VIII. CE QUE SAINT LOUIS PENSAIT DE LA FOI
43. Li sainz roys se esforça de tout son pooir, par ses paroles, de moy faire croire fermement en la loi crestienne que Diex nous a donnée, aussi comme vous orrez ci-après. Il disoit que nous deviens croire si fermement les articles de la foy que, pour mort ne pour meschief qui avenist au cors, que nous n'aiens nulle volentei d'aler encontre par parole ne par fait. Et disoit que li ennemis est si soutilzque, quant les gens se meurent, il se travaille tant comme il puet que il les puisse faire mourir en aucune doutance des poins de la foy ; car il voit que les bones œuvres que 11 hom a faites, ne li puet-il tollir; et voit aussi que il l'a perdu se il meurt en vraie foy^
44. Et pour ce, se doit-on garder et en tel manière deffendre de cest agait que on die a l'ennemi, quant il envoie tel temptacion : « Va-t'en ! doit-on dire à « l'ennemi ; tu ne me tempteras jà à ce que je ne croie « fermement touz les articles de la foy ; mais se tu me (( fesoies touz les membres trànchier, si vueil-je vivre t et morir en cesti point*. » Et qui ainsi le fait, U
f. Voy. g 849 du Credo, ) %. Voy. g 775 du Credç,
l'évêque de paris et le théologien. 19
vaint l'ennemi de son baston et de s'espée, dont li ennemis le vouloit occirre,
45. Il disoit que ioys et créance estoit une chose ou nous deviens bien croire fermement, encore n'en fussiens-nous certein mais queparoïr dire. Sus ce point, il me fist une demande : comment mes pères avoit non? Et je li diz que il avoit non Symon. Et il medist comment je le savoie? Et je li diz que je en cuidoie estre certeins et le creoie fermemement, pour ce que ma mère le m'avoit tesmoingnié*. Lors il me dist: <f Donc devez-vous croire fermement tous les articles de « la (oy, lesquiex li apostre tesmoingi\ent, aussi comme « vous oez chanter au dymanche en la Credo. )>