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LES HABITANTS DE SAINT-LUC ET LEURS MIGRATIONS

Joseph Dupuis venait de Montpellier, ville de France, d'oti il tira le surnom de Montpellier. Son père s'appelait François Dupuis, et sa mère, Jeanne Gravière.

Il épousa, à Chambly, le 7 janvier 1761, Marie St-Aubin, dont il eut un fils appelé François, qui devint un célèbre marcheur.

Ce François Dupuis eût lui-mêmetrois fils, François, Antoine et Joseph, que nous avons connus, mais dont un seul a fait souche à Saint-Luc, le premier.

François ou France Dtipuis de Montpellier, lieutenant de milice, a lui-même eu plusieurs fils, dont trois, Timothée, Patrice et Joseph, sont cultivateitrs à Saint-Luc*

La population s'accrut vite à Saint-Luç, M. Berthelot y trouva, en 1808, ainsi qu'il l'écrivit à l'évêque, 174 familles, formant une population de 983 personnes dont 368 garçons et 339 filles. Dès 1820, il s'y faisait plus de 220 baptêmes.

Et il s'en fit des migrations, surtout vers les comtés actuels de Rou ville et d'Iberville, ainsi que vers Montréal et les États- Unis.

Le 9 octobre 1809, M. Berthelot écrivait que les jeunes gens de Saint-Luc allaient travailler à la coupe des bois, au lac Champlain, où, disait-il, ils gagnaient de très forts gages : 13 et 14 piastres par mois.

En réponse à Mgr Lartigtie M. Caron disait, le 3 juillet 1839, que 19 hommes en état de porter les armes étaient, depuis l'ouverture de la na^-igation, allés aux Etats-Unis, pour V gagner un meilleur salaire, et que trois d'entre eux y étaient allés demeurer avec leurs familles.

Mais la plus forte émigration eut lieu vers 1850. Une trentaine de familles entières quittèrent alors leur pays natal, pour aller piendre des terres aux fertiles prairies des Illinois, à Botxrbonnais, Kankakee, et ailleurs.

De ce nombre furent Pierre Melançon, Frédéric Beaulieu, Charles Many, Marcel Daindurand, Luc Bétourna\% Luc Bessette, Théotime Giroux, Etienne, Noël et J.-Baptiste Cirié, deux François Brosseau, et autres.

La plupart d'entre eux ont prospéré dans leur pavs d'adoption, et y ont laissé de nombreuses familles. Plusieurs d'entre

eux aussi furent entraînés dans le schisme et l'hérésie par le malheureux Chiniquy. Dieu permit, cependant, que leurs yeux se dessillassent, et qu'ils parvinssent à rétracter leurs erreurs.

Depuis 1850, l'émigration de Saint-Luc s'est surtotit dirigée vers l'état de New-York et celui de Massachusetts, où sont allés MM. D'Odelin, Tourangeau, Lécuj'cr, Many, Boivin, Joseph Duquette et autres.

Par contre, quelques nouvelles familles sont venues s'asseoir au foyer de Saint-Luc, où jusqu'ici l'on a été content de les voir. Telles sont les familles Marcil, Trudeau, Baillargeon, Racicot, Page et atitres.

D'après M. Barret la popidation totale de Saint-Luc, y compris les protestants, tous de langue anglaise, était, en 1868, de 822 âmes, dont 130 familles catholiques et 18 protestantes.

En 1874, dit encore M. Barret, elle avait diminué, n'étant que de 657 âmes, dont seulement 598 catholiques.

En 1901, la population catholique est d'environ 625 âmes et de 450 communiants.

Il y avait jadis à Saint-Luc plusieurs familles anglaises et protestantes, dont les Scott, les Holmes, les Philips, les Mc- Nab, les Phepo, les Kennedy, les Holder, et autres. Elles ont toujours diminué en nombre, et il n'y a plus guère que six à huit familles possédant un petit temple hérétique de bois, élevé vers 1872, à l'encoignure de la Grande-Savane et de la montée du Côteau-de-Trèfle, et fort insignifiant.

Pour leur sépulture les anciens Philips n'étaient pas particuliers. Plusieurs d'entre eux ont été inhumés dans leur champ aujourd'hui possédé par M. Narcisse Marsil, à environ 8 arpents à l'est du Chemin-de-Saint-Jean. Mais toute trace de sépulture à cet endroit a maintenant disparu.

Il y avait autrefois à Saint-Luc une nombreuse famille Fréchette (quelques-uns écrivaient et prononçaient Frichette) ; mais elle a entièrement disparue.

Le chef des Fréchette, dont nous parlons, s'appelait Charles, et demeurait au Bord-de-l'eau, au coin de la Montée Fréchette, sur la première terre actuelle de Saint-Jean. Il prit part à la conspiration de MacLean contre la couronne britannique, en

AIme Godefroi Gendreai',

(Née Melle Richard.)

Arrière petite-fille du cnpt. Julien Dépelteau, petite fille de Josette Aloreau.

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