‹ Histoire de Saint Ignace de LoyolaChapitre 9 sur 31 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

les éludes elles-mêmes, savoir Fliumilitéct toutes les vertus solides K

« La prière, les méditations prolongées, l'étude pratique de la perfection et surtout de la plus entière abnégation de soi-même, la réforme courageuse des penchants de la nature, la lutte journalière et tidèle contre l'amour d'un vain honneur et des fausses jouissances, l'usage familier des exercices spirituels et de la conversation avec Dieu, la connaissance de tout un monde caché au fond de l'âme et d'une vie tout intérieure; voilà ce qui remplit les heures de noviciat ^

« On me pardonnera, en parlant de ce temps déjà bien éloigné de moi, d'y retrouver mes plus doux souvenirs ; alors s'accomplirent les jours les plus heureux de ma vie. Berceau chéri de mon enfance religieuse, creuset laborieux de mon âme, épuration féconde de l'intelligence et du cœur, non, je ne vous oublierai jamais !

« C'est bien là que viennent mourir les derniers bruits du monde et ses vaines agitations. A l'école de la pénitence et de la prière, on se dépouille peu à peu de cette vie fausse, de ces intérêts factices, de ces affections inférieures qui empêchent d'aspirer aux combats et aux triomphes de la grande gloire de Dieu et de la conquête des âmes. Et cependant l'onction des entretiens divins et les attraits puissants de la grâce, et le bonheur iiitimed'une concorde, d'une paix inaltérables, pénètrent,encouragent,consolent...

1. « Ad prfeparandum earumfoadamentum, humilitatis scillicet « ac omnis virlutis. » Const. ,pait. III, c. 1, § 27 ; luslit. Soc. p. ;i72.

2. Coasi , part. III. cl. — Exani., c. 4, § 41; Inst. Soc, t. l„ p. 370 et 371.

Oh ! il faut le dire, ces premières années s'écoulent avec une bienheureuse rapidité !

« Le novice, ainsi arraché aux illusions de la vie du siècle, et mieux prémuni désormais contre le danger de leur retour, n'est encore lié par aucun engagement; il est libre. Souvent, très-souvent, on appela ses réflexions sur les graves obligations que les vœux imposent. Il dut passer par des épreuves répétées et décisives *. Il délibère, on l'examine; il est jugé, il juge avec une entière liberté. Il s'offre enfin, la Société l'accepte; après deux ans révolus, il se donne au Seigneur parune consécration irrévocable.

« Je n'essayerai pas de dire ce qui se passe alors dans l'âme.

« L'œuvre du noviciat est belle : le noviciat est ce travail régénérateur de l'esprit qui livre autant que possible à la grâce divine la possession entière des facultés, des forces. des habitudes de lame. C'est une sorte de création, une transformation puissante qui doit affianchir la liberté religieuse des innombrables entraves dont l'embarrassaient les intérêts, les vues, les affections et les passions de la nature. C'est le foyer où le fer s'amollit pour reprendre un nouvel être; c'est la lime qui dégrossit, qui ôte la rouille, qui prépare l'instrument et le remet utile entre les mains de l'ouvrier. Alors s'imprime une direction qui remplace dans l'homme toutes les directions purement humaines, par l'unique ambition de la gloire divine et du salut éternel de tous.

« Ace but tendent toutes les épreuves que le novice doit

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