‹ Histoire de Saint LouisChapitre 49 sur 261 · SAINT LOUIS RENDANT LA JUSTICE · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS RENDANT LA JUSTICE

en tel manière que mes sires de Neelie* et li bons euens de Soissons-, et nous autre qui estiens entour li, qui aviens oies nos messes, aliens oir les plaiz de la porte, que on appelle maintenant les requestes.

58. Et quant il revenoit du moustier, il nous envoioit querrre, et s'asseoit au pié de son lit, et nous fesoit touz asseoir entour li, et nous demandoit se il en avoit nulz à délivrer que on ne peust délivrer sanz li; et nous les li nommiens, et il les faisoit envoler querre, et il lour demandoit : « Pourquoy ne « prenez-vous ce que nos gens vous offre n t? » Et il disoient : a; Sire, que il nous offrent pou. » Et il lour disoit en tel manière : « Vous deveriez bien ce penre « que l'on vous voudroit faire. » Et se traveilloit ainsi li sainz hom, à son pooir, comment il les metteroit en droite voie et en raisonnable.

59. Maintes foiz avint que en estei il se aloit seoir ou bois de Vinciennes après sa messe, et se acostoioit à un chesne, et nous fesoit seoir entour li. Et tuit cil qui avoient afaire venoient parler à li, sanz destourbierde huissier ne d'autre. Et lors il lour demandoit de sa bouche : a A-il ci nuliui qui ait partie ? 3 Et cil se levoient qui partie avoient. Et lors il disoit : « Tai- « siés-vous tuit, et on vous deliverra l'un après l'au- « tre. » Et lors il appeloit mon signour Perron de

1. Simon, sire de Ncsie, qui fut •n de$ régents du roy^iume pendant lu seronde crniàsil* de saint Loui>.

2. Jean II de NasJe, dit le Bon at le Bègue, comte de Soissons de 1;:37 à 1270. U était cousin gennaia de Joiaville. Voy. g 338.

Foiileinnes et mon signour Geffroy de Villete *, et disoit à l'un d'ans : « Delivrez-moi ceste partie. » oO. Et quant il veoit aucune chose à amender en la parole de cens qui parloient pour 11, ou en la parole de cens qui parloient pour autrui, il-meismes l'amendoit de sa bouche. Je le vi aucune foiz, en estei, que pour délivrer sa gent il venoit ou jardin de Paris, une cote de chamelot vestue, un seurcot de tyreteinne sanz manches, un mantel de cendal noir entour son col, moût bien pigniez et sans coife, et un chapel de paon blanc - sus sa teste. Et fesoit estendre tapis pour nous seoir entour li; et touz îi peuples qui avoit afaire par devant li, estoit entour li en estant. Et lors il les faisoit délivrer, en la manière que je vous ai dit devant dou bois de Vinciennes.

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