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LES VISITES PASTORALES

La première visite pastorale reçue à Saint-Luc a été celle de l'illustre J.-O. Plessis, évêque de Québec, en 1809. Entre autres choses Mgr. Plessis abolit la fête de Saint-Luc, qui s'était jusque là célébrée avec trop d'entrain.

La seconde visite pastorale a été faite par Mgr. B.-C. Panet, en 1817.

Le marguillier en exercice de 1817 était Victor Girouard. A lui l'honneur, par conséquent, de conduire l'évêque dans la paroisse voisine au départ de Saint-Luc.

A cette époque, c'était à qui aurait les chevaux les plus rapides sur la route, et l'on se faisait une gloire d'aller à la course.

Girouard partit donc avec l'évêque, qu'il condviisait en calèche, presque à T épouvante. (1)

Mgr lui dit plusieurs fois: «Mais, M. Girouard, vous allez trop vite ! ))

Il répondait toujours: « Monseigneur, je ne petix pas retenir ma bête. »

Enfin, il répondit, sans aucune malice de sa part : « Eh bien ! Monseigneur, si vous pensez faire mieux, prenez les guides. »

Mgr J.-J. Lartigue fit la troisième visite pastorale, en 1824, et ensuite les évêques de Montréal vinrent régulièrement à Saint-Luc.

Mgr Bourget, ayant résigné comme évêque de Montréal, et étant devenu archevêque in partihus, y vint encore une fois en 1882, et quêta pour l'évêché.

(1) Le détail de cet incident nous a été raconté par notre aïeul paternel, Raphaël Moreau, qui en a été témoin oculaire.

Les fidèles de Saint-Luc se montrèrent bien généreux, et l'un d'eux, le sieur Jérémie Moreau, notre père, au nom de tous, lui lut une longue adresse.

La dernière visite pastorale a eu lieu, en 1900, par Mgr Paul Brucliési, qui y arriva, le 3 juin, jour de la Pentecôte, et en rejjartit le lendemain.

A la confirmation, qui eut lieu le 4 juin, litndi matin, le sieur Emile Moreau était le parrain de tous les garçons de la confirmation, et son épouse, née Einma Perrier, la marraine de totites les filles, à l'exception de délie Laura Moreau, leur fille, qui eut pour marraine Mme Laurent Moreau, née Mathilde Rémillard.

Le soir de l'arrivée de Mgr l'archevêque, il veut illumination en face du presbj^tère, et musique par la fanfare de Saint-Jean. La population, presque toute accourue à ce spectacle nouveau pour elle, montrait hautement l'allégresse, qu'elle éprouvait, de posséder son premier pasteur.

Lorsque les cérémonies de la visite pastorale furent terminées, et avant la dernière allocution de l'évêque, laquelle devait être suivie de la quête, le sieur Éinile Moreau, marguillier en exercice, entra au sanctuaire, et, s'étant approché du trône, il lut l'adresse suivante:

« A Sa Grandeur,

Monseigneur Paul Bruchési,

Archevêque de Montréal, etc., etc.

« La petite mais ancienne paroisse de Saint-Luc est aujourd'hui dans l'allégresse, parce qu'elle possède votre Grandeur, en qui elle voit son premier pasteur et son père.

« Vous êtes notre pasteur, et Dieu vous a mis en main une houlette pour nous conduire dans les sentiers du devoir, pour redresser nos torts, par des corrections salutaires, et nous forcer, si nous l'oubliions, à être soumis au Christ, Pasteur suprême, et à l'Eglise, qu'il a fondée, et pour laquelle il a donné sa vie.

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