‹ Histoire de Saint LégerChapitre 2 sur 179 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Après une longue attente, il m'est enfin donné de vous offrir un travail commencé sur vos recommandations expresses , dirigé par vos conseils , soutenu de vos encouragements , redemandé méme avec une impatience trop honorable pour que je l'oublie.

Mow saiNT Lécer, disiez-vous, Monseigneur ! Le mot est légitime et m'est cher. Je vous rends Léodégar, plutót que je.ne le dédie , heureux de le mettre sous le nom d'un prélat qui m'en a souvent rappelé l'image. |

Père de la méme cité dont saint Léger fut le dé-

Jenseur, et plus heureux que lui, en des temps aussi difficiles, vous avez vu subsister, autour de vous, ce calme des grands souvenirs et cette paix des anciens jours que l'on respire dans votre antique Église. Gardien fidéle du dépót de foi, légué à votre peuple par tant de martyrs et de saints pontifes, vous eussiez donné, comme Léodégar, si Dieu n'eüt détourné des mains furieuses, le spectacle d'un pasteur immolé au milieu de son troupeau, au sortir des cérémonies saintes, sur les marches de sa cathédrale!

Vous étiez prêt, Monseigneur ; vous veniez de renoncer aux splendeurs d'un siége archiépiscopal et d'une ville toute romaine, pour continuer l'humble et vénérable succession des Rhétice, des Syagre, des Léodégar.

Le plus ancien biographe autunois de saint Léger disait de lui : Le monde vieilli et vicieux ne put supporter la mále vigueur de cet homme céleste. Monseigneur, vous accoutumez le monde à la vigueur des saints, vous ferez supporter aujourd'hui Léodégar. Vous le ferez aimer, ainsi que tous ces vieux patrons de votre peuple , qui ont rempli votre cité de leur vertu, qui ont triomphé du diable en traversant les naufrages de cette vie passagére , qui

sont devenus les défenseurs de leur patrie en allant

à la vraie patrie, qui sont demeures la tour inexpugnable , à jamais consolidée par l'effusion de leur sang. (Acta S. Symphortant.)

Cette longue chaîne de quatre-vingt-dix-huit pontifes, dont le premier anneau touche au berceau de Ja foi dans les Gaules , puissiez-vous, Monseigneur, la continuer longtemps, et répandre encore, à de longues années, les bénédictions qui plus d’une fois, je ne l'oublierai jamais, descendirent jusqu'à celui qui , toujours votre fils dans le sacerdoce, s'honore d’être avec le plus profond respect et la plus affec-

tueuse reconnaissance , Monseigneur,

de Votre Grandeur,

Le trés-humble et tres-obéissant

serviteur,

Fn. J.-B. PITRA,

De la Congrégation de France.

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