TOPOGRAPHIE DE SAINT-LUC
teau-des-HctreSj d'environ deux milles de longueur et un mille de largeur, n'a ([ue (juatre à eincj pieds d'élévation.
Il est à l'est du Chemin-de-Saint-Jean, (ju'il coupe, cependant, près de la montée Fréclu*tte, (jui conduit au Bord-de-l'eau, pour pénétrer sur ([uelciues terres de la Petite-Acadie. C'est la ])artie la moins fertile de la ])aroisse.
Il portait jadis beaucoup de hêtres, d'où il a tiré son nom ; mais on n'y en voit pres(|ue plus, bien qu'il soit encore en plusieurs endroits, surtout vis-à-vis l'église, recouvert de bouleaux, de pins et de sapins.
La paroisse de Saint- Luc fait partie de cette riche et fertile vallée de terre grise et forte, (|ui longe le Saint-Laurent, et, par bouts, le Richelieu, de Contrecœur à Salaberry.
Au temps de la maturité des grains, la Grande-Savane, le Côteau-des- Hêtres, à l'ouest du Chemin-de-Saint-Jean, et la Petite-Acadie, les trois greniers de Saint-Luc, offrent à l'observateur placé sur l'arrière du presbytère un panorama s])lendide.
La plaine s'y déploie large et majestueuse, et les moissons jaunissantes s'y balancent avec grâce, comme les ondes d'un beau lac sous le charme de la brise.
L'horizon de Saint-Luc n'est pas moins intéressant qu'agréable à la vue. On y compte, en différents jours, jusqu'à onze clochers brillant sur l'azur du ciel, et on y entend les cloches de plusieurs d'entre eux.
Plusieurs montagnes émergent au loin.
A l'est, le mont Johnson, ou Saint-Grégoire (c'est le plus rapproché), et les AUéghanys; au nord-est, les montagnes de Rougemont et de Saint-Hilaire ; au nord, la montagne de Saint- Bruno ; à l'ouest, le Mont-Royal, dont on distingue, en hiver, par de belles matinées, les rues en amphythégltre, et, le soir, sa lumière électrique, que de bons yeux résolvent même de Saint-Luc, et, au fond, les Laurentides ; enfin, au sud-est, les Montagnes Vertes.
On a souvent vu de Saint-Luc, dans les grandes réjouissances de Montréal, les gerbes du feu d'artifice gravir les flancs de la montagne et les redescendre en miroitant, et on en a souvent entendu gronder le canon.
C'est que Saint- Luc n'est qu'à une vingtaine de milles de Montréal ; à portée, par conséquent, de ses lumières intellectuelles, de ses marchés, de son commerce, de son industrie.
Cette paroisse est aussi à portée des chemins de fer du Pacifique et du Grand-Tronc, qui ont des stations à l'Acadie et à Saint-Jean (celui-ci traversant même Vangle sud de la Petite- Acadie). Elle est aussi à portée de la navigation du Saint- Laurent, du Richelieu et du canal Chambly, qui passe sur son territoire entre l'île Sainte-Thésèse et la terre ferme, et à environ vingt-cinq milles des lignes qui séparent le Canada des États-Unis.
Saint-Luc, cependant, est isolé et dans un calme plat. Les bateaux, les trains de chemins de fer, même les fils téléphoniques, y passent, mais n'y arrêtent pas. La malle n'est devenue quotidienne que depuis trois ou quatre ans.
Tout de même, la beauté de ses terres, la fertilité de son sol, ses vertes prairies émaillées de fleurs du printemps à l'automne, la nappe d'eau du Richelieu, ses jolis petits bois, d'où s'échappent des parfums, son air pur, sa tranquillité profonde, la proximité de l'église pour la plupart, l'affabilité, la douceur, la franchise et l'aménité de ses habitants, en font une campagne agréable, un lieu de délices pour les amateurs de repos et de paix.