‹ Histoire de Saint LouisChapitre 140 sur 261 · LXIX. LA CONSPIRATION DES ÉMIRS ÉCLATE; LE SOUDAN EST ASSASSINÉ · texte numérisé non relu

LXIX. LA CONSPIRATION DES ÉMIRS ÉCLATE; LE SOUDAN EST ASSASSINÉ

318. Li amiral que li soudans avoit ostei de son corisoil pour mettre les siens que il et amenez d'estranges terres, prislrent consoil entre aus*; et dist uns saiges hom Sarrazins en tel manière : « Signour, « vous veez la honte et la deshonour que li soudans t nous fait, que il nous oste de l'onnour là ou ses « pères nous avoit mis. Pour laquel chose nous devons « estre cerlein que, s'il se treuve dedans la forteresse € de Damiete, il nous fera penre et mourir en sa pri- « son, aussi comme sesaious' fist aus arairaus qui « pristrent le conte de Bar et le conte de Monfort. Et « pour ce vaut-il miex, si comme il me semble, que « nous le façons occirre avant qu'il nous parte des « mains. »

349. Il alerent à ceus de la Halequa, et lour requistrent que il occeissent le soudanc, si tost comme il averoient luangié avec le soudanc, qui les en avoit semons. Or avint ainsi que après ce qu'il orent mangié, et li soudans s'en aloit en sa chambre et ot pris congié de ses amiraus, uns des chevaliers de la Halequa, qui portoit l'espée au soudanc, feri le soudanc de s'espée meismes parmi la main, entre les quatre dois, et li fendi la main jusques au bras.

Page 1