CHAPITRE QUINZIEME
Avant la construction dn Grand-Tronc de Saint-Jean à Laprairie, et du canal Chambly, de Saint Jean à Chambly, le commerce entre Montréal et les états de New-Hampshire et de Vermont, et d'une partie de l'état de New-York, se faisait en voiture par le Cliemin-de-Saint-Jean.
C'est dire qu'il y passait un très grand nombre devoj'ageurs de bien des langues et de bien des nationalités.
Pour accommoder ces passants, disait-on, quoique plusieurs en fussent incommodés, il y avait toujours plusieurs auberges ou cantines échelonnées sur le parcours de Saint-Jean à Laprairie.
Sans compter celles du village de Saint-Jean, il y avait toujours une auberge chez les Fréchette, au Bord-de-l'eau, siir la première terre de Saint-Jean, toujours deux ou trois au village de Saint- Luc, une à la Grande-Savane, deux à Half-Way- House, (une sur chacttne des rives de la Petite-Rivière) et d'autres plus loin.
Le rhum coulait à flots. Les ivrognes étaient nombreux, et il y avait bien des chicanes et des batailles.
Le trafic ayant" bien diminué depuis l'ouverture du canal et la construction du chemin de fer, les hôteliers ont dû fermer plusieurs comptoirs.
Saint-Luc n'a plus d'hôtel depuis plus de vingt ans. Les grands désordres y ont cessé, et les électeurs, ayant compris le bienfait de la tempérance, ne veulent plus accorder de licence pour la vente des liqueurs.