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4° Le plus ancien monument est une relation de la translation du corps de saint Léger, écrite par Audulf , abbé de Saint-Maixent, sur les lieux et dans le temps méme de cette translation, vers 681. C'est comme le procès de canonisation de notre saint.
2° Cette pièce fut envoyée en méme temps à Poitiers et à Autun. Ursin , abbé du savant monastére de Ligugé, sollicité par l’évêque Ansoald, parent du saint martyr, se décida à compléter le récit de sa vie.
3° D'unautre côté, le successeur immédiat de saint Léger, Herménaire, une abbesse de Cahors, Hermena, et tout le monastère de Saint-Symphorien, déterminerent un pieux moine d’Autun à recueillir les souvenirs et les témoignages encore récents des contemporains et des témoins oculaires. ]l eut sous les yeux la relation de l'abbé Audulf. Telle fut l'origine de la biographie de l'Anonyme autunois, moins élégante que celle d'Ursin , mais plus détaillée et plus vigoureusement écrite.
4* La piéce la plus considérable aprés celles-ci est le poéme inédit que nous avons recu de la bibliothèque de Saint-Gal], et que nous devons à l'obligeance de M. Zweilgauer, archiviste du canton d'Appenzell. Le silence complet de l'auteur de cette piéce sur les translations du corps de seint Léger, à l'époque des Normands , place cette composition au neuvième siécle , avant l'année 866. La scrupuleuse fidélité de cet auteur à suivre la narration d'Ursin,
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et surtout le soin particulier qu'il met à décrire le tombeau de saint Léger et l’église que l'abbé Audulf lui fit élever, donne lieu de croire qu'il écrivait prés de ce tombeau et dans l'abbaye de Saint-Maixent. Cette piéce est donc un monument inédit de la France littéraire , et un témoignage presque contemporain qui confirme en tout point ce que nous savions de saint Léger par Áudulf , Ursin et le moine anonyme de Saint-Symphorien d'Autun.
5" Nous publions encore une quatrième vie de saint Léger, inédite comme la précédente, composée au onziéme siécle par un moine de Murbach, en Alsace. Nous l'avions crue d'abord contemporaine et anonyme, sur la foi de Mabillon et des Bollandistes, qui n'en ont connu qu'une copie fautive et incompléte. La découverte toute récente d'un manuscrit de Strasbourg, qui échappa méme aux recherches si sérieuses des historiens de l'Alsace , Schæpflin et Grandidier, nous a permis de rétablir la date précise, le nom de l'auteur de cette vie et celui de l'abbé de Murbach qui la fit composer. L'auteur est un frére Frulandus, qui se dit le clerc de l'abbé de Murbach, et cet abbé se nommait Eberhard, et gouvernait l'abbaye vers l'an 1041. Nous regrettons d'avoir rencontré le manuscrit de Strasbourg trop tard pour certains détails qui se trouvent moins exacts et moins complets. Cet auteur, sans différer de ses devanciers en rien d'essentiel , y ajoute quelques particularités dignes d'attention, et entre autres, sur la
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fin, des détails curieux concernant le culte de saint Léger dans la chapelle royale et dans l’abbaye de Murbach. Cette partie, que les Bollandistes désiraient surtout de se procurer, et qui manque à leur exemplaire, est entiérement neuve et inconnue. Le moine de Murbach se plaint assez vivement d’Ursin, et lui reproche d’avoir mis sur le même pied, dans son récit trop impartial, Ébroin et saint Léger. Ce reproche est précieux, d'autant plus qu'avec le propos arrété de faire autrement , ce quatriéme biographe est ramené, par la force des faits, dans un récit à peu prés identique. Nous pouvons donc les suivre les uns et les autres en toute confiance , pour ce qui concerne la vie politique de Léodégar, partie la plus délicate de sa biographie, et la plus accessible à la critique. Le moine de Murbach ajoute principalement aux autres historiens des causeries de personnages qu'il met trés-librement en scéne. Cette naive expression des sentiments de l'auteur le recommandera sûrement à nos lecteurs, et pourtant l'austére critique de Mabillon et des Bollandistes en a pris prétexte pour l'exclure entiérement de leurs collections.
6° Nous avons recu de l'obligeance de M. Cousseau, supérieur du grand séminaire de Poitiers, une cinquiéme vie tirée des archives de l'abbaye de Moissac et conservée au tome 51 dela volumineuse collection de D. Fonteneau, en 85 vol. in-f°, l'un des trésors de la riche bibliothèque de Poitiers,
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Nous n'avons publié que le préambule de cette pièce ; le reste, sauf quelques légéres variantes, est littéralement le récit de l’Anonyme autunois.
T" Nous possédons encore un monument curieux et d'une respectable anuquité. Dans un glossaire latin, manuscrit de la bibliothéque de Clermont, n° 489. du dixième siècle, se trouve inséré un poéme en langue romane sur saint Léger. Nous avons pu en prendre connaissance par la bienveillance de M. Champollion-Figeac , qui se propose de publier cette pièce dans son grand ouvrage sur la Paléographie, et auquel nous devons laisser l'honneur et le labeur d'une restitution intégrale et correcte du texte, selon toutes les exigences métriques et grammaticales de la poésie romane du dixième siècle.
.. 8? Nous avons profité d’un voyage en Alsace pour
ajouter aux pièces précédentes une série spéciale renfermant , siècle par siècle, tous les documents que nous avons pu recueillir sur le culte de saint Léger dans l’illustre abbaye princière de Murbach, placée dès son origine sous son patronage. Nous avons trouvé presque toutes ces pièces dans les bibliothéques de Strasbourg et de Colmar, qui nous ont été ouvertes avec un bienveillant empressement que nous aimons ici à reconnaitre.
Il nous a paru que l'ensemble de ces piéces était assez considérable pour les réunir à la fin de ce volume sous la rubrique d’Analecta. Nous les avons divisées en trois séries. La premiére, imprimée avant
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que nous ayons pu rencontrer les documents provenant de Murbach , s'ouvre, sous le titre d' Analecta Liturgica, par une messe de saint Léger, insérée, peu d'années aprés son martyre, dans le-Missale Francorum , et se termine par quelques notes sur le culte de saint Léger et de saint Guérin à Autun, à Lucerne , à Ebreuil, à Saint-Maixent, à Vergy et au diocèse d'Arras. Les Analecta Historica forment la seconde série et comprennent les deux piéces dont nous avons parlé plus haut (n* 4° et 6°), les Æctes du concile d'4utun sous saint Léger, augmentés d'un canon que Mansi a édité le premier dans sa grande collection des conciles ; l'épitre écrite par saint Léger à sa mére Sigrade aprés le martyre de son frére saint Guérin ; le testament de saint Léger revu sur l'édition d'Aubert le Mire, et accompagné d'une version francaise inédite du seiziéme siécle; l'exhortation d'un évêque du palais à Clovis II, fils de Dagobert 1. On verra que cette piéce curieuse se rattache à notre sujet, et on nous saura bon gré de l'avoir empruntée à l'une des rares et précieuses collections du cardinal Mai. Enfin nous avons réservé sous un titre spécial, Analecta Murbacensta, toutes les piéces provenant de l'abbaye de Murbach, divisées comme les précédentes en deux parties , historique et liturgique.
On a eu peine à comprendre, par une impatience qui nous honore , les retards de cette publication. Nous sommes obligés de déclarer pourtant qu'à notre