‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 106 sur 126 · Conrad II, petit-fils de l'empereur Frédéric IL · texte numérisé non relu

Conrad II, petit-fils de l'empereur Frédéric IL

DE SAINT liûUIS. 289

qui ne vous aioieBt guère m ïm ni l'autre, et ei vous nous laissez Baviguer, nous vous aurons encore cei^e nuit délivré péril ; car mm& aurons pané ce détroit. Vrainent, fit le oroî, je ne vous eu icroirai pas justes à laisser mes gens enitoe les .maifis des Sairaains sans qi» je lasse au moins tout mon possible pour les délivrer, fit je vous commande ;(}ue Nom toumies vos voiles et que mns leur «^allioM eonrir sas. • It quand la reine ouït cela, elle commença à mon» trer un très-grand deuil et dit : c Hélas I c'est moi qui ai fait tout cela. »

Tandis que Ton tournait les voiles du vaisseau du roi et «des antres^ nous vîmes les galères sortir de rile. Quand elles vinrent près du roi, le roi demanda aux inarinters pomnpioi ils airaiemt fiait oeJa;'et ils répondirent qu'ils n'en pouvaient maiSi, tfae eeu qui le âvent, c'étaient des fils de bomgeois de Paris, dont il y en avait six, qui mangeaient ks fruits des^ardins ; o'esi {MMurquoi les mariniers ne les pouvaient avair, et ils ne les voulaient pas laisser. Alors le roi commanda qu'on les mît dans la chaloupe ; ^et alors ils ocattmeBcteeat à crier et à braire : « Sire, pour Dieu, rangonnez-nous de tout SB que nous ayons, pourvu q}j^ voas ne nousmo^ tiès pas là où l'on metles meurtiners etlesdarrans, car cela nous serait â jamais reproobé. •La, reine ft nous tom iliMS Dotre possible pour ifoe le roi

86 voulût désister; mais jamais le roi ne voulut, écouter personne ; ils y furent mis et y demeurèrent jusques à tant que nous fûmes à terre. Ils y furent en tel danger, que quand la mer devenait grosse, les vagues leur volaient par-dessus la téte, et ils devaient s'asseoir de peur que le vent ne les emportât dans la mer. Et ce ftat à bon droit, car leur gloutonnerie nous fit tel dommage que nous en fûmes retardés de huit bonnes journées, parce que le roi fit tourner les vaisseaux devant derrière.

GXXVin. £e feu piend dans lâ eliambie de Ut reino.

Avant que nous vinssions & terre, une autre

aventure nous advint en mer qui fut telle, qu'une des béguines de la reine, quand elle eut couché la reine, ne prît pas garde, et jeta Tétoffe dequoi elle lui avait entortillé la tète, auprès de la poêle de fer où la chandelle de la reine brûlait; et quand elle fat allée couclier dans la chambre au-dessous de la ehambre de la reine, là où les femmes couchaient, la chandelle brûla tant que le feu prit i Tétoffe, et de Tétoffe il prit aux toiles dont les draps de la reine étaient couverts. Quand la reine s'éveilla, eùe vit la chambre toute embrasée de feu, et sauta du lit toute nue et prit l'étoffe et la jeta à la mer, et

prit les toiles et les éteignit. Ceux qui étaient dari la chaloupe, crièrent à demi-voix, « Le feu ! le leu I . Je levai la tête et vit que Tétoffe brûlait encore avec une flamme claire sur la mer, qui était très-* ^ calme. Je revêtis ma cotte au plus tôt que je pus, et allai m'asseoir avec les mariniers. Tandis que j'étais assis là, mon écuyer, qui couchait devant moi, vint à moi et me dit que le roi était éveillé, et qu'il avait demandé là où j'étais. « Et je lui avais répondu, dit-il, que vous étiez dans les chambres;^ et le roi me dit : « Tu mens. » Tandis que nous parlions là, voilà mattre Geoffroy, le clerc de la reine, qui me dit : • Ne vous effrayez pas, car il est ainsi advenu. » Et je lui dis : « Mattre Geofifroy, allez dire à la reine que le roi est éveillé, et qu'elle aille vers lui pour Tapaiser. » Le lendemain, le connétable de France et monseigneur Pierre le chambellan et monseigneur Gervaise dirent au roi : « Qu'y a-t-il eu cette nuit que nous ouïmes parler du feu ?> Et je ne dis mot. Et alors le roi dit ; « Il faut que cela se trouve bien mal que le sénéchal soit plus caché que je ne suis ; et je vous conterai, dit le roi, ce que c'est, et comment nous faillîmes être tous brûlés cette nuit. » Et il leur conta comment ce fut, et médit : « Sénéchal, je vous commande que vous ne vous couchiez pas dorénavant jusques à tant que vous ayez éteint tous les feux de céans, excepté le grand feu qui est dans la soute du vaisseau. El

sachez que je ne me coucherai pas jusques à tant que vous reveniez à moi. > Et ainsi fis-je tant (jtue nous fûmes en mer ; et quand je reve&aisi, alors roi se couchait

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