CHAPITRE ONZIEME
Les enfants de Saint-Luc n'apprirent d'abord ni à lire, ni à écrire, et les illettrés formaient presque la totalité de la population.
Quelques pères de familles seulement envoyaient leurs filles au couvent de Laprairie; mais le nombre en était petit. J.-Bte Molleur, cependant, et Raphaël Moreau étaient de ce nombre.
Le catéchisme, vu le manque d'école, était peu su, en général, M. Berthelot écrivait à l'évêque, le 16 octobre 1808, à propos des enfants des Milles-Roches, auxquels ceux de Saint-Luc devaient un peu ressembler, que les trois quarts d'entre eux ne savaient faire que le signe de la croix.
Il affirme qu'il a cherché quelqu'un pour faire le catéchisme à prix d'argent, mais qu'il n'en a pas trouvé vm seul.
Même, en 1813, à l'arrivée de M. Martin, l'ignorance était encore grande. On le conclura par l'âge des enfants, qui firent leur première Communion, en 181-1. La plupart étaient nubiles.
PREMIÈRE COMMUNION DU 29 JUIIvLET 1814-
Garçons
Age
Garçons
Age
Pierre Forgeau
Raphaël Allair
Joseph Goyet
Joseph Gagnier
Joseph Lacoste
Antoine Babineau
Joseph Letartre
André Hatt
Nicolas Bessette
Joseph Ménard
J.-Bte Tourangeau
Joseph Normandin
Pierre Brosseau
Casimir Daudelin
Jean L'Hamoureux
Frank Audet
Casimir Roman
Jean Goyet
Jacques Larue
Jos. Laroche
J.-Bte Paquet
Filles
Age
Filles
Age
Catherine Demers
Euphr. Laroche
Marg. Tremblé
Rosalie Vêne
Marie Côté
Mie. -Jos. Véroneau
Julie Fréchette
Marg. Brosseau
Genev. Dubau
Jos. Brosseau
Anast. Fréchette
Marie Terrien
Aug. Gareau
Céleste Terrien
Marg. Séné
Marie Goyet
Isabelle Demers
Clé m. Audet
Louise Gouinon
Julienne Duquet
Marie Laviolette
Josephte Molleur
Céleste Renaud
Marg. Molleur
Reine Audet
Louise Nolin
Jos Charland
Marg. Boucher
Marg. Mont}'-
Charlotte Lamarque
Marie Boucher
Marie Benoit
Catherine Morin
Louise Brosseau
Marg. Dussau
Cath. Courtemanche
Marg. Audet
A la première Communion dit 29 septembre de la même année, ils n'étaient guère plus jeunes.
Garçons
Age
Garçons
Age
David Demers
Pierre Amilotte
Louis Dupuis
Michel Ledoux
Joseph Courtemanche
Pascal Bombardier
Pierre Nolin
Filles
Age
Filles
Age
Judith Gosselin
Charlotte Picard
Josephte Lacroix
Josephte Goyette
Françoise MoUeur 14 Archange Brosseau 14
Isabelle Hatt 13 Catherine Perron 12
Catherine Myron 12 Marg. Joubert 14
Louise Go3'ette 14 Marie Labrie 13
(Signé) P. Martin, prêtre. (1)
M. Berthelot fut le premier à s'occuper de l'établissement d'une école à Saint-Luc. Il souffrait de voir ses paroissiens privés d'instruction.
Le 23 mars 1812, il écrit à l'évêque, qu'il a enfin trouvé un maître d'école, qui sera en même temps catéchiste et bedeau ; mais il n'en donne pas le nom. Il devait commencer ses classes au mois de mai, et l'on peut croire qu'il les y a réellement ouvertes. Selon toute apparence il fit l'école dans la Salle-des- Habitants.
Ce fut la première école de Saint-Luc.
Madame Auge, selon notre père, a été une des premières institvitrices de Saint-Luc, où elle enseignait aux filles et aux garçons. Elle a enseigné, entre autres au futur grand vicaire H. Moreau.
On croit qu'elle tenait ses classes sur la terre aujourd'hui possédée par M. Joseph Dépelteau, au nord de l'église.
Plus tard, au temps de M. Crevier, le futur Docteur Hébert, qui a ensuite pratiqué à Saint-Georges d'Iberville, tenait l'école des garçons dans le haut du presbytère, et Melle Brosseau, celle des filles, à la maison d'école actuelle.
Les écoles de Saint-Luc de cette époque avaient du renom. On y venait même des paroisses voisines. Entre autres, Melle Aglaë Tassé, nièce de M. Aubry, curé de Saint-Athanase, passait l'année au presbytère de Saint-Luc, pour 3^ fréquenter l'école du village tenue par Melle Brosseau.
Elle a épousé M. Dacier, de Saint-Athanase.
Un nommé Joseph Papineau remplaça le Docteur Hébert, et Unit par ennm^er beaucoup les syndics de l'école et M. Crevier. M. le curé. Benjamin Holmes et Augustin Gauthier lui firent
(1) Cette liste est aux archives de la cure.
servir un protêt par le notaire Besse, de Saint-Luc, le 2 avril 1832, pour l'obliger à payer un loj^er pour certains effets scolaires mis à sa disposition, et pour lui faire rapporter pktsieurs de ces effets à la Salle-des-habitants, où il devait tenir ses classes.
L'emplacement de l'école actuelle du village, concédé, le 12 juin 1813, par J.-Bte Molleur à Théodore Lécuyer, porta d'abord une boutique de forge.
Théodore Lécuyer et son épovise, Adélaïde Hamilton, revendirent cet emplacement, le 4 janvier 1816, notaire Decoigne, au capitaine Louis-Honoré Joubert, qui y tint une boulangerie.
Plus tard, M. Joubert s'étant noyé en 1817, sa veuve revendit sa place attx commissaires ou syndics d'écoles de la paroisse, qui l'ont toujours gardée depuis.
Mais, depuis cette époque, les écoles de Saint-Luc se sont multipliées. Il y en a aujoud'hui cinq : une au village, une à la Grande-Savane, une à la Petite-Savane, une au Bord-de-l'eau, et une, depuis 1860, à la Petite-Acadie.
Ces écoles, cependant, ont rarement resseinblé à celles du Docteur Hébert et de Melle Brosseau ; mais elles ont fait du bien.