SOUCHE DE LA BRANCHE CADETTE DE LA FAMILLE MOREAU DE SAIXT-LUC
Raphaël Moreau, fils de Jean Aloreau et de Louise Brodeur, fut baptisé, à Laprairie, le 15 février 1772, et confirmé, à l'Acadie, par Mgr Hubert, en juillet 1787.
A l'âge de dix ans, il courut un grand danger, ainsi qu'il nous l'a lui-même raconté. Il attribua à l'archange Raphaël, son saint patron, d'en avoir été sauvé. Aussi lui conserva-t-il toujours une grande reconnaissance et une grande dévotion, ayant toujours son image près de son lit et la regardant souvent.
Sa mère l'ayant un jour envo\'é faire paître lesbestiaux dans certaines clairières de leur terre, l'enfant avait passé son avant-midi à amasser de petites pierres, auprès desquelles il avait fini par se coucher et s'endormir.
Bientôt un bruit l'éveille. Il regarde et voit tovit près un loup qui le fixe.
« Que faire ? » se dit-il, « si je me sauve : le loup va me poursuivre, m'atteindre et me dévorer ! »
Courageux en face de ce loup, comme sa mère en face des soldats, il saisit ses petites pierres et en lapide la bête sauvage, qui, violemment heurtée, se retourne en grondant, et s'en va lentement.
Il était sauvé.
Il avait, à l'âge de 22 ans, épousé, à l'Acadie, le 20 janvier 179-i, Marguerite Tremblay, fille de Jean-Marie Tremblay et de Charlotte Trembla v.
Il y eut grosse noce. Jean Moreau, père de l'époux, J.-Bte et Hippoh^te, ses frères, Archange et Rosalie, ses sœurs, avec leurs époux, François Brodeur, son oncle, J.-Bte Molleur et Côine Siniard, ses amis, Jean-Marie Tremblay, père de l'épouse, Charlotte et Marie, ses soeurs, François Trembla}^, son cousin, Louis Guérin, son parrain, et bien d'autres, y assistaient
L'épouse, née à la Côte-à-Gladu, avait été baptisée à Laprairie, en 1779, et confirmée à l'Acadie, en 1792; mais ses parentt venaient de la Baie-Saint-Paul.
A son mariage, elle n'avait pas encore quinze ans.
Raphaël Moreau et Marguerite Tremblav, à leur mariage, vécurent à la Petite-Acadie, sur la terre aujourd'hui possédée par M. Henri Moreau, que notre bisaïeul leur avait donnée ; puis, en 1800, ils acquirent la terre actuelle de M. Hector Perrier, au même endroit, s'y rendirent et y vécurent jusqu'à leur mort.
Ils moururent tous deux dans la communion de l'Église, l'épouse, en 1852, à 73 ans, et l'époux, le 27 septembre 186-1, à 92 ans et 7 mois, et leurs corps furent tous deux inhtimés à l'extrémité ouest du cimetièi'e paroissial, près des cendres de Jean Aloreau, letxr père et beau-père.
Raphaël Moreau était de haute stature, de même que son épouse et tous ses enfants, et avait une forte charpente. Il avait le teint clair et les yeux bleus. L'un de ses yeux était un peu avarié par un coup de corne qu'une bête lui avait donné.
Ses fils H^'polite et surtout Raphaël lui ressemblaient beaucoup.
Il était fort à l'ouvrage et bon nageur. Dans ses jeunes années, il a souvent coupé son arpent et demi dans sa journée, et porté ses six minots de blé. A 91 ans il put encore traverser le canal Chambly à la nage.
Il mourut comme un patriarche, chez notre père, à qui il s'était donné, et à qui, dix minutes avant d'expirer, il tendit la main et dit : « Adieu ! Jérémie : je m'en vais. »
Ce furent ses dernières paroles.
Il fut trois mois malade et mourut de paralysie.
Raphaël Moreau et Marguerite Trembla}^ firent baptiser
M. Emile Moreau, Arrière petit-fils de Jean Moreau.
RAPHAËL MOKEAU, SOl'CHE DE LA BRANCHE CADETTE 91
treize enfants, cinci fils, de chacun desquels nous parlerons en un paragraphe distinct, et huit filles, dont suit la courte notice. Josephte, née en 1797, a épousé Julien Dépelteau, en 1813, et a vécu à Saint-Jean (c'est l'aïeule de Mme GodefroiGendreau, de Saint-Luc) ; Marguerite, mariée à Pierre Bouthillier, de Laprairie, a laissé un fils et deux filles, Mmes Alfred Raby et Pierre Bourdeau ; Charlotte, mariée à 15 ans, en 1817, à Jean Terrien, de l'Acadie, âgé de 46 ans, veuf et déjà père de treize enfants vivants, en éleva elle-même treize autres, dont les sœurs Marie-Anne et H^q^olite de la Providence, de Montréal; (Notre aïeul Raphaël Moreau nous a dit que Jean Terrien avait vm jour vu ses 26 enfants réunis autour de sa table). Rosalie, dite La Rose, mariée à Antoine Lanciau-Lalime, a vécu au Grand Bernier de Saint-Jean, et a élevé plusieurs enfants, dont MM. François, Joseph et Hippolyte Lanciau, du Grand-Bernier ; Sophie, mariée à Pierre Girouard, n'a pas eu d'enfant ; Adélaïde, mariée à Médard Lamoureux, de l'Acadie, a vécu à Saint-Georges-de-Henryville, ovi elle a élevé plusieurs enfants, dont MM. François et Hippolvte Lamovireux, riches et intelligents cultivateurs de Saint-Sébastien, (le premier a un fils prêtre, M. Romuald, docteur romain en droit canonique et en théologie, actuellement professeur au petit séminaire de Sainte- Marie-de-Monnoir), et six filles, dont cinq religieuses, y compris les sœurs Lamoureux et Moreau, de l' Hôtel-Dieu de Montréal ; et enfin Emérance, mariée à Joseph Ste-Marie, a vécu à Laprairie, puis à Saint-Rémi, et à Hull, où ils sont tous deux décédés, et où ils ont laissé deux fils, Joseph Ste-Marie, l'aîné, qui y jouit d'une haute considération, et Jean-Baptiste, le plus jeune de la famille. Geneviève mourut encore jeune.
§ I. RAPHAËL ilOREAU
Raphaël Moreau, fils de Raphaël Moreau et de Marguerite Tremblay, né à Saint-Luc, en 1808, fut baptisé à l'Acadie, où, vers 1828, il se maria à Julie Terrien, fille de son beau-frère Jean Terrien.
Ils vécurent d'abord sur le territoire actuel de Saint-Alexandre, puis au Grand-Bernier, de Saint-Jean, et élevèrent six enfants : Raphaël, marié à Délie Rose Roa^, cultivateur de Saint-Jean ; J. -Baptiste, marié à Délie Suzanne Caldwell, et vivant aux États-Unis ; et Hypolite, médecin pratiquant à Saint-Jean, marié d'abord à Élise Comeau, femme accomplie, qui lui a laissé huit enfants, puis à Délie Mélanie Prévost.
Leurs filles furent Julie, mariée à Napoléon Poutre ; Césarie, mariée à Damase Botidreau, totites deux de Saint-Jean ; et Célina, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame (sous le nom de sœur Sainte-Sophie), où elle entra à l'âge de 16 ans, et ori elle mourut, en 1876, après 23 ans de religion, avec la réputation depuis longtemps acquise d'être la plus forte musicienne de sa communauté.
De sa seconde épouse, Domitille Derizzi-Normandin, qu'il avait épousée à Saint-Philippe, il eut deux fils, Jules et Delphis, vivant aux États-Unis, et deux filles, Rose de Lima, mariée à Moïse Boudreau, de Saint-Jean, et Domitille, mariée à M. Brunelle, de l'Acadie.
Raphaël Moreau mourut, en 1870, et son corps a été inhumé dans les voûtes de l'église de Saint-Jean.
Sa seconde épouse lui a survécu.