XIX. M. BARRET
M. Norbert Barret, né à Sainte-Élisabeth-de-Bayonne, dans une côte aujourd'hui de Saint-Thomas de Joliette, le 17 mars 1822, du sieur Antoine Barret et de dame Brigitte Delisle, fit ses études classiques et théologiques au collège de L'Assomption, et fut ordonné prêtre, à Montréal, le 27 août 1848.
Après avoir été professeur, préfet des études et même supérieur au collège de L'Assomption, ori son administration a été qualifiée de règne de la terreur, il devint curé de Saint-Luc, en 1866, et y demeura plus longtemps qu'aucun autre jusqu'ici.
Son premier acte est du 25 septembre 1866, et son dernier, du 7 mars 1884.
Miné par la maladie, il ne démissionna, cependant, que le 13 juin de cette dernière année.
Entre M. Barret et son successeur, MM. C.-O. Laferrière, comme vicaire, et V. Dupuis, comme desservant, ont fait les exercices du saint ministère à Saint-Luc.
M. Barret était un homme d'étude; mais il était laid de figure, n'avait pas d'éloquence, chantait mal, et n'était pas financier. De sévère qu'il était, à L'Assomption, il devint débonnaire, à Saint-Luc.
De l'aveu de ses confrères, M. Barret n'avait pas les aptitudes voulues pour être curé, et n'aurait jamais dû l'être.
Il n'aurait pas voulu, non plus, être curé et n'accepta qu'après bien des tergiversations et de respectueuses observations à son évêque, Mgr Bourget, à qui il écrivait, le 18 septembre 1866 :
M. L'AnnÉ J.-Chs Coallihr, Ancien curé de Saint-Luc.
« Monseigneur,
«J'accepte (Saint-Luc) avec la plus grande répugnance, et je ne puis croire que ce genre de vie me reviendra. »
C'est pendant son administration qu'eut lieu l'incendie de l'église. Ne se sentant pas les aptitudes nécessaires pour faire face aux difficultés, qui se présentaient, et pour reconstruire l'église, il voulut se retirer et écrivit, le 18 octobre 1875.
« Monseigneur,
« Je suis bien disposé à laisser cette malheureuse paroisse. »
L'obéissance l'y retint, cependant, et l'église fut reconstruite de son temps, mais, pour ainsi dire, par les syndics seulement.
Il se retira, en 1884', dans son patrimoine de Saint-Thomas de Joliette, où nous l'avons deux fois visité et trouvé tout per" dus des mains et des jambes, incapable de marcher et partant de célébrer, pouvant à peine écrire, et n'ayant plus une seule dent.
Il avait près de son lit, cependant, sur une petite table placée devant lui, son bréviaire et trois dictionnaires : un grec, un latin et un français. Il s'occupait à traduire les hvmnes du bréviaire en vers français.
C'était, à la vérité, une occupation bien ecclésiastique.
Il mourut le 25 janvier 1892.
§ XX. M. COALLIER
M. Joseph-Charles Coallier naquit, à Montréal, le 28 décembre 1846, du sieur F.-X. Coallier et de dame Marie-Louise Lacoste.
Ordonné prêtre, à Montréal, le 2 février 1874-, il fut successivement vicaire, à L'Acadie, St-Cuthbert et St-Timothée, puis assistant-chapelain au Bon-Basteur, desservant de Repentigny, vicaire à Saint-Jean, et, enfin, curé de Saint-Luc, en 1884.
Il y signa son premier acte, le 30 juin 1884, et son dernier, le 16 septembre 1896.
M. Coallier a fait finir l'intérieur de l'église, a construit le presbytère actuel, payé toutes les dettes, et laissé quelques centaines de dollars au cofifre de la fabrique.
Au spirituel les choses allèrent encore mieux.
Aussi M. Coallier est-il encore, à Saint-Luc, en grande estime et en grande vénération.
A son départ, ses paroissiens lui présentèrent une adresse de remerciements et de regrets, et lui offrirent un calice de valeur, le priant de se souvenir d'eux au saint autel.
M. Coallier a pris un an de repos, à son départ de Saint-Luc, puis a été trois ans curé de Saint-Hermas.
Sa santé l'a encore condamné au repos. Il est, depuis le 1er octobre 1900, en pension chez les Sœurs de la Miséricorde de Montréal, rue Saint-Hubert, n° 61.