‹ Histoire de Saint-LucChapitre 15 sur 69 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

Les fidèles de Saint-Luc ont d'abord assisté aux exercices du culte dans le haut d'un presbytère.

C'est ainsi, d'ailleurs, l'histoire nous l'apprend, qite l'on a fait dans la plupart de nos paroisses rurales.

L'élection des syndics pour l'érection d' un presbytère et d'un cimetière, dit l'acte de M. Henr}', eut liexi à Saint-Luc, le 21 octobre 1800, et fut confirmée par les commissaires civils, le 31 du même mois.

J.-Bte Morin, J.-Bte Molleur, Jean Manie et Ambroise Poirier, élus syndics, firent tout de suite un devis et une répartition, qu'ils firent homologuer, et donnèrent l'entreprise à J.-Bte Boutonne et Joseph Chevalier, maçons, et au charpentier Poitras, tous trois de Montréal, pour 8750 chelins de 20 sols. Les habitants, cependant, devaient travailler à la bâtisse, quelque fois même avec leurs chevaux et voitures, et fournir la chaux, la pierre, le sable et le bois.

Les syndics comprirent dans leur répartition, que nous avons vue, 300 livres pour le teiTain, 300 livres pour la façon de la clôture du cimetière et de l'écurie, 120 livres pour la façon de l'escalier extérieur du presln^tère, et 1020 livres pour frais de cour et dépenses imprévues.

En sorte que le prélevé fut de 10,490 livres, ancien cours. Et, comtne il y avait 10,490 arpents de terre imposable chaque arpent dut payer une livre de 20 sols en argent, à parties journées de travail et les matériaux.

Les devis et répartitions a3^aut été homologués, le 8 janvier 1801, l'ouvrage eommença de bonne heure au printemps, et fut terminé en octobre pour l'arrivée du euré.

Les bancs furent aussi faits sous la direction des syndics, mais la fabrique fournit 1740 livres pour les payer.

•Ce presb3'tère était une vaste bâtisse de piei-rc d'environ 70 pieds de longueur sur 40 de profondeur, avec un carré élevé et un toit aigu garni de lucarnes. M. le curé occupait le rez-dechaussée, à part la Salle-des-Habitants, etle haut, en plein pied, servait de chapelle. On y arrivait par un grand escalier extérieur placé au pignon nord, et l'autel était adossé au pignon sud entre deux croisées.

Il servit de chapelle jusqu'en 1827, où l'on entra dans la nouvelle église, M. Blanchet étant curé.

La nef de la chapelle fut tout de suite convertie en salle de classe pour les garçons (l'école s'y tint longtemps), et le sanctuaire aménagé pour des chambres à coucher.

La Salle-des-habitants fut changée de place sous différents curés et finalement absorbée par M Coallier, cjui en tira un bon parti.

En 1851, au jugement de AI. Quintal, le presbytère était devenu presque inhabitable, et les dépendances curiales, les clôtures, même l'église, avaient besoin de grandes réparations.

Un comité, composé de Jérémie, Moïse'et Pierre Moreau, Michel Benoit, Julien Clouâtre, Etienne Loupret et Henri Déland, fut nommé et chargé de s'enquérir des réparations à faire. Son rapport conduisit à l'élection de J.-Bte Dépelteau, Augustin Gauthier, et Nicolas Man\^, artiste-sculpteur et cultivateur, comme svndics chargés de faire faire l'ouvrage jugé nécessaire.

Après bien des tergiversations, l'ouvrage fut fait par Loi;is Dcmers, de Saint-Mathias, pour 650 louis.

Il appert, par la réjDartition légale des syndics, que, à cette date, J.-Bte Moreau possédait 465 arpents de terre ; Benjamin Holmes, 420 arpents ; Mme J.-Bte MoUeur, 193 arpents ; messire Pierre Ménard, ex-curé, 180 arpents; Benjamin Galarneau, V2 arpent ; Samuel-David Hamilton, V3 arpent ; et Onésime Lecours, Vi arpent, etc.

Après de nouvelles réparations et des modifications, en 1884, à l'arrivée de M. Coallier, le premier presbj'tère fut enfin démoli, en septembre 1890.

Il fiât tout de suite remplacé par le presbytère actuel, qui put loger le curé, en octobre 1891, et qui fiit bénit par Mgr Fabre, le 15 août 1892.

Le second presbytère est une bâtisse de briques rouges d'environ 45 pieds de longueur sur 40 de profi^ndeur, à deux étages et à toit plat, et pourvu, en arrière, d'une bonne cuisine, aussi de briques rouges. Il est pourvu de citernes pour la conservation des eaux de pluie, et d'un appareil de chauffage à l'eau chaïade.

Il a coûté environ 4,000 dollars, et les paroissiens sont fiers de voir leur curé bien logé. ( 1 )

(1) La plupart des documents relatifs aux presb3^tères sont encore aux archives de la cure.

Page 1