FÉTE DE L'APPARITION DE SAINT LÉGER
Tiré d'une histoire manuscrite des évêques d'Autun, du seizième siècle, q par le notaire J. Guyon.)
Le 18 mai 1594 , le sieur maréchal Daumon avec une puissante armée, assiégea la ville d'Autun à grahds coups de canons. Ayant fait brèche au chastel de Rivaux, lieu le plus fort de ladite ville, fut vu visiblement pendant le grand effort dudit assaut , au ciel à l'endroit de ladite ville, la face d'un évéque, les mains jointes, en habits pontificaux ; grand nombre de gens de bien et dignes de foi attestérent le fait étre véritable et l'avoir vu visiblement , pendant le temps d'environ trois ou quatre heures de l'aprés midi du samedi , 20 juin 1591 ; ils regardaient comme certain, que c'était le bon et précieux saint Léger qui priait Dieu pour la protection et défense des Autunois contre leurs ennemis; et sans doute ce ne fat ni les ürmes , ni les forces, ni les murailles qui étaient alors, qui résistérent aux foudres et horribles tempétes des canons. Ainsi les priéres du prélat furent les moyens par lesquels les ennemis quittérent la ville à leur grande honte et confusion.
Ce fut en mémoire de ce fait que le révérend pére en Dieu, mes-
3 Bolland. Tunc tempore Theodorici regis Ebroinus qui tunc major domus ex invidia, diabolo instigante, jussit lapidibus occidi.
444 ANALECTA LITURGICA.
eire Pierre Saulnier , alors évéque de ladite cité , avec Je vénérable chapitre du lieu, instituérent dés-lors la fête et solennité quadruple de l'apparition de saint Léger, à un chacun vingt-unième de juin, et fut commencé ledit jour par une procession générale où fut portée l'image de saint Léger, en l'église Saint-François où l'on fit station ; de là on retourna à Saint-Lazare où fut célébrée la grand'mesee, commencée par Gaudeamus... de cujus apparitione gaudent angeli , aveo les collectes propres à rendre grâces à Dieu de la délivrance des ennemis. Après l'offerte , l’évêque monta en chaire et précha, avertissant un chacun dé rendre grâces à Dieu et à saint Léger de la victoire obtenue sur les ennemis. Et aprés vêpres fut faité une procession générale où ledit évêque assista, et allérent en l'église Saint-Celse et Saint-Nazaire, en la chapelle Saint-Léger, oü fut chanté le Te Deum laudamus, commencé par ledit révérend évêque ; ensuite de quoi on commença le psaume Laudate Dominum de celis, en faux-bourdon , avec les collectes et oraisons propres à tel acte, et ce fait, les révérends continuérent ladite procession, en l’église Saint-François, où fut derechef chanté Te Dewn et le psaume Domine Dominus noster, quam admirabile est nomen tuum . et furent à la fin des feux de joie à la grande place appelée anciennement /e Champ-de-Mars , et à présent le Champ-Saint- Ladre , et le lendemain fut célébré un anniversaire au service solennel en musique , pour le soulagement des âmes des capitaines , soldats et habitans , ayant répandu leur sang à la fonction et défense de ladite ville. La messe finie, ledit sieur vénérable processionnellement accompagné d'une grande multitude de peuple , se rendit dans l’église Saint-Nazaire et proche la chapelle de Saint-Léger , oü furent chantés les sept psaumes pénitentiaux , Congregati sun, etc., Ne re» corderis, elc., en musique avec les collectes et oraisons pro defunctis. Tous lesquels services susdits furent continués et solemnisés en la méme forme , pendant le tempe de quatre années suivantes et sub4 sécutives.