‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 52 sur 126 · rrédéric U · texte numérisé non relu

rrédéric U

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telle manière que le comte d'Artois son frère garderait les cliais et les engins ; le roi et le comte d'Anjou, qui depuis fut roî de Sidle, ftirent établis pour garder le camp du côté de Babyloiie ; le comte de Poitiers et nous autres de Champagne devions garder le camp du côté de Damiette. Or il advint que le prince des Turcs ci-devant nommé fit passer ses gens dans Vile qui est entre le fleuve de Damiette et le fleuve de Rexi, là où notre armée était campée; et il ât ranger ses oerps de bataille de l'un des fleuves jusques à l'autre» Le roi de IS- •cile iittaqua ces gens et les déconiit. 11 y en eut beaucoup de noyés dans l'un et Tauti^ fleuve; et' toutefeis il en demeura une grande ijartie qu'on n'osa attaquer, pfurceque les engins <les Sarrasins tiraient entre les deux fleuves. A l'attaque q«e le roi de Sicile lit contre les Turcs, le comte Gui (k lorey traversa Tarmée des Turcs à cheval^ et attaqua lui et ses chevaliers un corps de bataille de flex^eiits sarrasins qui le Tonveraèrent i terre; et il eut la jambe brisée, et deux de ses chevaliers le • msûmàv&ai sur iews bra& C'est k grajud .peine iqu'>oii .fit retirer Je roi 4e Sicile '«du péril li où il 4&'était mis, et il fut tirès-prisé pour oelte journée^ Leti Twam viareât au comte^de PoiliiSis «t Ji Mus^ et nous leur courûmes sus et les poursuivîmes longtemps; il y eut de leurs gens occis, et nous revînmes sans pertes.

D£ SÂINT LOUIS.

- XLIII. ^ Le feu grégeois lancé contre les chats-ehdteaux.

Un soir où nous faisions le guet de nuit près des tkatS'thdteaux, il advint qu'ils nous amenèrent un

engin qu'on appelle pierrière\ ce qu'ils n'avaient pas encore fait, et qu'ils mirent le feu grégeois dans la fronde de Fengin. Quand monseigneur Gautier du Gureil, le bon chevalier, qui était avec moi, vit cela, il nous dit ainsi : « Seigneurs, nous sommes dans le plus grand péril où nous ayons jamais été ; car s'ils brûlent nos châteaux et que nous demeurions, nous sommes perdus et brûlés ; et si nous laissons nos postes qu'on nous a baillés îtgardêr, nous sommes honnis ; c'est pourquoi Uul ne nous peut défendre de ce péril, excepte Dieu. Je suis donc .d'avis et vous conseille que toutes les fois qu'As nous lanceront le feu, nous nous mettions sur nos coudes et nos genoux et priions Noire- Seigneur qu'il nous tire de ce péril. » Sitôt qu'ils lancèrent le premier coup, nous nous mimes sur nos coudes et nos genoux, ainsi qu'il nous l'avait enseigné. Le premier coup qu'ils lancèrent vint

1 . Cet engin, comme son nom riniiqttef «iwait oi Hlii ai wiii t

à lancer des pierres; mais las Stinranns l'employèrent ators à

lancer le feu* grégeois.

entre nos deux chaU^^hdteaux ^ et tomba devant

nous sur la place ffue Tarmée avait faite pour boucher le fleuve. Nos hommes chargés d'éteindre furent préparés pour éteindre lefeif; et parce que les Sarrasins ne pouvaient tirer sur eux à cause des deux ailes des pavillons que le roi y avait faitiaire, ils tiraient louL droit vers les nues, en sorte que les traits leur tombaient tout droit vers eux.^La nature du feu grégeois était telle qu'il venait bien par devant aussi gros qu'un tonneau de verjus, et

laqueue du feu qui en sortait était bien aussi grande

qu'utie gran d e lance. II fa Isa i l un te 1 bru i t en venant, qu'il semblaitque cefùtlaroudreduciel ; ilsemblait un dragon qui volât dans les airs. Il jetait une si grande clarté que l'on voyait parmi le camp comme s'il eût été jour^ pour la grande foison du feu qui jetait la grande clarté. Trois fois ils nous jetèrent le feu grégeois ce soir-là, et ils. nous le lancèrent quatre fois avec l'arbalète à tour. Toutes les fois que notre saint roi entendait qu'ils nous jetaient le feu grégeois, il se revêtait sur son lit, et tendait ses mains versNotrfe-Seigneur etdisaiten pleurant: « Beau sire Dieu, gardez-moi mes gensl » £t je crois vraiment que ses prières nous rendirent bien service dans le besoin. Le soir, toutes les fois que le feu était tombé, il nous eqvoyaitun de sescham* bellans pour savoir en quel état nous étions, et si le feu nous avait fait quelque donmiage. L'une des

fois qu'ils nous le jetèrent, il tomba près le c/iaichduau que les gens de monseigneur de Gourienay gardaient, et frappa sur la rive du fleuve. Alors Yoiià un chevalier qui avait nom l Aubigolz ; c Sire, me dit*il, si vous ne nous aidez, nous sommes tous brûlés, car les Sarrasins ont tant lancé de leurs traits qu'il y en a tout comme une grande haie qui vient bràlant vers notre château. > Mous nous élançâmes et allâmes là, et trouvâmes qu'il disait vrai. Nous éteignîmes le feu, et, avant que nous l'eussions éteint, les Sarrasins nous chargèrent tous de traits qulis lançaient au travers du fleuve.

XLIY. — Les cliats-chdleaux brûlés par la feu grégeois.

Les frères du roi- faisaient lé guet sur le haut des chais chdieaux, pour tirer contre les Sarrasins, avec les arbalètes, des carreaux qui allaient parmi le camp des Sarrasins. Or le roi avait arrangé que quand le roi de Sicile faisait le |uet de jour pour les chats-châteaux, nous devions faire le guet de nuit. A cette journée que le roi de Sicile ût le guet de jour et que nous devions faire le guet de nuit, nous étions en grand malaise de cœur, parce que les Sarrasins avaient UmiJs^^^j^bJBM chats'^hd* teaux. Les Sarrasins amenèrent la pierrière au grand

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jour, oe qu'ils â'^vaienit encore Jbit 4e.aiMt» et lancèrent le feu grègeiA&mt noBjclMs^eAdtmiœ. Ik avaieat appmcba leur& eagiaft si pnà» da& clmt^sséfi» qua ranaèe avait faites pour hiraobar le fleuve,, que nul n'osait aller aux clkats-chdieaux^ à cause des engins qui lançaient las giandee pierres qui Umbaient sur la. Toie. Vott il aèrint que nos deux * châteaux furent brûlés, et le roi de Sicile en était si hors de sens qu'il se voulait aller lane^ dans la. leupourréteindre;ets'ilenfutcourroucé,nK)ietmes ctievaliera nous en louées Oim ; car si nous #U8<^ sionslaitlaguetlesoir, nousenssiemététonsbrûilés.

Quand le roi vit cela, il envoya quérir tous les barons, et les pria que chacun lui donnât du bois* de ses vaisseaux pour faire un chat pour boucher le fleuve; et.il leur montra bian clairement qu'il n'y avait pas de bois dont on le pût faire, si ce n'étoit le bois des vaisseau;^ qui avaient ameaô nos bagages en amont du fleuve. Us eni donnèraot caque chacun voulut, et quand ce c/wii fut fait» lè bois fut prisé à dii^ miUa IImt^ii ^ plufk. ^

Le roi décida auKi qia.l^on n'avancerait pas le ûuit sur la chaussée jusques à tant q^ue. le. joui viendrait où. le roi.âa.SipUa devait faisa le.gueti pour réparer le malheur arrivé aux autres, c/ki/s^-

chduam qjn lur^tbr]Ué8pettlaals(ttguat..Aj4isîqu'on l'avait réglé, ainsi loi &it; car,, sitôt quei le roi de Sicile fut venu, k son guet^, il Ut pousser *

le c/tai jusques au lieu où les deux autres chats^ ckâUQ/wy ava44^nliiété bcûlés. Quaad les Sarrasins le virent, Hb aorrangèrent que tdus leurs seize engins tireraient sur la chaussée où le chat était venu. Et ^qtumd ib vif fiiit que nos gens redoutaieiri; d'aJler ^au chat à cause des pierres dos engins qui tom-

hsient swr la chwssée par où le ùkM éliait veniU) ils

amenèrent la jmrrière, et lancèrent le feu grégeois SMX le ciMi et le brûlèrent tout. C'est une grande crairloisîe que Bxeu fit à moi et à mes chevaliers ; car n(^us eussions le soir fait le guet en grand péril, ainsi- qm nom eussioifts liait 4 l'autre guet dont je vow ai yarié d^devant.

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