MONSEIGNEUR
Lorsque les Normands firent leurs incursions en France dans le dixième siècle, les reliques de saint Léger, un de vos illustres prédécesseurs , avec celles de saint Guérin, son frére, et celles de saint Maixent, abbé en Poitou, furent transportées de l'abbaye de Saint- Maixent dans l'église du monastére d'Ébreuil, alors du diocése de Clermont. Elles y étaient devenues l'objet d'une grande vénération, et s'y étaient conservées jusqu'au règne de la Terreur. Alors les riches chásses ou reliquaires qui les contenaient devenant la proie des révolutionnaires , les saintes reliques furent profanées.
La chásse qui renfermait celles de saint Léger n'étant qu'en bois recouvert de cuivre, en partie désargenté par vétusté, ne présenta rien à la cupidité de ceux qui ne regardaient pas le travail, et dont la barbarie ne reculait point devant les chefs-d’œuvre, ils se contentèrent de la mutiler, aprés avoir dispersé ce qu'elle renfermait. Ayant rassemblé les débris de cette châsse, sur laquelle est représenté le martyre du saint, nous l'avons fait restaurer autant que nos faibles ressources ont pu le permettre. Elle fait encore l'admiration des connaisseurs. Désirant en faire aussi un objet de vénératüon , et la rendre à sa première destination, je prends la liberté de m'adresser à Votre Grandeur, pour la supplier de nous procurer des reliques du saint.
Comme la chásse ne contenait pas le corpsentier de saint Léger, s’il était possible que votre cathédrale ou toute autre église de votre diocèse en possédát quelques parties, nous .vous aurions la plus grande obligation de nous faire don de quelques parcelles , et d'y joindre une faible partie des nombreuses reliques que votre basi-
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lique a le bonheur de posséder, et qu'on y expose dans le chœur le jour de Saint-Lazare.
J'ose espérer que le zèle de la gloire de Dieu et de l'honneur de ses saints qui me fait agir me servira d'excuse auprés de Votre Grandeur, et qu'il la disposera à accueillir avec bienveillance la requête que j'ose lui présenter. C'est dans cet espoir que j'ai l'honneur d'étre,
de Votre Grandeur, Monseigneur,"
le très-humble et obéissant serviteur
Jauuks , curé d'Ébreuil.
P. S. Si Votre Grandeur daigne écouter ma prière, je la supple de m'adresser directement les saintes reliques par la poste ou par la diligence, si elle n'aime mieux les faire parvenir à notre vénérable prélat ou à MM. ses grands vicaires.
(Il n'a pas été possible à Autun de répondre à cette pieuse demande.)