la veuve Hertel. (Suzanne Blondeau) en 1781.

1803 15 octobre, à Saint- François. Pardevant Robin notaire. — Jacques Dulignon, écuyer, sieur de la Mirande et Délie Marie-Anne Hébert son épouse, veuve en premières noces de Joseph Niquet, vendent à François Boisverd habitant de Saint-François : 2 perches et 11 pieds de terre de front, sur la profondeur jusqu'au lac St.-Pierre dans la seigneurie de Saint François et Lussaudière, dont 37 pieds appartenaient aux vendeurs pour les avoir acquis des enfants issus du mariage du dit défunt Joseph Niquet et de la dite Marie-Anne Hébert — à prendre dans le total d'une terre de cinq arpents de front sur la seigneurie de Saint-François, et 7^ de front sur la seigneurie de Lussuadière — tenant d'un côté au nord à Joseph Cartier, d'autre côté aux héritiers Lemaitre, comme représentant Joseph Traversy — par devant au chenal Tardif — et sur la profondeur jusqu'au lac St.-Pierre. Prix de l'achat 144 livres de 20 sols, payé comptant. iDans cette vente est compris le droit des vendeurs dans un autre lot If le deux arpents de terre de front dans les mêmes seigneuries, séparé sur le travers, tenant d'un côté à Michel LeMaitre en bas, d'autre côté /à la veuve LeMaître. Témoins : J.-Bte Beaufils, Michel Niquet. Per- : sonn^ ne sait signer. Sur l'acte, on a écrit ce qui suit. " Les descen- ! dants de Dulignon de Lamirande s'appellent Lamirande tout court."

1805 14 novembre. Pardevant Dumoulin notaire à Saint-François Jean-Marie Tonnancour et M. Catherine Pelisser sa femme, vendent à Josephg; adeaux un seizième dans la seigneurie de Saint-François des Près (1) que le dit Tonnancour avait eu d'échange de Marie- Joseph Delorme par acte devant Robin notaire le 25 février 1793.

1806 23 janvier. Pardevant Dumoulin notaire, Louis Gouin échangé avec Joseph Badeaux: ce dernier passe à Gouin le 1/16 qu'il possède dans la seigneurie de Saint-François. Le 25 février 1806, Gouin vend à Henri Rousseau le 1/16 ci-dessus.

Simples notes sur les années 1812-1885.

Ma tâche devrait se terminer ici, car les événements qui se sont passés de nos jours ne nous intéressent plus. Je ferai néanmoins des notes, à la suite les unes des autres, qui pourront être utiles à consulter.

Durant la guerre de 181 2-5, trois cents Abénakis accompagnèrent les troupes régulières et les milices dans les marches et les combats La moitié de ces Sauvages gardait la frontière du lac Champlain, où était le major Salaberry, et l'autre moitié servait sous le général Brocl< au Détroit et à la frontière du Niagara. Partout ces braves se distinguèrent et furent comblés d'éloges.

Le 23 juillet 181 2, par devant A. Robin, notaire, Xavier Crevier de St-François vend à Louis Proux un tiers de la seigneurie de StFran çois, à l'exception de certaines terres mentionnées au contrat. Le 31 du même mois, par devant Joseph Badeaux, notaire aux Trois-Rivières, le sieur Joseph-Antoine Crevier de St-François, et Angélique Lemaître, sa femme, vendent au même Louis Proux leurs droits sur la sei gneurie de St-François, consistant en la moitié et plus de toute 1 la seigneurie. Le 20 août de cette année-là, par devant Dumoulin, notaire, Marie-Anne Lemaître-Lottinville veuve de Michel Gill, vend au même Louis Proux tous les droits qu'elle possède dans la seigneurie du chef de son défunt mari.

Henri Rousseau avait acheté de Louis Gouin, par acte du 25 évrier 1805, un seizième de la seigneurie de Saint- François. Rousseau étant décédé (son testament est du 25 septembre 1806) sa veuve hérita de ses droits et les transporta à Joseph Mercure son second mari. Elle et lui vendirent à Louis Proux, par contrat devant Dumoulin, notaire, en date du 23 mars 1813.

(i) A cette date, il y avait plus d'un siècle que le nom de Desprès ne s'était pas rencontré ns les papiers que j'ai vus.

Le 8 février 1817, par devant Duvernay, notaire à Nicolet, Joseph Proux cède à Louis Proux les droits qu'il a dans la seigneurie de St- François, provenant en partie de la succession de D1]e Geneviève Crevier Deschenaux, et par des acquisitions. Quatre jours plus tard, par devant A. Robin, notaire à la baie Saint- Antoine, Angélique Cartier fille de Michel Cartier (qui lui avait laissé sa part dans la seigneurie de Saint- François) veuve de Joseph Lemaître, vend à Louis Proux ses droits dans la seigneurie de Saint-François, ainsi que les droits des personnes suivantes qu'elle représente en cette occasion, savoir : " Régis Pénissier dit Lafeuillade et Angélique Lemaître son épouse ; Joseph et Michel Lemaître ; Xavier Crevier, veuf de Marie-Anne Lemaître faisant pour ses enfants mineurs ; Joseph Précourt et Madeleine Lemaître son épouse ; Charles Crevier de St-François, fils, et Angélique Lemaître son épouse ; et enfin Marguerite Lemaître fille majeure." Les Lemaîtres étaient héritiers de feu Joseph Lemaître leur père.

Le même jour 12 février, Joseph Mercure vend à Louis Proux ce qu'il possède dans la seigneurie de St-François, pour l'avoir acquis des héritiers Chateauvieux.

Louis Proux se trouvait possesseur de toute la seigneurie, moins un , douzième, lorsqu'il rendit foi et hommage le 7 mars 18 17. En cette circonstance il signa '' Louis Prou."

L'année 18 16 est remarquable à St-François par l'incendie de l'église des Sauvages, laquelle ne fut reconstruite que douze ans plus tard, grâce à la générosité de la famille Gill.

Durant les sessions de 1818 et 1819, on avait agité le projet de créer dans les cantons de l'Est, un district judiciaire, mais la loi ne fut votée qu'en 1823.

Le 7 janvier 1828, par un acte de François Louis Dumoulin, notaire, Louis Proux, de Nicolet, étant propriétaire de la seigneurie de la Lussaudière, en vertu d'une acquisition de madame Debartzch, a donné l'usufruit de la seigneurie de son gendre et à sa fille : François Lcgendre, juge da paix, de Gentilly et Marie-Anne Proulx ; la nue propriété passera aux enfants de ceux-ci.

C'est vers 1S30 que le schisme de Masta eut lieu. Chacun peut consulter sur ce sujet le livre de M. Maurault, page 617.

Dans son Dictionnaire Topograpkique, publié en 1832, l'arpenteur général Bouchette décrit très au long la rivière et la seigneurie de Saint-François. Il dit que toutes les terres de la paroisse sont concédées, et que la population y est de deux milles neuf cent vingt âmes. Il y a une église catholique, un curé, un notaire, deux magasins, une auberge, deux moulins à scie, un moulin à farine, et quatorze hommes de métier. On y avait récolté, l'année 1829, 18,300 minots de blé,

118 S.UNT-FIMNÇOIS-DQ-LAC

14,000 minots d'avoine, 1,000 minots d'orge, 11,900 de pommes de terre, 5,000 de pois, 215 de seigle, et 250 de maïs. On comptoit 995 che. vaux, 750 bœufs, 1.600 vaches, 5,500 moutons, et 2,000 cochons. Le village des Abénakis renfermait quarante maisons de bois, un peu de culture de pommes de terres et de maïs ; quelques élevages de poules et de cochons. La chasse était éloignée ; la poche assez proche et fructueuse. Il y a une église, un presbytère, un missionnaire résidant et un interprète. Ces Abénakis possèdent 8,150 acres de terre dans le township de Durham.

C'est en 1842-44, que Jonatham Wurtele, seigneur de la rivière David, acheta de Marie-Anne Prouïx, femme de François Legendre, la seigneurie de Lussaudière. Leurs enfants vendirent au môme Wurtele leurs droits sur onze-douzième de la seigneurie de Saint-François.

En 1845, un état soumis au parlement montre que les Sauvages de Saint-François étaient au nombre de trois cent cinquante-trois, soit une cinquantaine de plus que en 1814, ce qui est à peu près le môme chiffre que en 1827. Sur cinq cents arpents réservés pour la culture, ils n'en utilisent que deux cents. Les 8,900 acres qu'ils possèdent dans le township Durham ont été accordés, en 1805, en franc et commun soccage, à dix-sept chefs de famille.

Au sujet de l'église qui fut bénie en 1849, il y eut beaucoup de difficultés dans la paroisse, par suite de la décision prise d'abandonner la vieille église et surtout du choix du nouveau site au village actuel de St-François. Les habitants du bas de la paroisse voulaient naturellement conserver l'église où elle était et ceux du côté de Pierreville objectaient au nouveau site à cause de l'incommodité et de la difficulté de traverser la rivière pour se rendre à l'église. Ceux d'en bas étaient des intransigeants qui firent des procès et des contestations jusque devant le parlement. Ceux d'en haut, du côté de Pierreville, étaient plus conciliants, et, en désespoir de cause, pétitionnèrent l'autorité pour obtenir une division de paroisse dont la rivière formerait les limites. L'autorité diocésaine de Québec n'en céda pas d'une semelle ; il fallut en passer par la décision première, et bâtir tous ensemble l'église de St-François. Cependant il y avait à peine quatre ans qu'on y célébrait la messe que Mgr Thomas Cooke, évêque du diocèse nouvellement érigé des Trois-Rivières, voyant l'évidente nécessité de cette division la décréta proprio motu en érigeant la nouvelle paroisse de St-Thomas de Pierreville, qui fut la première paroisse créée sous .son épiscopat, si ma mémoire est fidèle — et de là le choix de St-Thomas comme patron titulaire de la nouvelle église. Heureusement que M. le curé Maurault qui était alors curé de St-François et qui opta pour la nouvelle cure, trouva moyen, en homme entreprenant et d'affaire qu'il était, de construire l'église de Pierreville et de la doter richement de

tous les objets nécessaires au culte, sans obérer les habitants qui avaient I à peine fini de payer leurs répartitions pour celle de Saint-François. Je ne parle pas du coût du presbytère, car M. Maurault en fit don gratuit à sa paroisse.

M. Louis Caya, cultivateur de de St-François-du-Lac se porta acqué- 'reur de la vieille église (bâtie en 1731)- En homme intelligent, il eut H la bonne idée de conserver la croix en fer battu qui en surmontait le • clocher. Avec de vieilles pièces de menuiserie prises dans l'église, portant des sculptures et moulures de l'époque, il fit un piédestal pour cette croix, qu'il plaça prés de sa demeure, dans le rang Ste-Anne. C'est là qu'on la voit encore, surmonté de son vieux coq gaulois, lorsi qu'on passe par ce chemin, en faisant le trajet d'Yamaska à St-François- L du-Lac.

M. Caya descend d'une famille établie aux Trois-Rivière vers 1663. Après l'abandon de la vieille église de 1731, l'église de l'île, ou d'en v bas (comme on l'appelait en opposition à l'église actuelle de la mission I des Abénaquis dans laquelle se disait alternativement, dans les derniers j temps, la messe paroissiale, avec celle d'en bas, tous les deux dimanches) la fabrique de St-François vendit, sans en réserver un pouce, tout le terrain qu'elle possédait en cette endroit, y compris le cimetière, ainsi que le vieux presbytère et la vieille église elle-même. L'église fut démolie, de 1850 à 1854? — le cimetière y attenant fut relevé en 1854 ; le vieux presbytère disparut à son tour, peu d'années après, et, aujourd'hui, il ne reste pas une croix, pas même une croix pour marquer l'endroit où s'éleva, pendant un siècle et demi, le modeste temple paroissial d'un autre âge. Seuls, quelques vieux peupliers de Lombardie rappellent encore à la génération qui s'en va que là était jadis le sanctuaire qui fut leur berceau religieux.

La famille Wurtele est maintenant seule propriétaire des seigneuries Lussaudières et St-François, sauf 1724 dans St-François qui appartient encore à Godefroy Lemaître.

La seigneurie de St-François est divisée en 19 concessions. Elle renferme neuf isles et vingt islets. Elle est traversée par la rivière St- François. Toute la surface est plate, et, sur une demi-lieue du bord du lac, extrêmement basse. Il y a de la bonne terre dans les parties basses qui ne sont pas marécageuses. Le sol de tout le reste est de médiocre qualité. Ni moulin à eau ni place de moulin.

Au moment de terminer ce travail j'éprouve le besoin de parler des personnes qui m'ont aidé à le faire et que j'ai suivies comme des guides sûrs dans toutes les interprétations des textes que j'avais sous les yeux :

M. Vassal de Monviel, issu d'une très ancienne famille militaire,

SAlNT-FRrtNCOIS-DU-LAG

versé dans les choses du Canada, et très attaché aux traditions de Saint-François, où il réside, en qualité d'agent des Sauvages.

Le docteur Joseph Lemaître d'une famille établie aux Trois-Riviôres il y a plus de deux siècles ; un érudit sans ambition ; la chronique vivante de St-François-du-Lac.

Le juge Charles Gill, enfant des Gill. Aimant l'étude et pesant toute chose. Ses observations m'ont été très utiles.

Et maintenant, veut-on savoir quel plaisir j'éprouve à réveiller le souvenir de nos anciennes paroisses ? Demandez à un enfant s'il est désireux de connaître l'histoire de son père et de ses ancêtres. Cherchez à reconstruire quelque peu les événements qui se sont passés sur le sol où vous avez reçu le jour. Examinez, à l'aide de l'étude, le mouvement des populations qui vous entourent, en remontant à deux siècles. Pénétrez-vous de la vie d'autrefois. Reconstruisez l'existence de vos pères. Vivez des pensées qui les dirigeaient. Calculez le nombre de leurs travaux. Soyez les gardes-notes de leurs faits et gestes. Apprenez l'histoire de vos prédécesseurs. Mirez-vous dans le passé, afin de le comprendre et d'en tirer des enseignements. Telle est ma vie, tel est mon plaisir. J'ai vu dans St-François-du-Lac, une paroisse typique de l'ancien Canada, et j'ai cherché à la faire connaître.

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