III
Benjamin Galameau aurait bien 115 ans.
Il était cordonnier et finit par tenir un petit magasin.
Lorsque nous l'avons connu, il était veuf et demeurait seul dans sa petite maison en face de l'église.
Sa maison s'emplissait d'hommes et de jeunes gens, avant et après chaque office, plusieurs fois chaque dimanche et fête.
Ayant été bien pauvre, et ayant perdu plusieurs petites som« mes d'argent, que lui devaient d'anciens clients, il avait une souveraine horreur du crédit. Aussi, lorsque quelqu'un allait redemander une chaussure, qu'il avait réparée, et qu'il avait eu soin de mettre au frais de sa cave, s'il lui disait : « Je vous paierai dimanche, » il entrait en colère et s'écriait : « Tu n^as pas (T argent ! A là cave h et il y rejetait le soulier.
n ajoutait, en accentuant chaque syllabe, et avec une solennelle indignation: « Mau....dit cré....dit. » Puis il frappaitavec force sur le fourneau de tôle de son poêle.
Galameau laissa Saint-Luc pour Montréal, vers 1866, et alla demeurer chez une de ses filles mariées. A son départ il put réaliser environ 1,000 dollars.